No BS: Just Rock & Roll!

Tant qu'il y aura du Rock!

The National: « I Am Easy To Find »

On sent que  The National a subi les vicissitudes du temps et heureusement, c’est pour le mieux. Ce que l’on reprochait au groupe sur certains points est maintenant chose du passé.

Les membres ont pris du recul et ça s’entend dans I Am Easy to Find. En travaillant avec des gens extérieurs au quintette habituel, à qui ils ont laissé énormément d’espace, ils se sont munis d’atouts favorables pour faire un opus qui en vaut l’écoute.

Célébrant cette année ses deux décennies au compteur, la formation en ait à son 8e album. I Am Easy to Find se forme d’une panoplie d’éléments du passé et du présent, donnant de l’unicité à l’album tout en lui reconnaissant des traits amplement familiers. On sait à quoi s’attendre, mais on se laisse quand même surprendre.

Tout comme dans leur précédent album, c’est le rythme qui dirige la voix et non pas le contraire. On sent à nouveau la richesse du travail des Dessner dans la structure des compositions musicales, autant que l’indéniable qualité rythmique des frères Devendorf qui savent tout faire dans les moments opportuns. Les poétiques paroles ainsi que la voix de Matt Berninger ne sont toutefois aucunement négligeables.

L’utilisation des instruments à cordes dans « Oblivions », « Hey Rosey » et « Not in Kansas » est porteuse d’espoir, alors que le piano entendu dans « Quiet Light », « Roman Holida »y et « Hairpin Turns » apaise. La batterie, plus agitée, amène du rythme et de la vie dans « You Had Your Soul With You » et « The Pull of You ». Tous ces éléments aident ainsi à diversifier les chansons qui malgré tout, manquent par moment un brin d’effervescence.

The National laisse tomber un certain ego en allant chercher des influences extérieures, majoritairement auprès de femmes. Carin Besser, la femme de Matt Berninger, fait partie de ces influences qui ont grandement aidé à forger l’identité de I Am Easy to Find surtout au niveau des paroles. Une complicité émane de cette collaboration non seulement à travers ce qui est dit, mais également dans la relation que porte la voix de Berninger notamment avec celles de Gail Ann Dorsey et de Sharon Van Etten. C’est d’ailleurs ce qui rend l’album beaucoup plus accessible à tous, en plus de l’intelligibilité de la voix de Berninger permettant de capter plus facilement l’essence des émotions véhiculées.

Comme dans toute chose, ce huitième opus doit être écouté plusieurs fois pour en comprendre ses subtilités. Petit bémol ici alors que l’album, qui dure plus d’une heure, laisse sporadiquement place à des passages monotones et interminables. Se référant à des sujets liés à l’idée de distance, de la nostalgie du passé, de réflexions sans fin et d’attentes, on tend parfois à vouloir décrocher pour ne pas se rendre trop malheureux. Heureusement, c’est loin de représenter l’ensemble d’un album aussi bien construit, autant dans son fond que dans sa forme.

Pour les fans incontestés du groupe, I Am Easy to Find est un album dont l’écoute en vaut la peine. Pour ceux qui viennent tout juste de les découvrir ou qui s’apprêtent à le faire, il faut se montrer patient pour réellement en apprécier son essence. Il témoigne d’une poignante évolution d’un groupe qui, même après vingt ans, semble loin d’avoir atteint son apogée créative.

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17 mai 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | | Laisser un commentaire

Hammock: « Universalis »

Après le sublime Mysterium dernier opus édité en 2017 par un Hammock qui laissait s’infiltrer les ombres des deuils mal assumés et la mort de proches, les Américains de Nashville Marc Byrd et Andrew Thompson continuent de faire évoluer le son de leur matière sonore vers des brumes tumultueuses et imprévues.  La démarche entamée avec Mysterium les éloignait d’un penchant pop que l’on pouvait trouver par le passé dans leur Ambient. Délaissant les longues boucles de guitare pour des cordes alanguies, Hammock se rapproche donc plus du Stars Of The Lid de And Their Refinement of the Decline (2007) et d’un néo classique lumineux.

Loin de s’éclipser dans une évanescence moelleuse, la musique d’Hammock exsude au contraire une inquiétude qui ne dit jamais son nom, affirme une humanité que l’on ne voit jamais vraiment, laisse glisser quelques chants informes dans des arpèges dignes d’Harold Budd. On pensera parfois à une rencontre probable entre Robin Guthrie et Gavin Bryars.

