Temple Self Ritual: « Torture »

La division entre le deathrock et le rock gothique est presque imperceptible pour ceux qui n’ont pas d’expérience dans l’un ou l’autre genre, mais pour les initiés, la ligne est clairement tracée, et franchie avec beaucoup moins de fréquence qu’on pourrait le croire. Musicalement, Temple, de Portland, propose un style de deathrock qui est aussi redevable aux pourvoyeurs européens du style que ses géniteurs de la côte ouest, mais ajoute thématiquement un sens du misérabilisme qui semble beaucoup plus en accord avec le gothique traditionnel.

Accompagné d’une compile de rattrapage, le troisième LP, Self Ritual Torture, poursuit le deathrock obscur et belliqueux que le trio a mis en avant sur ses propres titres, sans ressentir le besoin de polir les choses pour leur première sortie sur Swiss Dark Knights. L’expérience du chanteur/guitariste Kalvin Kinzer en matière de crust et de crossover thrash est évidente tout au long de l’album, de la rage de « Ritual » à la tension de « Fear of The Light ». Le mixage est rude et organique, ce qui convient parfaitement à l’ambiance lugubre de l’album et à la franchise des harmoniques de guitare. La contrepartie de cet accord est qu’une partie de l’attaque de la batterie est perdue dans le mixage, avec des morceaux comme « Nausea »manquant de la propulsion que leur composition exige.

C’est dans les thématiques que Temple ajoute un peu de flair et de drame gothique rock à l’assaut deathrock. Les querelles et les griefs qui animent des morceaux comme « Shapeshifter » sont tout à fait normaux pour le deathrock, s’inspirant clairement de la tradition punk des règlements de compte sur la cire. Mais des morceaux comme « Loss » et « Far Away » tournent les choses vers l’intérieur, et ont un sens de la mélancolie et de la complainte sur les amours passées qui est assez différent de l’autodestruction maniaque du punk. Le ton mélancolique du chant constitue un contrepoint intéressant aux morceaux eux-mêmes, et Kinzer trouve un glapissement douloureux et guttural qui aurait pu convenir à n’importe quel groupe des années 90 de Strobelight ou Resurrection.

Les subtilités de ce genre d’hybridation sont du genre à passer facilement inaperçues, mais c’est dans des détails comme celui-ci que les fans de deathrock trouveront de quoi s’amuser dans Self Ritual Torture. Aussi bien menaçant que moelleux, il devrait gratter laà ou ça démange les aficionados du genre.

***1/2

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