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Luke Temple: « Both-And »

A chaque projet solo, on est toujours épaté par la brillance musicale de Luke Temple. En 2017, il avait présenté son side-project nommé Art Feynman complètement détonnant ; ectte année, le membre de Here We Go Magic a décidé de revenir sous son véritable nom avec un nouvel album intitulé Both-And.

Quelques années se sont écoulées depuis son album solo A Hand Through The Cellular Door et, ici, Luke Temple revient aux fondamentaux. Loin des délires fantaisistes du passé, le musicien de Salem présente un disque à la croisée entre indie folk et dream-pop baroque avec une pointe d’electronica. Cela donne naissance à des morceaux célestes à l’image de « Don’t Call Me Windy » et de « Wounded Brightness » qui nous élève au-dessus.

Une fois de plus, on apprécie son inventivité et cette capacité de nous embarquer dans des hautes sphères avec des influences dignes de Devendra Banhart, Beach House et St. Vincent période Strange Mercy dont on perçoit la patte sur « 200,000,000 Years Of Fucking ». Luke Temple nous transporte au loin avec « Given Our Good Life » et son groove subtil mais encore « Taking Chances » (seul morceau comportant une guitare) et « Empty Promises » et continue de le faire avec grâce et élégance notamment sur l’estival « Henry In Forever Phases » et « Least of Me ». Il ne fait aucun doute qu’avec Both-And le membre de Here We Go Magic a atteint un nouveau plateau sur ce voyage plus qu’enivrant.

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18 septembre 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | | Laisser un commentaire

The Lumineers: « III »

Vraie sensation aux États-Unis ce groupe de tendance folk-rock effectue ici son retour. Pour son disque sobrement intitulé III” les Américains racontent une histoire où, formellement, chaque morceau sera accompagné d’un clip, formant un long-métrage relatant l’histoire d’une famille à travers différentes générations. Le film a d’ailleurs été entièrement diffusé lors du Toronto International Film Festival.

Le cœur de l’histoire est celui d’une famille de la classe moyenne et le disque va se diviser en trois chapitres. Le disque se divise en trois chapitres, le premier se consacre à Gloria Sparks. Et il est fait d’une entrée en matière tout en douceur avec « Donna » ; un piano entêtant qui nous embarque immédiatement dans une atmosphère mélancolique. Cette première partie relate l’histoire d’une mère addict, avec des paroles plus sombres que ce que l’on a pu connaître de la formation auparavant. La chanson « Gloria » signera la fin de cette partie de concluant sur la fuite du personnage.

Suivra un bond en avant on se se retrouvera ensuite aux côtés du petit-fils, Junior Sparks. Jeune homme qui vit sa première rupture et il habite avec un père violent. Encore une fois, les textes sont plus durs, notamment sur « Leader Of The Landslide » où il est question de folie et d’alcool et, là encore, le dénouement se résoudra par une fuite.

L’ultime chapitre fait référence au père de Junior, Jimmy Sparks. Le début de son histoire, « My Cell », est probablement la plus jolie ccomposition de l’ensemble. Elle véhicule un climat un sentiment fataliste, que le fond de piano rendra encore plus prégnant. Son histoire est claire : le fils de Gloria a suivi le même chemin. Le dernier titre « Salt And The Sea »est révélateur :le sel et la mer doivent cohabiter et l’un ne peut se passer de l’autre.

Ce projet, sur fond de folk, est certes nouveau mais on y retrouve ce qui fait la particularité de The Lumineers : la voix cassée, parfois poussée et accompagnée de choeurs de Wesley Schultz, la guitare rythmée, les notes au piano. Si l’atmosphère est plus lourde par rapport à ce à quoi le groupe nous a habitués, on retrouve la patte des artistes. C’est le cas sur « Gloria », qui fait référence à une femme alcoolique, mais qui repose sur un instrumental reconnaissable entre mille.

Cerise sur le gâteau, III comprend trois titres bonus. Des morceaux assez diversifiés, quipermettent de terminer l’écoute sur une note plus colorée, comme « Soundtrack Song ». Une bonne façon de conclure une œuvre qui marque un tournant dans la carrière de The Lumineers. Loin de se reposer sur ses lauriers, The Lumineers frappe un grand coup et nous emmène dans une histoire atypique qui devrait lui permettre de renconter un plus large public.

***1/2

17 septembre 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | | Laisser un commentaire

Dave Hause: « Kick »

Dave Hause est de retour avec son quatrième album solo. Cet excellent collègue de Brian Fallon, et par extension de The Gaslight Anthem avec lequel il tourne sans arrêt a, sans doute, été tributaire de ce CV pour avoir été considéré comme une version simpliste et moins aboutie de ces derniers. On y a donc peu prêté attention mais le bonhomme a du talent et roule sa bosse depuis un paquet d’années sur la scène.

