No BS: Just Rock & Roll!

Tant qu'il y aura du Rock!

Twin Temple: « Bring You Their Signature Sound… Satanic Doo-Wop »

Twin Temple, s’il révère le diable comme il le prétend, le fait avec une bande son totalement antinomique aux classiques du genre et à ce que laissait présager la pochette.

On nage dans la soul, le R’n’B, et donc le doo-wop. Des cuivres, une guitare tout en doigté, une basse qui swingue et une chanteuse qui chante sur 10 titres son amour pour l’ange déchu. Très proche musicalement et vocalement d’Amy Winehouse, ce duo de LA, à savoir Alexandra et Zachary James, livre un album atypique si on appréhende l’album dans sa globalité.

Mais si on ne prête pas vraiment attention aux textes et au packaging, il s’agit juste d’un bon album de blues soul, où seul le gospel initiatique de la ghost song « Satanic Inititation Ritual » dénote un peu avec le reste. Incongru et sympathique.

***

19 octobre 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , , | Laisser un commentaire

Stereophonics: « Kind »

Onzième album pour les Stereophonics, combo gallois le plus renommé du public et loué des critiques. Après 25 ans de carrière, s’est créusé un fossé qualitatif de plus en plus large en raison, notamment, de derniers disques qui, pour beaucoup, sonnaient de moins en moins audacieux.

Kind a donc pour mission de confirmer que les guitares rageuses sont bien un lointain souvenir, s’ancrant alors dans un registre pop-rock particulièrement acoustique mais qui demeure, sur son ensemble, cohérent.
L’album composé de dix titres débute qur le genre de morceau qui se fait trop rare aujourd’hui, un « I Just Wanted The Goods » qui s’ouvre sur un riff caverneux à souhait et nous entraîne par la suite dans un rock bluesy aux textes contestataires et annonciateurs de joiles choses.
Mais la montée en puissance ne se fait pas. Les trois
morceaux suivants restent de qualité mais dans le registre, vu le contexte, de la ballade acoustique. Ainsi « Fly Like An Eagle » le « single », « Make Friends With The Morning » et « Stiches » sont trois ballades acoustiques aux arpèges simples mais efficaces dans la mesure où elles parviennent à ne pas ouvrer dans l’emphase.


Le tempo ne va pas s’emballer après cet interlude romantique et la série de morceaux suivante s’enlise dans le mielleux, tant au niveau de la musicalité bien banale que des paroles légèrement larmoyantes comme « Hungover » et « This Life Ain’t Easy ». On frisera même l’auto-parodie neo-folk qur la complainte traitant de la dure condition ouvrière qu’est « Street Of Orange Light ».
Un soupçon d’audace vient de « Bust This Town »
viendra rehausser la cadence grâce à son côté funky la voix profonde de Kelly Jones donnera une patine plus licencieuse mais le soufflé retombera très vite, et le disque lui se termine dans la complainte amoureuse larmoyante avec les deux derniers titres « Don’t Let The Devil Take Another Day » et « Restless Mind » où ; seulela voix éternellement jeune, suave et éraillée de Kelly Jones maintiendra le tout hors l’eau.

Ne reste plus qu’à espérer que le combo décidera de s’éloigner du consensus dans lequel il se fourvoie depuis quelques années, si tant est qu’il en est encore capable.

**1/2

19 octobre 2019 Posted by | On peut faire l'impasse | | Laisser un commentaire

James Gillespie: « Safe »

 James  Gillepsie sort un premier album, un opus baigné de mélodies savoureuses qui devraient ravir les fans d’Hozier. On inscrirait volontiers James Gillespie dans la longue liste de ces songwriters à voix qui, guitare sous le bras, vous charment à coup de compositions taillées sur mesure. Mais ce type a clairement un truc en plus. Guitariste qui a notamment touché en plein coeur Pink, James Gillespie a compris que claquer des mélodies enchanteresses sur des cordes n’était pas son seul talent et que,doté d’une voix grave d’une justesse incroyable, il pouvait se permettre de partir en solo, chose faite avec ce Safe.

L’album réunit ses meilleures compositions, ainsi que des inédits. 12 titres et bon nombre de pépites, à commencer par « What You Do », un de ses titres qui avait notamment habillé une publicité. « Hold Me Down, » son dernier « single » à date, fait également mouche par sa puissance, quand Lost fédère avec ses beats électroniques et la ballade à la guitare « Him.Her » éblouit par son émotion.

