Zola Jesus: « Arkhon »

La fin d’une longue et importante relation est un tournant dans la vie de beaucoup de gens et signifie le début d’un nouveau chapitre qui peut s’accompagner de beaucoup de chagrin et de bouleversements émotionnels, ce qui est souvent très difficile à gérer. Arkhon, le dernier album de Nika Roza Danilova pour Zola Jesus, est une sorte d’album de rupture dans lequel elle utilise l’écriture et la musique pour surmonter ses sentiments et son chagrin. 

Le single principal, « Into The Wild », évoque la transition entre le monde qu’elle s’était construit et un avenir largement inconnu, différent de celui qu’elle avait prévu. Une grande partie de l’album parle d’un saut dans la foi pour trouver ce qui lui est réservé, tandis que le passé tire sur la corde sensible.

Les songes introspectifs de Danilova sont accompagnés d’arrangements qui jonglent avec des influences gothiques, néoclassiques, industrielles et pop. Ces morceaux tendent vers des vibrations épiques et hymniques qui nous emportent facilement dans ce drame sauvage. Il y a de fortes vibrations pop sur beaucoup de ces morceaux, particulièrement évidentes sur « Lost » et « The Fall ». Cette évolution n’est pas surprenante, car Danilova a toujours semblé avoir l’ambition d’être une pop star, mais dans le plus pur style de Zola Jesus, elle aborde l’idiome selon ses propres termes, ce qui donne généralement des résultats intéressants.

La power ballad « Desire » se distinguera par le fait que Danilova ne s’accompagne que d’un piano. La perte et l’angoisse sont évidentes, mais en chantant, Danilova relie le concept de désir à la notion bouddhiste selon laquelle le désir est la cause première de tout mal. Ce faisant, elle trouve la voie à suivre.  

Malgré cela, Danilova procède avec prudence. Les voix angéliques et rêveuses et les synthés luxueux de « Do That Anymore », ou plus précisément « can’t do that anymore », servent à rappeler à l’auditeur que les regards en arrière ne sont pas autorisés. Après le confinement, c’est un rappel de tout ce que nous considérions comme acquis avant COVID et que nous ne pouvons plus faire. Après une relation amoureuse, Danilova émerge dans un nouveau monde, de la même manière que beaucoup sortent de la chrysalide du confinement

Dans sa version la plus expérimentale et la plus intense, Sewn propose une approche dramatique de la remise à zéro et du recommencement. « Carry on / Get wrong / Set it all on fire / Carry on » (Continuer / Se tromper / Mettre le feu / Continuer), hurle-t-elle au milieu d’une tempête sauvage de tambours et de synthés déformés. Le batteur et percussionniste Matt Chamberlain, qui a été engagé pour aider Danilova à surmonter le blocage de l’écriture auquel elle a été confrontée lors de la réalisation de cet album, impose un rythme effréné sur des rythmes qui ressemblent à des batteurs qui se battent pour la suprématie du rythme. C’est une balade sauvage et l’un des morceaux phares de cet album. L’imagination gothique de Danilova fait d’Arkhon un morceau dramatique sur une rupture amoureuse, mais aussi une métaphore sur l’acceptation d’un avenir incertain et la gestion de ses immuables conséquences.

***1/2

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