Ce manque de notoriété va peut-être être réparé car, avec Kick, Dave Hause vient de sortir son meilleur album. Ici, la qualité de son songwriting a atteint un plateau et les tubes potentiels pourraient, enfin, pleuvoir (« The Dich, » « Paradise »).

Il ne s’agit pas simplement de hits faits pour les radios mais aussi de compositions rock’n’soul aux refrains magnifiques (« Weathervane ») et remplis d’une émotion à faire chavirer (la sublime « Fireflie » et un harmonica à donner des frissons).

Sans originalité aucune, mais avec ce supplément d’âme qui fait un bien fou, Kick est un opusun cran au-dessus ds bien d’autres ne serait-ce que par le fait que chaque morceau se retient, et donne envie d’y revenir en contant ses tranches de vie, à la fois simplement et d’une bien belle manière.

***1/2

17 septembre 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | | Laisser un commentaire

Keane: « Cause And Effect »

C’est au terme d’une pause de six années et d’une petite incartade solo de son leader Tom Chaplin que Keane nous reviennent avec un sixième album studio intitulé Cause And Effect.
Un titre comme une analyse de ce qui a mené le groupe à se séparer un temps et à se consacrer à d’autres projets, qu’ils soient musicaux ou personnels. La cause : un travail très prolifique depuis leur début de carrière en 2004, un succès quasi ininterrompu surtout au Royaume-Uni avec tous les aléas liés au statut de pop star, et la quarantaine approchant, des envies légitimes d’épanouissement familial. L’effet : un disque très bien construit, destiné à conforter les fans et, à l’occasion, en convertir quelques autres.
Les ingrédients qui ont fait le succès de Keane sont à nouveau réunis : en premier lieu la voix de Tom Chaplin d’une intensité si pure – qu’il aborde le registre du grave comme de l’aigüe – qui n’a pas bougé d’un iota depuis les débuts. En second lieu, la mélodie. Tous les titres sont construits autour d’harmonies bien distinctes, qu’elles soient déclinées au piano ou à la guitare. Ici, premier bémol, l’orchestration pop paraît poussive, en particulier sur des titres un peu dansants tels « You’re Not Home », « Love Too Much » et « Pages ». Les effets de synthé rendent les morceaux un peu légers, les imprégnant de ce son mainstream très apprécié des radios anglaises. Le « single » « The Way I Feel » entre totalement dans ce cadre. On l’accompagne du pied, on chantonne, mais on oublie rapidement pour passer à autre chose.

La réussite de cet album réside dans ses ballades. Tom Chaplin est la véritable pierre angulaire du son de Keane. Sa voix simplement accompagnée d’une musique douce donne une profondeur véritable à des morceaux comme « I Need Your Love », « Put The Radio On » et « Strange Room ». On se souvient tous de l’efficacité dévastatrice d’un titre comme « Bedshaped »), où Tom Chaplin jouait de variations d’une élégance folle dans son timbre et son jeu de piano.
C’est à se demander si ce dernier ne mériterait pas de se consacrer à une carrière solo en mode chanteur à piano. Il manque à ce disque une empreinte un peu sombre, que de simples mélodies à la guitare (même acoustique) auraient pu apporter. Il ressort une petite impression de rester sur sa faim, surtout après une si longue pause. Le talent de composition est là mais une variation dans leur empreinte musicale quinze ans après leurs débuts nous aurait prouvé qu’ils ont mûri, tout comme leur public.
Fort de deux premiers albums particulièrement brillants, les concerts de Keane sont généralement généreux en titres de cette période phare. Le groupe ne se transforme alors pas en bête de scène, mais sait impulser une certaine dynamique à des morceaux qui passent un peu inaperçus sur leurs autres disques. L’interprétation de ce nouvel album en live est donc très attendue.
En quelques mots,
Cause And Effect ne révolutionne pas le petit monde de Keane mais conforte le groupe dans sa capacité à composer des titres solides, dans une lignée musicale quasi ininterrompue depuis 2004.

***1/2

16 septembre 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | | Laisser un commentaire

Secret Shame: « Dark Synthetics »

La première chose qui vient à l’esprit lorsque l’on écoute Dark Synthetics, le premier opus de Secret Shame, c’est qu’il s’agit d’un disque habité. Que ce soit dans le chant ou les mélodies, l’atmosphère qui se dégage de ces sept titres est à la fois ténébreuse, ensorcelante et tendue. Un coup de maître pour cette jeune formation américaine originaire d’Asheville en Caroline du Nord. Les cinq membres du groupe – Lena (chant, synthés), Nathan (batterie), Matthew (basse), Billie (guitare) et Ryynikki (guitare lead) – sont influencés par le deathrock / gothic rock des années 1980, Skeletal Family et Siouxsie & The Banshees.
La réussite de ce disque doit beaucoup à la voix incroyable de Lena, il n’y a qu’à écouter sa performance sur « Gift » pour s’en rendre compte. On pense à Siouxsie bien sûr, mais aussi à Jehnny Beth des Savages par moments pour le côté presque possédé de ses performances.

Mais Secret Shame c’est aussi un sens inné de la mélodie, la basse typement post-punk est toujours impeccable et il y a un gros travail sur les guitares, souvent mises en valeur comme sur « Comfort » ou sur « Creature » à l’ambiance horror movie. Sur « Haunte », ce sont les synthés qui sont mis en avant pour un résultat de toute beauté. Les thèmes abordés sont aussi sombres que leur musique, la violence domestique (« Calm ») ou encore la maladie mentale (« Dark » ». Ce dernier est d’ailleurs incontestablement le tube de l’album : le chant de Lena y est hanté, la ligne mélodique imparable et l’ambiance effrayante à souhait.
Dark Synthetics est un album maîtrisé de bout en bout, incroyablement moderne malgré ses influences indéniables. Secret Shame est un vent de fraîcheur sur la scène gothic / post-punk. Finalement, le seul reproche que l’on puisse faire à ce disque tient à sa brièveté (moins de vingt-sept minutes) ce qui donne forcément envie d’en entendre plus. Un groupe à suivre de très près.

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16 septembre 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | , | Laisser un commentaire

The Paranoyds: « Carnage Bargain »

Après L.A. Witch, Bleached et Death Valley Girls, voici venir de nouvelles concurrentes en matière de surf-garage californien. Il s’agit du quatuor féminin The Paranoyds quis vient tout droit de Los Angeles et qui s’est formé il y a maintenant trois années.. Après une poignée d’EPs qui a fait parler d’elles, les musiciennes prennent les devants avec un premier album, Carnage Bargain.

Ce qui fait l’originalité de The Paranoyds, c’est une musique pleine de fraîcheur et d’énergie. Les Californiennes savent aussi bien conjuguer les influences surf-rock que garage rock avec une pointe de psychédélisme digne de B-52’s. Cela donnera des morceaux entraînants comme « Face First » en guise d’introduction efficace mais également un imparable « single » « Girlfriend Degree » qui viendra poser leurs bases féministes ainsi « Egg Salad » et morceau-titre qui saura évoquerla verve de The Breeders.

De nombreuses eutres bonnes surprises seront à déceler au menu de ce Carnage Bargain. On y décèle les influences krautrock et motorik sur « Hungry Sam », le surf-rock mélodique de « Courtney » ou le riot grrl stoner de « Laundry » et de « Heather Doubtfire »avec ses dernières secondes instrumentales psychédéliques complètement réjouissantes. Le duo guitare/orgue trippy fait des merveilles et donne aussi naissance à des moments jubilatoires comme la conclusion digne des B-52’s qu’est « Ratboy ». Pour un premier album, The Paranoyds étonne et détonne et on ne serait pas surpris si le groupe californien atteignait les sommets dans les jours à venir.

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16 septembre 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | , | Laisser un commentaire

(Sandy) Alex G: « House Of Sugar »

(Sandy) Alex G est devenu une référence de l’indie rock de cette décennie. On l’avait laissé avec son exceellent album Rocket paru en 2017 qui lui a permis d’acquérir une plus que certaine notoriété. Le collaborateur de Frank Ocean revient tenter nous envoûter une fois de plus avec son neuvième opus, House of Sugar.

Nous sommes ici longés dans un conte de fées à l’écoute d’une introduction déconcertante, « Walk Away » qui, à partir d’une mélodie dissonante, Alex Giannascoli nous hypnotisepar sa formulation incantatoire. De quoi démarrer cet album en trombe avec le bucolique « Hope » qui est remarquable pour sa mélodie céleste ainsi que le pur « Southern Sky » avec sa mélodie au piano et le côté freak de « Gretel » mettant en avant le mal-être adolescent de son auteur.

