Suburban Living: « How to Be Human »

Les shoegazers de Philadelphie Suburban Living reviennent d’un hiatus de trois ans avec How to Be Human, sorti aujourd’hui sur Egghunt Records. Les obstacles qui ont dû être surmontés pour que cet album voie le jour incluent le retard habituel du COVID – l’album était initialement prévu pour une sortie en mai – mais ce n’est pas tout : le groupe a dû surmonter l’incendie dévastateur d’une maison le soir du Nouvel An, des démos perdues, un accident de voiture presque fatal, et un vagabond de Fishtown en deuil d’un boa constrictor de compagnie récemment décédé (peut-être assassiné). Sérieusement. C’est une histoire folle, mais cela n’aurait pas d’importance si l’album ne valait pas la peine d’attendre. Heureusement, il en vaut la peine.

Après six mois d’isolement pour la plupart d’entre nous, un petit rappel de la façon d’être humain est grandement nécessaire.  L’auteur-compositeur et leader Wesley Bunch propose un cours accéléré à travers ces neuf chansons, abordant le spectre de l’isolement et de la solitude jusqu’à l’unité et l’appartenance. Même si How to Be Human est un disque remarquablement cohérent, il est facile de rester bloqué près les trois premiers titres. Le premier, « Falling Water », établit la palette sonore du groupe, avec une batterie synchronisée avec une basse distordue, des nappes de synthétiseur et des lignes de guitare scintillantes qui s’assemblent d’une manière qui rappelle la période intermédiaire de The Cure. « Falling Water » est une chanson sombre, tant au niveau du son que des paroles : « I’ve gotta get away from here… Take me away from me » (Il faut que je parte d’ici… Emmène-moi loin de moi) chante Bunch.

L’humeur changera rapidement sur l’hymne qu’est « Main Street »,  un morceau qui montre clairement la gamme émotionnelle et sonore de Suburban Living. « Indigo Kids » prendra, lui, le titre de l’album au pied de la lettre en racontant indirectement l’histoire de Boriska Kipriyanovich, un enfant prodige russe qui croyait avoir vécu, lors d’une vie antérieure, sur Mars.

Chaque chanson de Suburban Living peut être vue comme une piscine profonde avec une surface de synthétiseur vitreux et de guitare souvent non déformée, sous laquelle la basse et la batterie grondent et fredonnent. La voix de Bunch, qui fait penser à un Robert Smith plus nasal, sert de pont entre la couche inférieure qui gronde et le niveau de l’eau qui scintille. Cette dynamique est la plus claire sur « Dirt », où la basse porte la mélodie et où Bunch décrit la libération qu’il y a à ne plus se soucier du fait que quelqu’un vous a traité comme une merde dans le passé. À cet égard, les moments les plus excitants du disque seront ceux où les couches s’entrechoqueront, comme c’est le cas sur la fin de « Video Love ».

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