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Human Don’t Be Angry: « Guitar Variations »

Le troisième album de Human Don’t Be Angry s’appelle Guitar Variations. Tous les signes pointent vers un concept band qui sort son concept album, probablement un peu prise de tête quand on sait que derrière ce nom se cache Malcolm Middleton, moitié d’Arab Strap.
L’album commence d’entrée de jeu par « You’ll Find The Right Note (Eventually) »  même arpège de guitare répété sur presque quatre minutes avec quelques notes de synthés, un carillon joué par un courant d’air, divers bruits…
Le premier vrai morceau s’appelle « Cynical « et dépasse les quatre minutes. On est dans une ambiance très froide qui fait penser à un instrumental des islandais de Mùm. Pour remonter le moral, « A Little Cherry Upper », est un morceau, franchement long (plus de huit minutes), et déprimant porté par de longs arpèges de guitares dépressives et un piano distrait. Et c’est là que la magie opère…
Passé ce cap, tout semble, en effet, se décoincer. « Heart Outside Body » est construit comme un vrai morceau de moins de deux minutes. Plus qu’un interlude, c’est l’ouverture d’une nouvelle phase de l’album. « Bum A Ride « qui suit est pop et on y entend même une voix humaine.


L’épisode pop se termine aussi vite qu’il a commencé, puisque « Come On Over To My Place »pourrait être un morceau d’Arab Strap écrit par une Intelligence Artificielle à qui on aurait brisé le coeur. Et avec la fin de l’épisode pop, c’est aussi le retour au concept album, « A Piece For Two Guitars » étant exactement le type de long morceau qu’on attend d’un album appelé Guitar Variations. Le delay et la reverb sur les guitares me font penser à Durutti Column et ses explorations entre jazz et post-punk sur Factory Records (Joy Division, Section 25…). (« Why Can’t I?) Dream In Cartoon » qui suit mfait penser à ce que le groupe de Manchester aurait pu écrire si on lui avait commandé la bande originale pour un dessin animé japonais dans les années 80.L’album qui commençait comme un soundcheck dans un centre commercial se termine sur un morceau de piano sans l’attention du public dans le hall d’un hôtel, et il est sobrement appelé « Hotel. » C’est la conclusion parfaite pour un disque qui pourrait être l’oeuvre de robots ayant appris la compassion, un disque non dénué d’un certain sens de l’humour, et bien sûr de talent.

***1/2

13 novembre 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Pendant: « Through A Coil »

Christopher Adams fut membre du groupe de noise-rock américain Never Young et ila décidé de se lancer dans ce side-project intitulé Pendant en effectuant un virage musical à 90 degrés avec un premier album à la clé, Through A Coil.

Avec la participation de Melina Duterte alias Jay Som, ce side-project 100% Oakland ira ravir les nostalgiques du shoegaze britannique des années 1990. En effet, Pendant convoque les esprits de Ride et de Happy Mondays à l’écoute des morceaux enflammés tels que l’introduction mais également « Plexiglass » et « Rubber Band » aux guitares rugueuses et rythmiques entraînantes.

Christopher Adams a beau rendre hommage aux pionniers britanniques mais ne compte pas faire de la redite nostalgique avec Through A Coil. Il suffit d’écouter des morceaux authentiques à l’image de « Dovetail » et de « Name Around My Neck » qui sont de parfaits exemples et faisant preuve de vivacité avec en prime l’interprétation catchy de Adams. La conclusion intitulée « Sensory Field » est une autre preuve que Pendant pourrait très bien incarner le futur du shoegaze revival à l’américaine.

***

13 novembre 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Russian Baths: « Deepfake »

Un futur supergroupe 100% Brooklyn nommé Activity et composé des membres de Field Mouse, Grooms et Russian Baths s’était formé voilà quelques temps. Cest à ce dernier que l’on va s’intéresserpuisque Luke Koz (chant, guitare, électroniques) et Jess Rees (chant, guitare, synthés) évoluent dans l’ombre depuis plusieurs années. Ils publient enfin leur premier album intitulé Deepfake, un opus qui ambitionne de faire des malheurs sur la scène new-yorkaise.