On a longtemps classé Hammock à la rubrique des groupes Post-Rock mais on constate depuis quelques albums une indécision qui les fait tour à tour pencher vers une dream pop parfois chantée, à d’autres instants vers de longues et somptueuses parenthèses contemplatives et hantées. Pour ceux d’entre vous que le chant attire, on ne pourra que conseiller l’écoute de The Summer Kills, l’autre projet plus Pop du duo d’Hammock avec le songwriter Matthew Ryan. Pour les autres, on renverra à l’écoute de Slow Meadow, artiste hautement influencé par Hammock et soutenu par le groupe.

Universalis est un instant dérobé aux aubes et aux heures bleues, à l’ombre portée d’une éclipse. Moins ténébreux que Mysterium, on pourra le voir comme un négatif positif, l’autre versant d’un miroir. Le rayon de lumière qui contraste avec l’obscurité.

***1/2

17 mai 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | | Laisser un commentaire

The Goden Rail: « Sometimes When »

Partenaires depuis une bonne trentaine d’années au sein de diverses entités de la scène indie-rock australienne (The Palisades, Summer Suns, The Rainyard ou plus récemment The Jangle Band), c’est sous le nom de The Golden Rail que Ian Freeman (voix, guitare) et Jeff Baker (guitare) partagent désormais leur passion pour la power-pop et le folk-rock californien.

La nouvelle aventure commune de ces deux musiciens vétérans, épaulés par Dave Chadwick (basse) et Saki Garth (batterie), a débuté il y a deux ans avec l’albumb Electric Tales From Nowhere trouve ici son rythme de croisière avec opus dont les contours plus rock se sont précisés au fil des nombreuses prestations scéniques du groupe. Là où leur premier essai, en dépit de ses évidentes qualités, semblait encore chercher à se frayer un chemin entre passé et présent, Sometimes When est assurément l’oeuvre d’un groupe qui a trouvé sa propre voie et qui atteint une forme de plénitude (« Just Fell In Love »).

Sous la direction de Nick Batterham (Blindside, The Earthmen), véritable cinquième membre de The Golden Rail, qui a enregistré, produit et mixé le disque dans son studio de Melbourne, Freeman, Baker et leurs comparses ont su élargir leur gamme sans chercher à moderniser leur musique de façon artificielle. « Shine Patiently », le « single » « Don’t Let Go Of The Light » ou encore « Regent Street » sont ainsi de vrais modèles d’évidence pop magnifiés par les chœurs radieux d’Erica Menting, « You Keep Me From Blue », avec ses claviers acidulés évoqueront de leur côté les formidables cousins néo-zélandais de The Chills.

D’autres morceaux à l’ambiance plus « laid back », tels que « Life Is A Dogbox » et « You Wear The Crown », sont quant à eux imprégnés d’un lyrisme crépusculaire qui rappelle certaines formations océaniennes emblématiques des années 80 (The Church, The Triffids, Died Pretty). Comme beaucoup des artistes estampillés « college rock » qui se sont illustrés à cette époque, The Golden Rail s’aventure parfois jusqu’aux frontières du mainstream (« I Will Be Your Ghost », « Saw You Go »), mais son savoir-faire et son intégrité en font d’abord un vrai grand groupe de pop-rock alternatif, au sens le plus noble du terme.

***1/2

17 mai 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | | Laisser un commentaire

The Pearlfishers: « Love and Other Hopeless Things »

David Scott, leader de The Pearlfishers, sort son neuvième et peut-être ultime album sous le nom du groupe puisque le label pour qui il enregistrait a mis la clef sous la porte.

Rien, toutefois, ne ressemble plus à un album de The Pearlfishers qu’un nouvel album des Pearlfishers. L’Écossais maîtrise sur le bout de ses agiles petits doigts l’abécédaire de la pop de chambre, signé d’or aux côtés de ses contemporains Neil Hannon, Sean O’Hagan, Paddy McAloon et bien sûr le collègue Brent Cash. Love and Other Hopeless Things en est sa plus éclatante démonstration en date : élégance innée dans les arrangements de cordes et de cuivres, allégeance prêtée à Brian Wilson, Burt Bacharach, une certaine patine jazzy aussi.

C’est un disque d’un raffinement absolu, aux mélodies délicates, irradiées de romantisme, mais relevant d’une science de l’orchestration précise qui n’est pas à la portée du premier venu.

