Tomberlin: « I dont know who needs to hear this… « 

Parfois, en écoutant Sarah Beth Tomberlin, il est important de se rappeler qu’elle chante pour nous tous – on a souvent l’impression que ses chansons sont destinées à des sentiments ou des situations très spécifiques. Les œuvres précédentes de Sarah Beth Tomberlin, Projections et At Weddings, avaient la même capacité à être personnelles et brutes, mettant tout sur la table d’une manière magnifique et mélancolique. Cette fois-ci, sur I don’t know who needs to hear this, Tomberlin mélange un tas d’observations brutales sur la vie avec des instruments chatoyants, se faufilant presque dans notre subconscient. 

Une grande partie de I don’t know who needs to hear this est presque douloureusement difficile à entendre. « born again runner » porte un ton si profond, si vulnérable, sur fond d’instrumentaux austères. Bien qu’il soit rempli de beaux moments, ils sont profonds, la familiarité de ces sentiments est parfois un peu trop réelle. La piste se penche sur une influence country, mélangeant la pedal steel avec des harmonies à la Emmylou Harris. Tout comme son prédécesseur, « easy », les deux morceaux montrent que Tomberlin est à la limite de l’autodérision. Alors qu’elle chante « Didn’t hear from you this weekend, and I know what that means » (Je n’ai pas eu de nouvelles de toi ce week-end, et je sais ce que ça veut dire), une collection d’accords de piano dissonants signale les complications de l’amour, et de savoir ce qui va arriver.

Il y a un sentiment de solitude dans une grande partie de l’album, beaucoup de morceaux semblant avoir été écrits un jour de pluie et de morosité. « Tap » est accompagné d’un son de guitare percussif, imitant presque le bruit de la pluie frappant une fenêtre. La capacité de Tomberlin à peindre une telle image à travers la musique est à la fois inspirante et réconfortante, car elle crée un espace pour s’enfoncer dans une mer de moments cathartiques. 

La chanson « idkwntht », qui clôt l’album, ramène Tomberlin à ses racines. Il s’agit d’une berceuse détendue et minimale sur le plan instrumental. Il se concentre sur la voix et les harmonies délicates de Tomberlin, un moment simple pour réfléchir au temps écoulé entre les albums. Avec un son enfantin, on a l’impression que Tomberlin redécouvre son amour pour l’écriture de chansons et l’acte de faire de la musique. Je ne sais pas qui a besoin d’entendre que cela réalise exactement ce que Tomberlin s’est fixé comme objectif, comme elle l’a expliqué dans un communiqué de presse : « Le thème de l’album est d’examiner, de maintenir l’espace, de faire un autel pour les sentiments ». Les chansons de ce disque font que même les sentiments les plus compliqués et les plus accablants ont un endroit, un moment, pour être validés.

***1/2

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

%d blogueurs aiment cette page :