Comment décrire la musique de Russian Baths ? Et il n’est que d’imaginer Sonic Youth traînant du côté de Washington dans les années 1980. Deepfake est un subtil mélange de shoegaze hynotique, de noise-rock anxiogène et de hardcore sans retenue. Afin de bien appuyer leurs propos fatalistes par rapport à l’époque sombre de notre histoire que nous vivons actuellement, le groupe de Brooklyn mise tout sur le chaos et la destruction sur ces dix morceaux intenses (dont une interlude dronesque inquiétante intitulée « Detergent »).

Dès lors, les dés sont jetés avec ces martèlements de batterie menés par Steve Levine, ex-Grooms et futur membre d’Activity, et cette ambiance étouffante qui habille l’introduction nommée « Responder » (on le retrouvera plus tard sur le plus entêtant « Wrong ») mais également sur les expéditifs « Tracks » et « Scrub It » où Jess Rees et Luke Koz alternent le chant de façon vaporeux et en contraste avec cette atmosphère anxiogène et apocalyptique. Entre riffs noisy et synthés granuleux en passant par des rythmiques tapageuses sur « Tracks », « Ghost » et « Ambulance », il n’y a qu’un pas et Russian Baths l’a franchi avec brio. Il ne manquera plus qu’un « Guts » qui s’achève sur une dernière minute étrangement silencieuse pour se rendre compte qu’il y a toujours du bon dans la noirceur. Un premier album abouti, cohérent et bien sombre, en phase avec cette période où les températures avoisinent les négatives.

***1/2

13 novembre 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire

A Projection: « Section »

Depuis la sortie de leur deuxième album, Framework en 2017, il y a eu du changement chez les Suédois du projet post-punk A Projection. Le départ du chanteur original et son remplacement par le bassiste Rikard Tengvall, pas mal de modifications de line-up et la signature chez un nouveau label puisque ce nouvel opus est le premier à sortir chez Metropolis Records.
Jusqu’à présent, le groupe nous avait habitués à un post-punk très influencé par Joy Division et The Cure, pas très original mais plutôt bien exécuté. La première chose que l’on note sur la nouvelle mouture du groupe est le côté goth beaucoup plus marqué du fait du timbre de voix assez caractéristique du nouveau chanteur. Cette influence est particulièrement perceptible sur « Something Whole », le premier « single » – plus proche des Sisters of Mercy que de Joy Division – et probablement l’un des meilleurs nouveaux titres des Suédois.


Le ton de l’album est résolument énergique, les refrains sont efficaces et accrocheurs à l’image de « Time » ou de « Lucy Shrine » » Les guitares sonnent particulièrement bien : il n’y a qu’à écouter « Substitute » et « Live Again » pour s’en convaincre, et le spleen absolu qui règne sur « Disbelief » vient conclure l’album en beauté. Tout n’est pourtant pas parfait, certains titres sont un peu en dessous (« Verdicts », « Down ») et on ne peut pas dire que le groupe réinvente le genre. Malgré ses défauts, Section s’en sort honorablement et la nouvelle direction prise par le groupe promet pour l’avenir.

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13 novembre 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Jeff Goldblum: « I Shouldn’t Be Telling You This »

Dans la plupart des cas, un disque de célébrités est un exercice grandiose d’auto-indulgence pour des gens qui ont trop d’argent, trop de liberté et trop peu d’amis pour qu’on leur dise non.

Mais Jeff Goldblum et son fidèle Mildred Snitzer Orchestra transcendent cela dans I Shouldn’t Be Telling You This, une suite extrêmement agréable aux Sessions du Studio Capitol. Goldblum est légitime dans cette démarche ; c’est un vétéran de s touches d’ivoire depuis 30 ans et, à ce titre, il a fait plusieurs concert sà la Rockwell Table and Stage de Los Angeles ces dix dernières années. Un joueur moins confiant aurait pu se servir de son statut de star pour se hisser au premier plan, mais Goldblum reconnaît que le jazz n’est pas une question de projecteurs ; il s’agit de l’interaction du groupe dans son ensemble.

