Purity Ring: « graves »

« Oh take me, oh take me / We’re running from our graves » (Oh prends-moi, oh prends-moi / On fuit nos tombes). Purity Ring, qui a été qualifié de « witch house », traite des extrêmes dans son dernier album, graves. La solitude, la malchance, la mort. Ils tentent d’aborder certaines des parties les plus sombres de nos vies et de nous inspirer, en contournant nos mécanismes de défense austères et en allant directement aux sentiments. En utilisant une poésie complexe et une musique électro-pop extatique, le producteur Corin Roddick et la chanteuse Megan James poursuivent leur formule à succès de crochets sucrés et d’électronique complexe pour créer une expérience qui fait bouger l’âme et le corps.

Avec un début aussi réussi, avec l’album Shrines, il y a dix ans, qui était en quelque sorte le premier du genre, il n’est pas étonnant que les critiques soient prompts à comparer et à chercher des changements dans leur travail. Et les critiques n’ont pas été très flatteuses. Mais en tant qu’auditeur qui vient de les découvrir fraîchement, après une nuit un peu décevante, leur formule, qu’elle ait été modifiée ou non, a été une panacée réussie à mes maux, avec suffisamment d’intelligence et de complexité pour passer outre mes facultés de critique de la pop.

Des simples encouragements comme « I’ll do it again / I’ll do it again » à la poésie plus complexe comme « I’m made of seeds, but they just bleed » (Je suis fait de graines, mais elles ne font que saigner), on se sent compris dans sa douleur et on se voit transporté par les arrangements dans un monde supérieur, tout en reconnaissant la réalité du monde inférieur. C’est peut-être la plus grande force de leur musique sur cet album : ils sont capables d’utiliser toutes les meilleures caractéristiques de la pop sans succomber à aucun de ses pires traits. Le cliché, le manque d’originalité, les frissons bon marché, et ainsi de suite.

« May the world turn and turn until you shine / But you know, you know I know, that nothing’s fine. » (Que le monde tourne et tourne jusqu’à ce que tu brilles / Mais tu sais, tu sais que je sais, que rien ne va). Les meilleures chansonssont à la fois un yin et un yang. Comme l’a dit Tom Waits, « The world is a hellish place, and bad writing is destroying the quality of our suffering «  (Le monde est un endroit infernal, et la mauvaise écriture détruit la qualité de notre souffrance). Et ceci est, à notre sens, une bonne écriture. Dans une meilleure soirée,on n’aurait peut-être pas été aussi ému par leur poésie et leur son. Mais c’est là toute la beauté de la musique, ses propriétés curatives, sa capacité de compréhension dans un art bien conçu, pour nous aider à traverser les moments les plus difficiles.

C’est peut-être ce qu’ils veulent dire quand ils chantent « How lucky you are to be so unlucky »(Quelle chance tu as d’être si malchanceux.. ). Critiques mises à part, c’est une musique qui fait office de bande sonore pour les cœurs brisés. Et elle agit comme un défibrillateur, pour faire redémarrer l’âme. La raison pour laquelle les gens jouent des chansons en boucle. Ce sont des titres que l’on peut répéter, avec assez de substance dans les mots et assez de plaisir dans le son pour en faire un opus dont les compositions sont si abouties

***1/2

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