Cinq ans après Open Up Your Coloruring Book, ce nouvel album approfondit encore cette quête vouée par Scott de la chanson pop parfaite… Peut-être l’a-t-il bien atteinte sur « Sometimes It Rains In Glasgow », somptueuse ballade hommage à sa ville, qui nous transporte instantanément dans ces trottoirs perlés de pluie.. L’album laisse pourtant encore quelques splendeurs à découvrir, tel « Once I Lived In London », co-écrit avec Bill DeMain (membre du duo américain Swan Dive), aux doux arpèges folk et ses harmonies enchanteresses élaborées sous l’égide de Jimmy Webb. On remarquera aussi un instantané pop « One For The Bairns » ou uelques sensibilités latines plus prononcées en version cinémascope, Nino Rota et Ennio Morricone sur le splendide instrumental « A Woman On The Verge Of Becoming A Cyclist ». Une ballade nocturne aussi, superbe, « A Walk Into The Blue Night », seul titre véritablement poignant accompagnera ce disque taillé pour fédérer la lumière, symptome que ces chansons sur L’amour et ses choses désespérées renouent avec cet art perdu et précieux de la pop orchestrale de bon goût.

***1/2

17 mai 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | | Laisser un commentaire

The Woolly Bushmen: « In Shambles »

Jouer des hymnes pop à la sauce garage, c’est précisément ce qui a poussé les frères Palombi à fonder The Woolly Bushmen, groupe originaire de Cleveland, désormais basé à Orlando, dont on pourra difficilement prétendre qu’il ne maîtrise pas avec panache le credo qu’il s’est ainsi assigné. Le nouvel opus du groupe, In Chambles en est une magnifique illustration. Le combo assène en quelques trente minutes des morceaux inspirés qui font de lui l’une des formations les plus pertinentes du genre,

On trouvera donc ici pêle-mêle, des guitares rieuses agrémentées de fuzz, des orgues aux sonorités sixties dont la présence est très intelligemment mise en avant sur « Dense », « Weeping Eyes », « I Pushed You », une voix furieuse qui crache des refrains qui feraient danser sur les tables les plus comateux.

Les chœurs ne seront, en oute, pas en reste (où l’on voit que l’influence des Beach Boys traverse les générations sans prendre une ride…) et viennent soutenir une rythmique souvent infernale, quoique pondérée par quelques plages plus paisibles.
Le morceau d’ouverture « What Yer Doing to Me », donne à lui seul la couleur du disque mais il ne faudra pas s’arrêter à ces premiers accords sauf à accepter de se priver des classiques en devenir que sont « Paid », « Fine », « Let It Be Known », « The Noose ».

La fine équipe concocte ici un opus qui est un véritable morceau de bravoure. Si, interpréter de la pop façon garage, est la mission du combo, l’objectif est atteint, voire même dépassé.

***1/2

17 mai 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | | Laisser un commentaire

Matmos: « Plastic Aniversary »

La musique électronique s’est longtemps débattue pour atteindre un statut équivalent à celui de la musique que l’on pourrait qualifier d’« organique ». La noblesse du bois qui résonne au son de l’archet de crin de cheval, le cuir tendu du tambour, la flûte d’os ou la calebasse creusée à même le fruit, contre la musique synthétique qui reproduit les sons des instruments faits de bois, de métal, de plantes ou de parties d’animaux, mais qui s’astreint aussi à les déformer ou à les amplifier au moyen de courant électrique… L’opposition simpliste continue de se rejouer à l’infini, dans un duel imaginaire où les adeptes des sonorités classiques et des productions sonores électroniques se regardent en chiens de faïence ou s’ignorent superbement. Évidemment, la réalité est plus complexe, et bon nombre d’instruments dits « classiques » ont depuis longtemps intégré des composantes de plastique et de nylon, et les catégories musicales autrefois plus franches sont perméables comme jamais.

En cette ère où l’on prend conscience partout dans le monde de l’envahissement du plastique et de ses potentiels ravages environnementaux, ce duo de Baltimore

nous offre un cadeau on ne peut plus approprié pour dévoiler le potentiel musical de ce matériau omniprésent : un objet sonore 100 % plastique. Leur opus précédent, Ultimate Care II, était, de ce point de vue, une création sonore décapante, élaborée à partir des tribulations d’une machine à laver.