Des instrumentaux comme « Driftin » et « The Cat » donnent au groupe leurs meilleures chances de s’éclater à fond, Joe Bagg volaera même le spectacle sur son orgue Hammond. L’auteur-compositeur-interprète britannique Anna Calvi se joint à lui pour transformer en quelque chose d’urgent et de guttural l’épisode des années 70 d’un mash-up de « Four on Six » de Wes Montgomery et « Broken English » de Marianne Faithfull. De même, l’étonnante contribution de Sharon Van Etten à l’ouverture de l’album « Let’s Face the Music and Dance ».Son phrasé est remarquable, avec une étonnante illusion d’aisance qui transforme le chagrin d’amour ainsi traduit en quelque chose que l’on a, encore et encore, envie d’entendre.

 

Peut-être la partie la plus importante de I Shouldn’t Be Telling You This est sa facilité d’accès. C’est du jazz pour le plaisir des gens qui ont une connaissance encyclopédique des musiciens aux côtés de quelqu’un qui aurait pu traverser la vie jusqu’à présent en croyant que le jazz était quelque chose qu’on entendait seulement dans les ascenseurs. Vous pouvez l’enfiler lors d’un dîner chic, et il n’ennuiera personne ; vous pouvez vous asseoir et l’analyser note par note et découvrir de nouveaux plaisirs à chaque écoute. Et c’est un plaisir, une marche lente et douce que l’on sent sur la peau, que l’on goûte sur la langue et que l’on fait rouler dans la bouche.

Avec I Shouldn’t Be Telling You This, Goldblum prouve une fois de plus que le Mildred Snitzer Orchestra est un autre moyen de nous charmer tous.

***1/2

13 novembre 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | | Laisser un commentaire

A Winged Victory for the Sullen: « The Undivided Five »

A Winged Victory for the Sullen, à savoir Dustin O’Halloran et Adam Wiltzie, a occupé une place de choix sur la scène contemporaine du crossover classique et ambiant de la dernière décennie. Plus orientés vers le second que vers le premier, le duo s’est néanmoins rapidement imposé faisant partie de ces artisans réfléchis d’une musique orchestrale et électronique élégante, utilisant suffisamment d’espace et une direction douce pour donner forme à leurs groupes de sons chauds et leurs compositions minimales. The Undivided Five, leur premier album studio en cinq ans et leur première sortie depuis leur partition pour God’s Own Country en 2017, trouve ici le duo inspiré par l’œuvre de Claude Debussy. Ce n’est guère surprenant ; Debussy est reconnu depuis longtemps comme le précurseur classique de la musique d’ambiance, ses compositions soignées s’opposant à la nature tranquille d’une grande partie de son travail. Pourtant, si O’Halloran et Wiltzie sont des experts en la matière, ils le font avec leur propre œil pour la création d’une musique malléable, bien que dense.

Le tandem lève immédiatement son chapeau au compositeur français avec l’ouverture » »Our Lord Debussy », qui passe progressivement d’un simple motif de piano à un poème aux sonorités de plus en plus pleines. Les cordes entrent en boucle lorsque les synthés évoquent le son du lever du soleil par une froide journée d’hiver, toute la lumière d’un blanc pur sur des brumes de brume. Au cours des 10 minutes de la piste, ces éléments se déplacent lentement les uns autour des autres, les synthés plongeant profondément dans le territoire Reznor/Ross de ronflements bas, pour ensuite s’aplatir à la lumière du soleil. Même le côté plus clair de l’ambient tend aujourd’hui à s’assombrir, et la cohérence avec laquelle O’Halloran et Wiltzie ramènent la composition à ses brillants débuts rend le morceau heureux, en particulier dans son outro orchestral.

Ailleurs, l’album traverse certains des différents genres que ce style a imprégnés au cours des dernières décennies. Le violon funèbre de « The Slow Descent Has Begun », soutenu par des synthétiseurs de bon goût, aurait pu être tiré d’un Godspeed You ! Black Emperor, tandis que le titre amusant « Aqualung, Motherfucke » » sonne comme un écheveau cosmqiue de la variété Klaus Schulze/Popol Vuh, inversant les attentes en utilisant les cordes comme un gémissement, élément de base pour les explorations volantes des impulsions éthérées et futuo-primitives des synthés. Le lien Debussy est réaffirmé par le bref interlude au piano « The Haunted Victorian Pencil », qui relie habilement les points de référence les plus modernes à la source d’inspiration de l’album et rappelle que les tendances modernes ont des racines profondes.

