Drive-By Truckers: « Welcome 2 Club XIII »

Après une double dose de colère d’inspiration politique sur les deux sorties de 2020 (The Unraveling et The New OK), les Drive-By Truckers ont présenté ce nouvel album comme un retour dans le passé pour créer une sorte d’album hommage à une salle où Patterson Hood et Mike Cooley ont commencé leur carrière avec Welcome 2 Club XIII

C’est la ligne de conduite de l’entreprise, mais contrairement à d’autres albums à thème réussis de DBT (Southern Rock Opera, The Dirty South), ce disque n’aborde le club qu’avec la chanson titre. Un titre plus approprié pour l’album serait basé sur une autre chanson, « Forged in Hell and Heaven Sent », car la religion, la douleur, la perte et la peur existentielle sont examinées avec plus d’attention que celle d’une vieille salle oubliée.

La chanson d’ouverture « Drivers » utilise une ambiance heavy metal/hard rock dans la veine de « The Boys from Alabama » pour mettre en chanson le chaos sans fin de la longue carrière du groupe sur la route, avec un excellent soutien vocal de Schaefer Llana, tandis que la chanson titre est une ode enjouée à la bière bon marché et à la cocaïne bon marché des clubs pourris. 

Les choses deviennent beaucoup plus lourdes sur le plan lyrique, avec une remise en question directe de la vie sur le deuxième effort de Hood pour faire face à son ami imaginaire « Billy Ringo in the Dark » et le précédemment mentionné « Forged in Hell and Heaven Sent » qui utilise des couches de guitares floues, des violons et de l’harmonica avec Margo Price aidant sur les chœurs. Wilder Days », qui clôt l’album, est un plaidoyer nostalgique, avec le retour de Llana qui ajoute une voix magnifique aux guitares slide, tout en se rappelant des sentiments d’invincibilité et en riant de l’absurdité de la vie à la surface. Ce sont des sujets profonds dans lesquels Hood n’a jamais peur de s’aventurer.

Lorsque cette itération de DBT est à son apogée, les tâches d’écriture sont partagées équitablement entre Cooley et Hood, mais ici, comme sur les deux offres de 2020, Hood domine, mais les deux chansons de Cooley sont puissantes de différentes manières. « Maria’s Awful Disclosures » est inspirée d’un exposé (ou d’une œuvre de fiction) de 1836 concernant une religieuse et les horreurs qui lui ont été infligées dans un couvent de Montréal, une inspiration très éloignée d’aujourd’hui en termes de distance et de temps, mais absurdement pertinente de nos jours concernant l’hypocrisie religieuse.

« Every Single Storied Flameout », contient des couches de textes sur l’angoisse père/fils autour des cuivres de Randall Bramblett, Tom Ryan et J.R. Beckwith ; c’est l’album le plus réussi de tous. Ce morceau rejoint quelques autres sur l’album en rappelant les efforts passés du groupe, tant au niveau des paroles que du son, mais sous de nouvelles formes cette fois-ci.   

La capacité de Hood à canaliser la douleur et le mal, à se souvenir d’amis tombés au combat avec toutes leurs verrues et leurs meurtrissures intactes, sont des dons évidents. « We will never wake you up in the morning » évoque un compatriote succombant à la dépendance tandis que « Shake and Pine » est une ode countrifiée émouvante aux rêves ratés et aux cœurs brisés. 

Ce n’est pas l’album à thème qu’on nous présente, mais un autre effort complexe et solide des Drive-By Truckers, l’un des grands groupes américains, qui est heureux de continuer à écrire des chansons sur les trains et les gens qui sont morts sur Welcome 2 Club XIII.

***1/2

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