Crows: « Beware Believers »

Crows, groupe londonien de quatre musiciens, sera probablement un groupe culte d’ici la fin de l’année. Beware Believers est leur deuxième album et il nous offre un boucan grinçant, lourd de larsens, qui parvient tant bien que mal à être accrocheur. C’est un disque lugubre et oppressant qui s’inspire de la fiction dystopique, des guérisseurs, des tueurs en série et de la maladie mentale et, par moments, on a l’impression de se noyer dans l’électricité statique. Mais c’est aussi un album à l’atmosphère sinistre et étrangement hypnotique. Comme Idles avant eux, ils pratiquent un indie-punk rauque et assez sombre pour attirer les gothiques et les métalleux, et même si cela peut sembler contre-intuitif, il y a là un énorme potentiel de croisement.

S’ouvrant sur une ligne de basse déglinguée, « Closer Still » est le début d’un voyage cauchemardesque dans les coins les plus sombres de Londres. La distorsion est plus épaisse que la mélasse et on a l’impression qu’elle a été enregistrée sur du matériel qui risque de tomber en panne à tout moment, mais cela reste une introduction captivante. Crows fait penser à Unto Others se battant à coups de poing avec Clash et cela ne fait qu’augmenter au fur et à mesure que l’album avance. Leurs influences sont évidentes, mais Crows a une identité distincte qui lui est propre.

« Garden Of England » et « Only Time », par exemple, possèdent tous deux une énergie punk intense. Ce sont des petits morceaux courts, rapides et captivants, diffusés depuis une fête émeutière dans une cabane à héroïne. « Slowly Separate » arrive ensuite comme un intellectuel asocial. Il est hérissé de dédain, mais le canalise dans un refrain piquant avant que « Moderation » et « Healing » ne deviennent des Joy Division Ces dernières sont légèrement plus mesurées mais ne pourraient être plus sombres que si elles étaient jouées par de vrais corbeaux, plutôt que par un groupe portant leur nom.

Peu importe à quel point les choses sont torturées, Crows n’est jamais difficile à écouter. Ils ont réussi à faire un rock’n’roll électrisant qui aurait pu être trop facilement déprimant. Etant donné que l’une des plus grandes accroches est la ligne « I know that everything hurts » (Je sais que tout fait mal), c’est remarquable.

Tout cela met Crows en bonne position pour percer en 2022. Cet album est plein de gros refrains, de nihilisme maniaque et de paroles destinées à finir en tatouage. Et c’est sans compter que le chanteur James Cox est un point focal naturellement imposant et charismatique. C’est le genre d’album qui peut combler le fossé entre le punk, le métal, le gothique et l’indie et attirer toutes sortes de spectateurs en cours de route. Des nuages noirs s’amoncellent au-dessus de l’Angleterre et ils apportent avec eux une agitation chaotique et discordante.

***1/2

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