Pourtant, même lorsqu’on sépare The Undivided Five de son réseau complexe d’ambiances accordées du boout des lèvres, l’album se présente comme un exemple exemplaire de crossover ambient contemporain. « Sullen Sonata » surgit d’un hurlement de synthétiseurs distants pour devenir une rêverie lugubre percée d’une houle de cordes qui crescendos de l’obscurité vers des plateaux sonores. « Adios, Floride » scintille comme la lumière se réfractant sur les vagues avant de dériver en haute mer sur des cordes soutenues et des synthés distendus. « The Rhythm of a Dividing Pair » »est peut-être la plus belle chose à laquelle O’Halloran et Wiltzie ont mis leur nom en tant que collaborateurs. Un carillon de synthé à l’avant retentit comme une douce alarme matinale à l’aube de la composition, un mur de bruit blanc qui sonne paisible plutôt que tendu. L’un des titres les plus simples de l’album, c’est pourtant l’incarnation même de la maîtrise de l’émotion du duo, le point culminant de l’ambiance matinale des Undivided Five.

Si, comme le dit l’adage, écrire sur la musique, c’est comme danser sur l’architecture, écrire sur l’ambient ‘est une tâche encore plus futile. Les composants de The Undivided Five ne pouvaient guère être plus élémentaires, au point qu’O’Halloran et Wiltzie ont décidé d’assembler les morceaux de leurs maisons respectives à Berlin et à Bruxelles. Ils amalgament pourtant leurs synthés chauds, leurs textures sombres et leurs arrangements d’une complexité trompeuse avec une cohésion qui s’ajoute à un sentiment unifié de satisfaction qui ne se sent jamais artificiel ou simpliste. A Winged Victory for the Sullen consolident leur position parmi les compositeurs contemporains de la stature de Nils Frahm en tant que créateurs de musique complexe, transplantable et pourtant accessible.

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12 novembre 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | | Laisser un commentaire

Brightness: « Brightness »

Brightness est un nouvel album éponyme de Alex Knight qui regorge de neuf titres d’une dream pop qui n’ose pas dire son nom. Ce n’est pas du tout, en effet, opus de danse flashy, mais les lignes de basse lentes et rythmées de Brightness vous feront toutefois danser. Bien que la tonalité de la plupart des morceaux varie, ils conservent tous une sensation similaire et se complètent bien les uns les autres.

Knight joue avec une variété d’instruments tout au long de cet album – bien que la guitare soit assez fade, la batterie et la basse se distinguent vraiment. Il est clair que c’est le rythme qui fait l’expertise de Knight. 

Les premiers morceaux, en particulier « Dallas » et « Old Crow », sont assez enjoués, alors que certains des derniers sont presque inquiétants. La voix unique de Knight, qui s’étire et gratte sur les notes, ajoutant un sentiment brut et intime à ses chansons, le met encore plus en valeur. Des morceaux comme « Feathers, » dont les paroles ne sont pas écrasées par la voix rauque de Knight, mettent vraiment en valeur de brillantes compositions.

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12 novembre 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Bonnie ‘Prince’ Billy: « I Made A Place »

Un nouvel album de matériel original de Bonnie « Prince » Billy, alias William Oldham ? Super, il est temps de sortir la boîte de mouchoirs et de passer la semaine au lit pour réfléchir à toutes les horribles erreurs de votre vie d’adulte. Bonjour monsieur le psy ! Celui-ci est en fait légèrement plus brillant que le reste de son catalogue. C’est encore introspectif et sensible, mais ce n’est certainement pas l’iceberg de la tristesse que représente quelque chose comme « I See A Darkness ». C’est aussi bon que ça ? Non, mais même si vous n’êtes pas déjà fan de Billy, I Made A Place vaut vraiment le détour pour tous ceux qui aiment la bonne musique folk et country.

