Low Altitudes: « Waves »

Comme la pandémie s’atténue, nous nous attendons à ce que la vague d’albums sur la pandémie s’atténue également.  Mais nous avons déjà été trompés, ce qui donne au titre Waves une double signification.  Il y a d’abord les vagues littérales : les sons du rivage recueillis par Low Altitude dans le Suffolk, le Sussex, le Kent, le Devon, Anglesey et le Yorkshire.  Ensuite, il y a les vagues de la pandémie, ainsi que les vagues correspondantes d’anxiété, de soulagement et de nouvelle trépidation.  L’artiste répond à ces vagues par ses propres vagues : des lames d’ambiance qui apaisent et réconfortent l’auditeur.

L’œuvre représente un phare, qu’il faut s’efforcer de voir : installé sur un rocher géant, stable et résolu.  Les gribouillages ~ ^^^^^ ~ sont parfois penchés et parfois debout, comme des vagues abrégées, des ailerons de requin ou des éclairs de peur.  Le papier bleu clair semble avoir été froissé et défroissé comme une idée jetée et sauvée, ou une vie endommagée et réparée.  Au-dessus de tout cela, un minuscule arc-en-ciel, symbolisant Noé, la fin de la pandémie, et une sorte de liberté et de fierté plus larges.

L’album commence sur une note joyeuse, avec des clapotis légers et des chants d’oiseaux.  La musique semble aérée et lumineuse.  Mais « Porth Wen »  ne dure que 57 secondes et cède rapidement la place à « These Are Heavy Things ». La dichotomie est établie : les choses éternelles nous attirent, y compris la tranquillité du rivage.  Mais d’autres marées s’approchent.  Les vagues de drones statiques laissent entendre que ces choses sont effectivement lourdes.  L’artiste soustrait les drones à la fin pour se concentrer sur les carillons, un changement subtil, mais crucial.

La spécificité des enregistrements de terrain fait partie de l’attrait de l’album.  À aucun moment ces vagues ne sont violentes, et les oiseaux ne s’élancent pas pour défendre leurs nids.  Le danger est dans l’humanité, pas dans la nature.  Et si la nature est bienveillante, ou du moins impassible, alors le danger immédiat est peut-être dans les esprits. Le ton de l’album suggère que l’artiste a été restauré par l’immersion dans les idées de cycle et de flux.  Même au milieu de la densité, il y a des moments de lumière, notamment dans « Iken Beach » » où l’artiste laisse les enregistrements sur le terrain rester audibles tout au long de l’album, accompagnant les mouettes de touches lumineuses.

La nature douce-amère du titre final, « Last Days of Summe », est compensée par la date de sortie.  Tout le printemps et l’été nous attendent, et nous ne pouvons qu’espérer que nous nous approchons également de la lumière d’un changement émotionnel.

***1/2

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