Heal & Harrow: « Heal & Harrow »

On ne peut qu’aimer un bon album conceptuel et Heal & Harrow en est indubitablement un. Le projet est une collaboration entre Rachel Newton et Mauren MacColl et est un hommage aux femmes qui ont été accusées dans les procès de sorcières écossaises. Explorant la mythologie, le folklore, les croyances religieuses et le surnaturel, c’est un album qui ne sera pas facile à écouter. Pensez à un folk écossais éthéré et dense et vous êtes dans le mille.

L’album alterne, en effet, entre des morceaux vocaux et instrumentaux, mais à aucun moment il ne perd son atmosphère de compacité. Chaque chanson est imprégnée d’histoire et la belle voix écossaise, la harpe et le violon ouvrent la voie. Certaines d’ailleurs, comme « Eachlair » et « Cutty Sark » voient leurs paroles ou des passages parlés tirés de textes historiques. Souvent, cela peut sembler un peu guindé, mais la prose de « Cutty Sark », par exemple, est posée sur un lit de kalimba. Des pianos bizarres et des sons trouvés apparaissent également sur l’album, comme le lancinant « Judge Not ». Cette approche multicouche de la conception sonore – fusionnant le traditionnel et le monde extérieur – enrichit l’ambiance générale. Parfois, elle nous fait penser à une narration audio en 3D. C’est subtil mais vraiment bien conçu.

Outre les magnifiques violons, guitares, harpes, voix et altos, chaque compositionn est accompagnée d’un texte et d’un site web contenant d’autres histoires sur le procès des sorcières écossaises à lire et à explorer. Mais la musique se suffit à elle-même. Les charmes celtiques d’une sombre mélodie menée par un violon dans « Isobel » sont envoûtants. Le drame cinématographique de « An Tein » » donne vie au feu et à une marche finale vers la mort. La gigue de « Da Dim », tendue mais éthérée, affichera, de son côté, une qualité inquiétante et même la luxuriante ballade traditionnelle que constitue « Figure of Clay » dévoilera une teinte plus sombre à chaque corde jouée.

Il se peut qu’il ne réponde pas aux attentes de ceux qui recherchent des gigues gaéliques abondantes, mais ce n’est pas le but de Heal & Harrow. L’album se veut une offrande austère et humble aux femmes qui ont été brûlées comme sorcières. À cet égard elle est respectueuse, endeuillée mais aussi pleine de volonté et d’esprit. Heal & Harrow a fait un album qui brasse des émotions complexes avec facilité. Trompeur comme le doit le genre auquel s’adonne notre tandem.

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