John Luther Adams: « Sila-The Breath of the World »

John Luther Adams fait de la musique classique pour les gens qui n’aiment pas trop la musique classique. Ses pièces utilisent des instruments classiques et la voix pour créer des bourdons, des textures et des couleurs qui se combinent pour produire quelque chose qui va au-delà des contraintes de la sonate, de la symphonie ou du quatuor à cordes. Ses inspirations sont souvent naturelles ou environnementales, et la musique qui en résulte explore de vastes étendues de désert, de toundra ou d’océan.

Sila : The Breath of the World est basé sur la notion inuit d’une intelligence semblable à celle de Gaia qui sous-tend toute la nature. Il ne s’agit pas d’une composition en soi, mais plutôt d’une méta-composition – un ensemble de règles à partir desquelles des compositions sans chef d’orchestre peuvent être dérivées. Ces règles comprennent l’utilisation de l’espace physique comme variable. C’est ce que décrivent le mieux les notes de pochette :

« Sila est écrite pour cinq ensembles de 16 musiciens – bois, cuivres, percussions, cordes et voix – qui peuvent interpréter la musique dans n’importe quelle combinaison, successivement ou simultanément, en plein air ou dans un grand espace intérieur. Les musiciens sont largement dispersés, entourant les auditeurs, qui sont libres de se déplacer et de découvrir leurs propres points d’écoute individuels. »

Cet enregistrement  se compose d’une piste unique de 55 minutes, et ne représente qu’une seule représentation possible de Sila. Chacun des ensembles produit des bourdons, des accords et des notes longuement tenues qui vont et viennent à un rythme tectonique. Les percussionnistes produisent des grondements denses qui entrent et sortent du premier plan, ainsi que des apparitions plus ponctuelles de cymbales et de gongs. Un peu avant le tiers du morceau, les chanteurs deviennent plus importants avec des chants lents qui se mêlent partiellement aux bois et aux cordes. Le résultat est un ensemble de murs sonores chatoyants et modulants qui sont en transe mais sans répétition évidente.

Pour apprécier Sila, il faut l’écouter à un volume élevé, de préférence dans une grande salle. Mais même si on l’écoute au casque, ce dernier ajout à l’œuvre d’Adams est un effort non conventionnel et fascinant qui peut être apprécié passivement pour ses aspects cinématographiques ou plus activement pour tenter de démêler ses nombreux thèmes qui se chevauchent.

***

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

%d blogueurs aiment cette page :