Les fans d’Hozier, Dermot Kennedy ou Ed Sheeran ne resteront sûrement pas insensibles à ses mélodies ensorcelantes (« Love Lost », « Dead In The Water ») ou ses compositions intimistes où l’artiste exorcise son passé – comme dans « Beyond Today » où il s’épanche sur la solitude et le fait de vivre sans le sou en ayant pris la décision de changer complètement de décor.

Ceux qui le connaissent depuis longtemps découviront également de nouveaux morceaux, comme le très réussi « ICFTI » ou la magnifique « Love Lost ». « Someday Sundays » rappelera parfois le style d’Ed Sheeran avec une guitare sèche et un refrain à chanter à tue-tête.

Safe se referme sur l’excellent « Beyond Today » et sur un dernier inédit, « Home », véritable introspection sur ses diverses expériences, lui l’Anglais élevé en Ecosse qui est parti pour l’Espagne, avant de revenir à Londres. Après avoir tergiversé, s’être cherché, James s’est trouvé. Avec sa musique intime, le succès, et la reconnaissance qui le fuyait tant, l’accueillent sans doute désormais à bras ouverts.

***1/2

 

19 octobre 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | | Laisser un commentaire

Bushman’s Revenge: « Et Hån Mot Overklassen »

Bushman’s Revenge change de structure pour se diriger vers une démarche plas axée sur l’espérimental et plus à-même de satisfaire un auditeur qui ne se limite pas à des trios piano-basse-batterie.

Avec ses guitares, Even Helte Hermansen opère ainsi dans des colorations soit très déliées (« Sly Love With A Midnight Creeper », H »ei Hei Martin Skei »), soit beaucoup plus jazz-rock, à la limite de la faute de goût démonstrative (« Happy Hour For Mr. Sanders, » soutenu par une accélération générale du jeu). En parallèle, la basse rebondie de Rune Nergaard fait son office tandis que Gard Nilssen passe de la batterie au vibraphone.

Quand les trois Norvégiens naviguent vers des rivages psyché, par l’intermédiaire d’un travail à la pédale de l’un ou des roulements de l’autre, ils n’hésitent pas à étirer leur propos au-delà des sept minutes (« A Bottle A Day Keeps The Wolves At Bay », « Greetings To Gisle) », étiage certes conforme aux développements que requiert ce style musical, mais probablement trop important pour ceux qui, comme nous, goûtent peu son aspect ostentatoire et trop chargé. En revanche, sur le caudal « Hei Hei Martin Skei », la progression se fait plus linéaire, partant des divagations de la six-cordes et de la mesure de la section rythmique, pour, peu à peu, intégrer quelques montées de tempo, dans un déploiement plus convaincant.

***

19 octobre 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Patrick Watson: « Wave »

Mélangeant des caractéristiques communes à plusieurs de ces groupes — usage d’instruments d’orchestre, expérimentations sonores, mélodies accrocheuses — Patrick Watson s’est rapidement imposé comme un artiste emblématique de la scène montréalaise

Lorsqu’on lance Wave, son dernier opus, on se retrouve d’emblée en territoire connu. Le rythme simple, mais bien affirmé du premier morceau de l’album soutient un enchaînement d’accords de piano nimbé d’écho, suivi plus loin d’envolées de violons. La voix caressante de Patrick Watson s’installe rapidement, mais on sent quelque chose de différent. La légèreté n’est plus la même et les paroles nous confirment qu’il y a trouble en la demeure.

L’œuvre de Patrick Watson a mis de l’avant jusqu’ici un univers planant, empreint de rêveries et d’histoires fantastiques. Certes, son dernier album, Love Songs For Ronots, transportait déjà l’auditeur sur des chemins plus tortueux, inspirés par la science-fiction. Sur Waves, cette théâtralité cède un peu la place à la réalité.

Une réalité torturée, au cours des quatre dernières années, par le décès de la mère de Patrick Watson, puis par la séparation d’avec sa compagne. De plus, Robbie Kuster, le batteur l’accompagnant depuis ses débuts, a quitté le groupe. Cette période trouble imprègne ainsi Wave, amenant le chanteur à signer son album le plus personnel jusqu’ici.

Ainsi, dès le second morceau, la chanson titre de l’album, l’atmosphère se fait plus lourde. D’une immense tristesse, la pcomposition prend la forme d’un long crescendo. Mais le deuil évoqué par les paroles semble trouver sa résolution dans la finale, après un changement de rythme inattendu, tandis que la batterie vient briser la vague construite jusque là dans le morceau, avant de se retirer et de laisser le pedal steel de Joe Grass conclure.