Le disque démarre avec un morceau qui se sentirait comme chez lui sur le légendaire Brown Album de The Band. L’écriture de Oldham est en pleine forme, et d’après le son de ses paroles, il l’est aussi. Tout comme pour les premiers albums de Van Morrison, il y a un chaleureux sentiment de paix qui flotte autour du disque, comme si Oldham s’était finalement installé à la campagne après avoir donné un sens à tout cela. Avec une belle instrumentation, une écriture solide et un lyrisme drôle et plein d’espoir, I Made A Place en vaut la peine juste pour cette tranquillité d’esprit dans laquelle Will Oldham semble avoir fait son trou et trouvé une place.

***1/2

12 novembre 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Fern Mayo: « Week of Charm »

Fern Mayo avait fait ses premiers pas en 2015 avec son premier album intitulé Happy Forever. Et même si elle n’a pas connu le succès tant attendu, l’auteure-compositrice-interprète venue de Brooklyn a de suite bâti son univers musical résolument attachant. Trois ans après son EP qui a suivi, Katie Capri récidive dans la matière avec son successeur intitulé Week of Charm.

L’album s’ouvre sur un « Echo » qui est à l’image de cet opus envoûtant et émouvant mettant en avant le chant désespéré de la native de Brooklyn et ses arrangements indie rock hypnotiques. Fern Mayo mise sur le pathos sans jamais en faire trop mais suffisant pour que l’on puisse se perdre. Elle ainsi que son acolyte musical Michael Thomas nous offrent de moments poignants comme « The Sweets » légèrement estival avant que les distorsions de guitare ne prennent le dessus mais également les allures gothiques de « Goddess Under Exclusions » et de « Pivot » nous laissant jamais indifférent.

Katie Capri nous bouleverse avec son chant alarmiste et ses compositions gentiment gothiques et chaotiques telles que « Hard Candy » et « Saying Goodbye » riches en nuances avant que la conclusion plus acoustique et touchante nommée « The Wheel » viendra mettre un terme à ce voyage riche en contraste. Week of Charm est un disque ambitieux et enivrant de la part d’une Fern Mayo qui mise tout sur les émotions et a réussi sa mission.

***1/2

12 novembre 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire

Mount Eerie & Julie Doiron: « Lost Wisdom Pt. 2 »

En 2008, Mount Eerie avait collaboré avec une jeune musicienne inconnue nommée Julie Doiron sur un très bel album de folk dépouillé nommé Lost Wisdom. Depuis, Phil Eleverum et l’auteure-compositrice-interprète canadienne ont pris deux chemins séparés musicalement et beaucoup de choses se sont passés en une décennie. Onze ans plus tard, ils ont beaucoup de choses à dire sur ce sequel très attendu.

Beaucoup sont au courant de la triste vie de Phil Elverum ces dernières années où il faisait son deuil sur ses deux albums déchirants A Crow Looked At Me en 2017 et Now Only l’année suivante dédiés à sa défunte épouse Geneviève Castrée. Suite à cela, il a tout de même goûté au bonheur avec son mariage avec l’actrice Michelle Williams l’année dernière… pour une courte durée malheureusement. L’heure est venue pour lui de faire un bilan de ses années tumultueuses et d’exorciser sa peine profonde sur ce nouvel album.

Dès les premières notes de l’introduction nommée « Belief », nous voilà plongés en terrains connus avec son indie folk dépouillé et minimaliste mais ô combien riche en émotions. Les voix de Phil Elverum et de Julie Doiron se complètent à merveille arrivant à jouer au yin et au yang tandis qu’ils partagent leur quotidien parsemé de galères  notamment sur « When I Walk Out Of The Museum » qui suit mais également « Enduring The Waves » et « Love Without Possession ».

Sur Lost Wisdom Pt.2, Phil Elverum met en avant sa paternité difficile et ses désillusions face à l’amour que ce soit sur les touchants « Real Lost Wisdom » et « Pink Light » tandis que Julie Doiron vient en renfort pour le réconforter avec sa voix doucereuse. Hormis le plus électrique et agressif « Widows » aux grosses distorsions de guitare, Mount Eerie & Julie Doiron signent une sublime suite indie folk dépouillée placée sous le signe de la rédemption. Avec Lost Wisdom, Pt. 2, le tandem n’en finit pas de nous émouvoir.

***1/2

12 novembre 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire