Stella Donnelly: « Flood »

Des cornes, des pianos et des synthés, mazette. Ce n’est pas que tous ces instruments étaient complètement absents du premier album de Stella Donnelly (Beware of the Dogs), mais le fait de mettre en avant une variété de sons rend l’ensemble plus attrayant sur son deuxième effort. Donnelly passe également d’un langage plus large à une approche plus poétique et plus nuancée. Le morceau d’ouverture, « Lungs », témoigne de l’étendue des améliorations apportées par Flood. Avec un battement de tambour tonitruant et des synthétiseurs qui se croisent, un soupçon de piano donne à la chanson une touche de douceur qui dément la colère de l’enfance dirigée contre le propriétaire de sa famille.

« Lungs » cède la place à la poussée béate de la pop partiellement parlée de « How Was Your Day », qui témoigne de la manière dont ses secrets les plus profonds et ses moments les plus hymnes deviennent les meilleurs de l’album. La ballade dépouillée au piano de « Underwater » offre un paysage totalement dévastateur pour l’enterrement d’une relation abusive. Les paroles répétées, « I take on your anger and hurt, Oh mama it’s getting worse » (Je prends ta colère et ta douleur, Oh maman, ça devient pire), montrent Donnelly à son état le plus brut.

Mais la dernière chanson, « Cold », qui porte un titre approprié, donne froid dans le dos car Donnelly est déterminée à surmonter tout cela. Donnelly martèle littéralement la chanson sur les touches tout en déclarant son indépendance : « Afraid of those you can’t control, I might just float right through your walls »(Peur de ceux qu’on ne peut pas contrôler, je pourrais passer à travers vos murs) avant de conclure dans une affirmation criée : « You are not, big enough, for my love » (Tu n’es pas assez grande pour mon amour). « Cold » aura la même portée cinématographique que « Tonight the Streets are Ours » de Richard Hawley, mais comme une déclaration d’individualité plutôt que de solidarité. 

Ailleurs, des accroches subtiles élèvent les compositions de Donnelly à un niveau supérieur. Les loops inversés de « Restricted Account » cèdent la place au riff discret de Julia Wallace au fluegelhorn, tandis que l’accroche de la batterie et de la basse sur le punchy « Move Me » rappelle la pop parfaite d’Alvvays. La capacité de Donnelly à sortir une ligne aussi verbeuse que « When I say you look like Uma Thurman / when she was in Mad Dog and Glory » (Quand je dis que tu ressembles à Uma Thurman / quand elle jouait dans Mad Dog et Glory) fait sourire. L’album comporte quelques moments plus lugubres dans Medals et Oh My My My qui passent à peine inaperçus. Mais dans l’ensemble, Flood est un bond en avant musical et lyrique qui offre une multitude de récompenses. Le fait qu’il se termine par la composition la plus forte de Donnelly à ce jour est une véritable cerise sur le gâteau.

***1/2

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