Très vite, (Sandy) Alex G ira diversifier sa palette musicale et cela s’entendra à travers des moments instrumentaux quelque peu expérimentaux : « Project 2 » qui sonne comme une démo inachevée ou encore « Bad Man ». Les accents électroniques prennent alors le dessus sur« Taking » et « Near » avant que la voix ultra-trafiquée  du musicien de Philadelphie ne s’impose sur « Sugar ». Suite à ce détour quelque peu incongru, on revient à des compositions plus contemplatives rappelant la grâce d’Elliot Smith avec, par exemple, « In My Arms » et l’attachant « Crime » mettant au premier plan la plume personnelle et inventive de notre hôte.

Après une conclusion live nommée « SugarHouse » et son solo de saxophone attachant, (Sandy) Alex G continue de nous fasciner avec ses contes surréalistes et de repousser les limites de la bedroom-pop/indie folk. House of Sugar est un autre manifeste du talent incommensurable de l’éternel collaborateur de Frank Ocean et on ne peut que souhaiter qu’il décide de ne pas s’arrêter en si bon chemin.

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15 septembre 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | , | Laisser un commentaire

Somos: « Prison On A Hill »

Ce troisième album des ultra-talentueux Somos n’aurait dû sortir qu’en Octobre. La disparition tragique de leur guitariste a précipité la sortie digitale de Prison On A Hill, pour financer les funérailles de ce dernier. Un très beau geste de la part du label, et un hommage avec les derniers morceaux qu’il a aidé à composer. Somos a un son bien à lui, à base d’emo-rock, de pop-punk et d’indie-rock. Son prédécesseur, First Day Back, a été couronné de succès (en tout cas de la part des critiques). Prison On A Hill suit la même tendance en étirant les morceaux (sur le précédent, seuls trois titres dépassaient la barre des trois minutes) et y ajoutant des synthés qui fleurent bon la new wave. C’est bien simple, sur les 47 minutes que durent le disque, aucune n’est à jeter.

Emotions à fleur de peau, refrains addictifs passages atmosphériques, un travail magnifique sur les guitares et claviers, et une avalanche de tubes plus tard, le constat est simple : Prison On A Hill est le meilleur album de Somos. On pourrait aisément disséquer chacun des morceaux, tant ils regorgent de détails, de passages où on prend le temps de poser les ambiances sans se donner de limites. Et que dire de cette voix, proche de Morrissey ! Du tube « The Granite Face » en passant par « Absent and Lost » et son synthé énorme et cette basse qui cogne, ou encore faire un détour par la superbe  » »y Way To You » qui démarre tout en douceur avant de lâcher les chevaux et finir par le morceau le plus rentre dedans « Dreamless » (quelle baffe !). Le désormais trio déborde de créativité et on sent que la bande a mis tout son âme dans ce disque qui estun petit chef d’œuvre d’emo-rock à ne manquer sous aucun prétexte.

****1/2

15 septembre 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | | Laisser un commentaire

Sando Perri: « Soft Landing »

Avec sa musique qui défie toute catégorisation, le Torontois Sando Perri fait figure d’ovni dans le paysage indie. Rarement a-t-on vu un artiste passer si facilement d’un genre à l’autre, de l’électro au folk tropical jusqu’à la pop ambiante. Sur Soft Landing, il s’amuse avec les codes du jazz et du soft-rock des années 70 avec une parfaite maîtrise du style.

La parution aussi rapide de ce Soft Landing a de quoi surprendre un brin. En effet, il y a moins d’un an, Perri nous arrivait avec In Another Life, un album lancé après une absence de sept ans et qui lui a valu les commentaires les plus élogieux; en même temps, le musicien et réalisateur n’a jamais été du genre à s’asseoir sur ses lauriers, lui qui a également été actif sous les pseudonymes Polmo Polpo et Off World.

La musique de Perri a toujours été marquée par une économie de moyens. Il utilise la répétition et des structures harmoniques simples pour créer des chansons expansives qui se développent sans se développer, entraînant l’auditeur dans un monde où l’on perd la notion du temps. Ainsi, In Another Life était constitué de la chanson-titre, une odyssée de 24 minutes bâtie sur une seule séquence d’accords, et de trois versions du même morceau, avec trois chanteurs et trois arrangements différents.

Soft Landing se situe dans un registre quelque peu différent dans la mesure où il fait appel à d’autres traditions musicales. C’est un peu plus léger dans le ton qu’In Another Life en s’abreuvant au jazz-funk à la Stevie Wonder (incluant le clavinet) et le soft-rock à la America, The Eagles ou Cat Stevens. En ce sens, ce nouvel album est plus proche sur le plan stylistique d’Impossible Spaces, le disque qui a révélé Sandro Perri en 2011 et qui regorgeait lui aussi d’influences du rock et du jazz fusion des années 70. Cela dit, la signature sonore de Perri demeure toujours la même, avec pour éléments principaux son chant souple et délicat et la finesse des arrangements.

Soft Landing s’ouvre avec une plage de 16 minutes, l’excellente « Time (You Got Me) », sur laquelle Perri médite sur le passage du temps et son impact sur nos relations avec les autres.

Musicalement, la composition évolue lentement au gré d’une séquence d’accords qui semble suspendue dans les airs. Puis, à quatre minutes, Perri se libère des contraintes du format chanson en se lançant dans une improvisation qui rappelle les jams un peu désordonnés des Grateful Dead ou du Velvet Underground.L ’accent n’est pas mis sur la virtuosité, mais sur les textures qui rendent le tout extrêmement fluide et facile à assimiler.

L’album révèle d’ailleurs une autre facette de musicien peu exploitée jusqu’ici dans sa discographie : son jeu à la guitare. On le remarque notamment sur la chanson-titre et sur « Floriana », deux instrumentaux qui évoquent des noms comme Pat Metheny ou Jeff Beck. Et c’est sans compter la très réussie « Wrong About the Rain, » où la guitare semble en parfaite communion avec le clavinet sur un rythme funk.

Comme le reste de l’œuvre de Perri, Soft Landing s’apprivoise lentement, au gré des écoutes, à la lumière d’un bon vin qu’on laisse vieillir. Sans doute le même vin qu’on pourra ensuite déguster en écoutant cet album volontairement sans artifice (malgré la richesse des références et du propos) et avant tout résolument « chill out ».

***1/2

14 septembre 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | , | Laisser un commentaire

Chelsea Wolfe : »Birth of Violence »

La grande prêtresse est de retour pour le plus grand plaisir des disciples de rock gothique. D’album en album, l’auteure-compositrice-interprète a échafaudé son oeuvre avec une rigueur et une patience qui l’honore. Aujourd’hui, Chelsea Wolfe est devenue une référence vénérée de ce genre musical.

Après avoir intensément tourné au cours des dernières années, l’artiste ressentait un urgent besoin de renouer avec ses racines traditionalistes.

Après l’électro-folk tribal Pain Is Beauty – et deux disques assez lourds aux accents doom (Abyss et Hiss Spun) Wolfe lance aujourd’hui un nouvel album intitulé Birth of Violence; une référence à cette ambiance de guerre civile en gestation qui prévaut chez nos voisins du sud…

Enregistré dans son studio maison avec l’aide de son fidèle comparse, Ben Chisholm, Wolfe se fait accompagner dans ce périple apaisé par Jess Gowrie (batterie) et Ezra Buchla (violoncelle). Et c’est Chisolm qui s’occupe de bonifier les chansons de la dame avec de magnifiques claviers aériens et quelques rythmes électros. Ces contributions sonores sont mixées à l’arrière-plan afin de laisser toute la place à la guitare acoustique de Wolfe et à sa voix, superbement désespérée.

Malgré ce retour au folk, la noirceur demeure omniprésente dans les chansons de Wolfe. L’introductive « The Mother Road » est un hommage à la mythique Route 66 ,une route rurale déclassée en 1985 où quelques voyageurs / vagabonds auraient vécu une certaine « transfiguration ». Pour sa part, « Little Grave » est une chanson où l’artiste adopte la perspective d’un enfant sur le point d’être assassiné lors d’une tuerie de masse; ces massacres qui se multiplient depuis quelques années aux États-Unis.

En replongeant dans ce folk un brin fantomatique, Wolfe se rapproche de l’univers musical de Marissa Nadler une autre grosse pointure goth), au point où il devient plus ardu de la distinguer de sa consoeur. Ce Birth of Violence est un disque majestueux et contemplatif à la fois, elle qui nous avait habitués récemment à des sonorités plus abrasives.

Cette création demande un effort d’écoute de tous les instants afin de bien saisir les superbes arrangements de Chisholm. En plus des pièces mentionnées précédemment, on vous invite à prêter l’oreille à l’immédiate « Deranged for Rock & Roll « qui détone quelque peu par rapport au penchant vaporeux de l’album. « Be All Things » et « Erde » sont les chansons où vous pourrez apprécier l’interprétation sentie de Wolfe. Un seul bémol : la conclusive « The Storm « dans laquelle on peut entendre… un orage; un effet sonore utilisé de façon excessive dans le rock.

Un peu moins percutant que les précédents efforts, Birth of Violence nous permet d’apprécier Chelsea Wolfe dans un enrobage plus épuré. Cette purification ne change rien au constat que nous avions déjà fait : elle est l’une des meilleures chanteuses interprètes des USA, tous genres confondus.

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13 septembre 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | | Laisser un commentaire