Le ton de Wave est dès lors donné. Exploitant une large plage dynamique, les arrangements mélangent de brillante façon des éléments qui semblent résumer toute la discographie du chanteur. Les cordes de Wooden Arms et Adventures In Your Own Backyard se mélangent aux synthétiseurs de Love Songs For Robots et aux effets sonores de Close To Paradise.

Celui-ci compare les difficultés de l’existence à une rivière qui vous emporte. Des violons magnifiques viennent renforcer la métaphore, montant tranquillement de niveau jusqu’à noyer la voix du chanteur. Patrick Watson signe ainsi un album bouleversant, son plus abouti jusqu’ici, peut-être le plus puissant de sa carrière.

****

18 octobre 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

electric street queens: « Thank You Good Night »

Ici, on est dans l’objet « fun », on pratique le sivertissement et le second degré ; ce qui signifie qu’on se garde bien de trop vulgariser. On a pourtant choisi de laisser parler les voix féminine dans ce quatuor, parité aussi militante que possible obige . Ça parle de sexe, un peu beaucoup, dans une bonne humeur poisseuse qui sent la bière, le tabac et les coups d’un soir. Sans être totalement en roue libre, cette musique garage punk réussit à ne pas trop se prendre au sérieux tout en proposant pas mal de variations sur le même thème.

C’est aussi frais et sucré qu’un album de Caroline Rose, dans un genre différent. En tout cas, c’est franchement énergique, frais et bien composé. On sent un peu le disque enregistré à l’arrache, légère vulgarité assumée. En ces temps où règne la bienséance, parler d’envie a valeur d’Ordre du Mérite ; à écouter « sans entraves ».

***1/2

18 octobre 2019 Posted by | Chroniques "Flash" | , | Laisser un commentaire

Common Holly: « When I Say to You Black Lightning »

When I Say to You Black Lightning n’est pas un titre, c’est une invitation à suivre un parcours noir et parcellaire où vivotent des taches de lumière pâle — une humanité, au fin fond des choses. Deux ans après le remarquable Playing House, Brigitte Naggar (Common Holly) adopte une allure volontairement incertaine, où sa voix gracile devient l’antithèse de ses airs acides et louvoyants. Mais qu’on ne s’y trompe pas, la main de la musicienne montréalaise est toujours aussi raffinée : des fils, des sons, des antres secrets émergent, s’entremêlent, vacillent et se replient, jamais dissonants.

Oui, l’atmosphère est sombre : guitares, cordes et percussions forment des précipices, mots et chants formulent les brisures humaines, le doute, la folie, la douleur indélébile. Mais la douceur existe, souterraine, comme en témoignent les poches d’air de Measured, les intonations quasi divines de « Uuu » et l’intense clivage de « Crazy OK ». Si la puissance se mesure à ses ondes de choc, cet album se hisse certainement à un sommet.

****

18 octobre 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | | Laisser un commentaire

Ringo Starr: « Grow Old With Me »

En 1980, un John Lennon tout frétillant avait des chansons nouvelles qui se bousculaient au portillon. Assez pour deux albums, et assez pour en offrir quelques-unes au cher Ringo, comme toujours. On savait qu’il lui réservait Life Begins at 40, mais c’est tout récemment que Ringo a su que la très belle Grow Old With Me lui était également destinée. Un peu comme Good Night sur « l’album blanc » des Beatles, la mélodie était dans le registre de Ringo, et le sentiment idoine pour notre batteur au grand cœur.

Voici donc le cadeau enfin reçu : la version de Ringo est le premier extrait de l’album What’s my Name : ça passerait inaperçu,autrement. Un quart de siècle après « Free as a Bird / Real Love », on a là le poignant point d’orgue de l’histoire : Paul McCarney est à la basse, harmonise un peu, le presque octogénaire Ringo tape sur ses peaux à la Ringo. Oui, pardi, ça sonne Beatles. Mais oui, on craque.

****

18 octobre 2019 Posted by | Chroniques "Flash" | | Laisser un commentaire

Foals: « Everything Not Saved Will Be Lost, Pt. 2 »

Foals complète son ambitieux diptyque avec un second tome abrasif et mémorable. Tout commence par une clameur. Mais là où la première partie de Everything Not Saved Will Be Lost nous accueillait avec de doux chœurs altérés et réarrangés, sa petite sœur nous livre cette fois des sonorités électroniques inquiétantes, sèche, presque arides. « Red Desert » plante d’entrée de jeu un décor bien distinct; et nous y propulse en se fondant très intuitivement dans l’implacable hit « The Runner ». C’est, en effet, quand la folle machinerie de ce titre est lancée que l’on comprend comment Foals parvient, dès l’abord, à répondre à la problématique de savoir comment succéder à la première partie..