Le duo de Baltimore que forment Drew Daniel et Martin « M. C. » Schmidt fait, aujourd’hui, paraître son Plastic Anniversary. Et le titre de cette nouvelle galette n’est pas anodin : on met à profit une panoplie de sonorités insoupçonnées créées à partir d’objets dérivés du pétrole, et il en résulte des pièces percutantes aux textures à la fois familières et étranges, mais on fait aussi la fête au plastique dont les vibrations se glissent dans nos oreilles pour nous chatouiller les tympans. En écoutant l’album, on s’émerveille à plusieurs reprises du résultat qui défie ce qu’on pourrait anticiper d’une œuvre recourant exclusivement à des polymères. Les sons, couinements, grincements, frottements, percussions et la résonnance des divers matériaux qu’on triture sont magnifiquement agencés en des pièces à la fois surréalistes et captivantes. Et on retrouve en prime une performance du batteur Greg Saunier deDeerhoof dans l’excellent « Silicone Gel Implant ». Cela n’est pas surprenant outre mesure, Matmos s’entoure de collaborateurs hors pair depuis bon nombre d’années, dont de grosses pointures comme Björk.

Certaines compositions comme « Thermoplastic Riot Shield » mêlent des rythmes dansants et syncopés aux accents de house à des alarmes, des bruits d’outils et des rythmes vaguement tribaux pour créer une ambiance inquiétante et déconstruite. D’autres, comme « Fanfare for Polyethylene Waste Containers », évoquent un univers plus sombre, toujours en misant sur des rythmes entraînants, alors que la chanson titre, « Plastic Anniversary, » flirte du côté de l’arrangement orchestral à grand déploiement.

Matmos s’est imposé un nouveau défi technique, et il le relève haut la main. Cela dit, le produit fini, dans son ensemble, ressemble davantage à une exposition de possibilités qu’à un objet cohérent. Il n’y a évidemment aucun mal à cela, le concept d’album étant de toute manière de plus en plus mouvant. Les pièces concoctées par le duo sont brillantes et témoignent de leur audace compositionnelle, mais elles sont tout de même regroupées en une parution à la forme classique (divisée en portions dont la longueur varie entre 2 min 30 sec. et 5 min), même si elles auraient peut-être gagné à être fusionnées en une production continue comme c’était le cas pour Ultimate Care II. S’astreindre à un tel exercice aurait dans tous les cas donné un résultat plus organisé et conféré plus de profondeur au projet.

Plastic Anniversary reste néanmoins un disque extrêmement plaisant à écouter, d’autant qu’il nous permet de profiter de toutes les subtilités sonores dont il est pourvu.

***1/2

16 mai 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | | Laisser un commentaire

Bjarki: « Happy Earthday »

Bien qu’il soit l’auteur d’une poignée de disques publiés, le producteur Bjarki considère Happy Earthday comme son premier album en ajoutant que c’est une manière de dire adieu à une certaine musique et à entrer dans une autre.

Vaste programme que ce deuil de l’enfance. Au long des quinze morceaux composant Happy Earthday, le natif de Reykjavik met la focale sur une conscience environnementale grandissante et, à l’image d’une planète en plein changement, chacun des éléments du disque fait sa mue.

Cérébrale, cette production recèle tellement de bonnes idées que Bjarki ne risquera pas d’être assimilé à ces nombreux suiveurs des pionniers Warpiens auxquels il rend néanmoins un hommage quasi-permanent. C’est ainsi les travaux ambient d’Aphex Twin qui peuvent être évoqués sur « Lita Og Leira » alors que l’on pensera plutôt à ses abstractions favorites sur un « (.)_(.) » à la fois acid-jungle et onirique. On ne s’empêchera par ailleurs pas de considérer que les titres des morceaux semblent être un clin d’œil évident à Richard D. James.

Mais les autres pionniers ne sont pas en reste, et les beats étouffés de « Blessuð Börnin » rappellent certaines ambiances chères à Plaid, tandis que « Cereal Rudestorm » évoque un Autechre sous acide et que l’onirisme de « Two Brainedness » autant qu’un « Salty Grautinn » aux polyrythmies cérébrales convoquent l’univers de Boards of Canada.

Bjarki s’affranchit néanmoins de ses aînés et d’autres grands moments – peut-être plus singuliers – jalonnent cette production, d’ »Alone In Sandkassi » avec ses beats abrasifs rythmant une instrumentation rêveuse mâtinée d’irruptions aussi étranges et impromptues que délicates et séduisantes, à un « Happy Screams » oscillant entre ambient et IDM horrifiante, en passant par l’acid granuleuse aux synthétiseurs obscurs de « Bheiv_Sheep « et l’abstract hip-hop fugace d’ « ANa5 » ou, dans un registre plus downtempo, de « Plastic Memories ».

Pont entre son inspiration propre et l’influence du gratin de Warp, Happy Earthday permet à Bjarki de se distinguer des suiveurs en teintant ses compositions d’un incroyable élan de liberté et de vitalité. Et, nous l’avons bien compris, c’est surtout un hommage à son enfance qui guide la démarche de l’Islandais sur cet enregistrement. Et cela fait toute la différence. Car il ne s’agit nullement de copier qui que ce soit mais bien de traduire la manière dont il s’est auparavant imprégné d’un environnement fait de cette planante étrangeté. Et l’opération, parfaitement digérée, permet à Bjarki Rúnar Sigurðarson de confirmer qu’au-delà de GusGus, l’Islande recèle des trésors bien cachés en matière d’électro aventureuse.

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15 mai 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | | Laisser un commentaire

Mist Of Misery: « Unalterable »

cette surenchère de claviers dramatiques, ce surdosage de tristesse déchirante : ce black doom  pour qui l’adjectif « grandiloquent » s’adapte tout à fait à la musique du combo. Adeptes des claviers enveloppants, des plaintes à vous fissurer le coeur, des éléments neo-classiques et des très longs titres surexploitant les riffs d’une mélancolie déchirante, Mist Of Misery est le candidat idéal pour passer une soirée bien au chaud à se lamenter de toutes les misères qu sort ou de la psyché.

Unalterable est vraiment un excellent disque de genre. Il dispose à la fois d’un toucher funeral doom classieux et d’une sensibilité black metal qui lui octroie intensité et puissance. Et dans cette configuration, beaucoup d’appelés, peu d’élus. Bien sûr, les claviers sonennt parfois un peu « cheap » ; si la qualité de composition est là, un peu plus de moyens octroyés au groupe pour cette nouvelle offrande n’auraient pas été de trop. D’autant plus que celle-ci est d’une richesse assez colossale. En effet, Mist Of Misery nous régale de presque deux heures de musique ! C’est inédit dans le genre et mérite d’être souligné. Bref, on en a pour son argent même s’il faut s’accrocher pour enfiler Unalterable d’une traite.

Mais, si l’ensemble baigne dans le désespoir, des nuances sont à noter, et les titres sont assez variés pour qu’on se laisse porter sans bâillement ou renoncement aucun. Inaltérable donc.

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15 mai 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | | Laisser un commentaire

She Keeps Bees: « Kinship »

Le dernier album de She Keeps Bees, Eight Houses, datait de quatre ans le duo de Brooklyn revient à la charge avec ce ciquième album, Kinship. Cet opus mesure à nuoveau la force tranquille qui émane des deux new-yorkais ; c’est à des morceaux folk courts mais jamais dénués de mélancolie que l’on a affaire, que ce soit sur l’introduction plutôt sombre nommée « Hawk » mais également « Coyote » et le touchant « Breaking Weight » qui ont de quoi nous procurer des frissons.

On retrouvera l’interprétation toujours aussi bouleversante de Jessica Larrabee et des instrumentations remarquables par leur sobriété faisant leur effet sur « Dominance », « Queen of Cups » et autres « First Quarter Moon ». Tantôt mis à nu tantôt accompagné par des arrangements sur mesure que ce soit avec « Longing » et « Ocean », le retour de She Keeps Bees est plus que le bienvenu. On aurait aimé que Kinship dure un peu plus longtemps mais qu’importe, ce voyage musical a de quoi nous provoquer multiples et belles émotions.

***1/2

15 mai 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | | Laisser un commentaire

The Mystery Lights: « Too Much Tension! »

The Mystery Lights avait débarqué en puissance avec un premier album éponyme qui avait imposé le quintet de Brooklyn comme un combo essentiel de le scène rock (tendance « and roll »).

Son successeur,Too Much Tension ! mérite son point d’exclamation et la tension (l’attention) malgré une introduction synthétique qui n’annonce pas la couleur.

Mais les pemières amours sont de retour et The Mystery Lights va balancer la sauce avec des morceaux garage-rock’n’roll comme « I’m So Tired (Of Living In The City) », « Can’t Get Through My Head » et « Goin’ Down ». Se voulant être à la croisée de The Normal et Suicide ou encore de The Kinks et Television, Too Much Tension! prouve que le groupe n’a pas rendu les armes.

Toujours dans l’esprit rétro qui les anime, The Mystery Lights sait faire cohabiter riffs flamboyants et synthés venus d’ailleurs sur ces dix morceaux imparables. Résolument 70’s dans l’âme avec « Wish That She’d Come Back », « Thick Skin » ou bien même « Watching The News Gives Me The Blues », ce Too Much Tension ! affichera à merveille sa profession de foi et rendra un parfait hommage au garage-rock psychédélique d’antan avec une exigence assumée qui fait chaud au coeur.

***1/2

14 mai 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | | Laisser un commentaire