Ann Eysermans: « For Trainspotters Only »

Chaque passage du premier album fascinant et transformateur d’Ann Eyserman, For Trainspotters Only, nous rappelle que tout son n’est qu’une vibration et que, quel que soit le timbre ou la cadence, à un certain niveau de base, ils sont liés par une affinité élémentaire. L’association de la harpe et d’enregistrements de trains par Eyserman semble contradictoire à première vue, mais dès les premières minutes de « Prelude For Four Diesel Locomotives And Harp », lorsque l’une des quatre locomotives du patrimoine mondial des trains belges met en marche son moteur, un monde inexploré s’ouvre, relié par le ronronnement grave du train et les délicats scintillements de la harpe d’Eyserman. 

Eysermans extrait une vision grandiose d’une idée granulaire logée dans les fréquences qui sous-tendent et imprègnent tout. Sur le prélude et l’événement principal de « Four Diesel Locomotives And Harp », un brouillard transformationnel enveloppe l’expression sonore dans une brume industrielle et imperméable. Les locomotives ronronnent comme des dragons rouillés aux yeux fermés, se déplaçant au feeling plutôt qu’à vue. Eysermans transforme les tons scintillants de sa harpe en une cascade dorée qui illumine l’obscurité oppressante. Ensemble, ces éléments sont révélateurs ; une dichotomie de solidarité et d’unité.

Les textures deviennent des points focaux dans les moments les plus forts et les plus calmes de For Trainspotters Only. « Little One » prend des progressions d’accords ascendantes et les presse dans un ciel nocturne étincelant. Alors qu’une mélodie de boîte à musique retentit, nous nous allongeons sur le dos, surélevés et avançant doucement le long des rails, laissant le monde s’éloigner. Lorsque le moment s’estompe et que les lumières de la ville nous appellent, un accordéon désespéré surpasse le grondement stoïque du moteur et nous débarquons, les yeux rivés sur la route. Dans la suite de la chanson titre, la voix d’Eysermans coupe à travers les rugissements désolés comme un feu d’avertissement contre le rivage. Les carillons résonnent contre les murs de béton ; les regards percussifs ressemblent à des fantômes qui tentent de s’échapper de l’autre côté, mais le monde est déjà suffisamment hanté.

For Trainspotters Only est la plus profonde des plongées dans un monde inconnu qui finit par trouver des points de contact et des connexions universels. Les compositions enchevêtrées d’Eysermans suivent des points inattendus mais enfilent des racines sonores plus profondes pour tisser de nouveaux chemins interconnectés. Il y a une romance dans tout cela, les trains, le voyage, la façon dont ces idées exploratoires sont soutenues par les plus petits sons réunis. Il y a encore de l’espoir, à condition que nous ne le manquions pas quand il sera temps de partir. For Trainspotters Only est , tout bonnement,époustouflant. 

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