Plus que jamais, réduits à un quatuor, Foals avancent comme une force unique, concentrée, implacable. Porté par un riff homérique, « The Runner » explose dans un refrain débordant de puissance et d’émotion, dégainant une guitare lead fine et riche, véritable marque de fabrique du quartet.

Cette richesse de songwriting prend, comme toujours avec Foals, plusieurs formes; cinétique avec « The Runner », implacable avec » Black Bull », « single » délicieusement agressif à la détonante structure, ou tout simplement d’une beauté renversante avec un « Into the Surf » contemplatif, faisant mélodiquement écho au Surf Pt. 1 découvert en début d’année.

Ainsi, titre après titre, Foals construit sa légende et composent parmi leurs meilleurs titres à ce jour. En seulement 3ème position de la liste de lecture, « Wash Off » vient nous époustoufler; offrant un riff rappelant l’ère Holy Fire, le titre se transforme très vite en une frénétique fête encore une fois malicieusement portée par la batterie de sir Bevan, jusqu’à un final renversant, avec un crescendod es plus intense et à faire frissonner.

En revanche, si certains échos ou réminiscences subsistent, Foals savent encore une fois se réinventer, offrant des titres inédits aux paysages musicaux jamais aperçus jusqu’ici chez le quatuor. « Like Lightning », titre aux tonalités très heavy, propose un riff délicat comme un poids lourd lancé dans une vitrine, avec un refrain prêt à renverser les foules; sans pour autant oublier d’y glisser un pré-refrain d’une beauté folle. A l’inverse, « Dreaming of » s’envole, elle, droit vers les cieux, ne reposant pied à terre que pour se lancer dans une course effrénée, maelström trouvant l’apaisement au fil des mesures.

Le combo avait promis une seconde partie plus rock et axée sur les riffs ; force est de constater qu’il neste fidèle à sa parole. Everything Not Saved Will Be Lost, Pt. 2 est bien un album de guitares. Les six cordes se taillent ainsi la part du lion, qu’elle soient distordues et agressives (« The Runner », « Black Bull », « Like Lightning ») ou au contraire, aériennes et lumineuses (« Dreaming of, 10,000 Feet », « Into the Surf »). Et bien que mises en avant, elle coexistent avec merveille avec le reste de la formation, que l’on parle des claviers de Edwin Congreave ou de l’insatiable batterie de Jack Bevan. Et toujours avec Yannis Philippakis en tête de file, multipliant voix et choeurs, jouant sur les tonalités et les rythmes.

Tandis que « 10,000 Feet », composition la plus hypnotique du disque, nous plonge dans rêve éthéré rapidement déchiré par une redoutable distorsion, « Into the Surf » se présente comme le seul vrai moment de répit de l’album avant la colossale conclusion « Neptune », étirant sa surpuissante progression mélodique et ses improvisations sur plus de 10 minutes. Le chaos laissera, finalement, sa place au silence. Toutes les pièces du puzzle sont en place, le diptyque est complet, et Foals s’affirment définitivement comme un des groupes phares de sa génération.

****1/2

18 octobre 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | | Laisser un commentaire

Someone: « Orbit »

Dans le rayon des révélations pop psychédéliques, on peut citer Someone. De son vrai nom Tessa Rose Jackson, l’artiste pluri-disciplinaire (ayant une passion pour la musique et l’art) britannique basée à Amsterdam étonne pour ses compositions dream-pop psychédéliques comme l’atteste son premier EP intitulé Orbit.

En l’espace de cinq titres, Someone nous transporte dans l’au-delà avec ces compositions astrales venues d’ailleurs. Il n’y a qu’à juger les écoutes du titre introductif nommé « From Here » pour s’apercevoir qu’elle possède un sacré univers. Aussi bien onirique qu’entraînant, Tessa Rose Jackson passe la seconde avec des morceaux implacables à l’image de « Pull It Together » et « I Can’t Remember How To Talk To You » où ses arrangements cosmiques rappellent l’inventivité de C Duncan.

D’ailleurs en parlant de ce dernier, celui-ci est également convié à la partie sur « Two Satellites ». S’achevant sur un « Braver Times » des plus étonnants, il y a fort à parier que Someone sera la relève de la scène dream-pop psychédélique avec ses compositions arty et accrocheuses.

***1/2

18 octobre 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire