Augustine: « Proserpine »

Celui-ci est, pour ainsi dire, sorti de nulle part et on ne peut qu’en être heureux. Augustine est le nom de scène de l’auteure-compositrice-interprète, productrice et multi-instrumentiste italienne Sara Baggini, qui apparaît également sur la photo de couverture très stylisée de l’album. Proserpine est son troisième album après One Thin Line (2010) et Grief and Desire (2018). Bien qu’elle réalise elle-même la plupart des tâches (chant, guitare, basse, claviers et synthétiseurs, boîte à rythmes, percussions), elle est assistée par Fabio Ripannuci (guitares, claviers, boîte à rythmes, percussions), Daniele Rotella (basse, percussions), Massimo Margaritelli (basse), Niccolo Franchi (batterie) et Francesco Federici (toms) sur certains titres. Malgré tout cela, Proserpine est un album minimal sur le plan instrumental, très épuré mais aux arrangements exquis. L’artiste et le label l’appellent Dark Folk, mais cette étiquette de genre est un peu courte. Pourtant, c’est une sorte de Gothy et de Dark Wavy, et un peu de dream poppy aussi.

Proserpine, ou Proserpina était la déesse romaine des Enfers, et le concept de cet album tourne autour d’elle. Comme le dit Augustine :  » Il est né d’une idée d’inexorabilité, de réclusion, d’exil de soi ; d’une vie vécue à regarder le monde de derrière une fenêtre « . Les chansons reflètent un voyage introspectif, une chute symbolique dans l’Hadès, une mort psychologique avec ses petites renaissances. De plus, « Proserpine » est autobiographique, avec de nombreux aspects profondément personnels de la vie d’Augustin explorés dans chaque chanson – espoirs, peurs, désirs, etc.

Heureusement, toutes les paroles des chansons (chantées en anglais) sont imprimées sur le boîtier du CD à six volets pour une référence facile. Chaque chanson est conçue avec soin, et la voix soprano d’Augustine est divinement aérienne (rappelant quelque peu Kate Bush), planant et glissant sur 13 titres délicieux couvrant une variété d’humeurs et de sujets, de l’inquiétude financière (« Response of the Oracle ») à « Moments of Pleasure and Joy », en passant par l’incision (« How To Cut Your Veins Correctly ») et la blessure émotionnelle (« Deep, So Deep »), et bien plus encore. Bien qu’il semble que rien n’ait été fait dans l’intention d’être un tube pop, « Adonis » est tout près de l’être, avec une accroche très mémorable. Dans un monde où le vrai talent était respecté et récompensé, cette chanson serait diffusée massivement à la radio. Proserpine est, en effet, un album digne d’intérêt que vous devriez absolument découvrir tant il semble que nous n’ayons pas assez de musique de ce calibre de nos jours.

***1/2

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