Ian Wellman: « On the Darkest Day, You took My Hand and Swore It Will Be Okay »

On the Darkest Day, You took My Hand and Swore It Will Be Okay est un pur album pandémique, conçu pendant les confinements, les manifestations et les incendies de Los Angeles.  Parfois, Ian Wellman avait l’endurance nécessaire pour s’aventurer dehors, pour enregistrer alors que la cendre tombait du ciel et que des hélicoptères traversaient l’air occlus.  D’autres fois, il regardait le monde brûler sans sortir de chez lui, s’imprégnant de la laideur de la scène politique, de l’inattention à la science et à la raison, de l’insensibilité des étrangers. Une grande partie de sa colère et de sa frustration est déversée dans ces pièces, qui s’efforcent de donner un sens à tout cela.  Pourtant, il refuse de se laisser envahir par l’anxiété et la peur, et conclut par des morceaux sur l’amitié et la lumière, ainsi que par un appel à « s’accrocher les uns aux autre ».

Le prologue est révélateur : un lent drone qui se dirige vers la catastrophe, une brume montante qui devient brouillard, puis cendre, puis feu.  La métaphore musicale est évidente.  « It Crept Into Our Deepest Thoughts » est aride et glauque, reflet de la maladie insidieuse qui s’est insinuée dans nos corps et nos esprits.  Cette fois-ci, le drone sera coupé en plein milieu de la construction, comme une prise tirée ; c’est la première des deux fois que cela se produira dans le décor.  Les pales d’hélicoptères traversent l’air comme des sauterelles, précurseurs d’un autre fléau.

L’album s’installe alors dans un lent malaise.  « The Toll on Our Daily Lives » vibre comme une veillée funèbre virtuelle, du genre de celles qui étaient organisées lorsque les pompes funèbres étaient fermées au public.  Une fois de plus, le bruit blanc s’élève, et ne se relâche qu’à la toute fin.  Si les sons de la pluie et d’un coq semblent être des répits, lisez le titre : « Ash Falling on Power Lines – Sept 2020)  ».Pour ceux qui avaient déjà vécu tant de choses, cela a dû ressembler à une apocalypse, ou pire, à une série d’apocalypses.  Un vent désespéré souffle, faisant trembler les plaques de rue ; le lien avec l’Apocalypse est renforcé dans « As the Beast Swallowed Us Whole ».  La différence majeure : il ne s’agit pas d’un Satan extérieur, d’un monstre à plusieurs têtes ; la Bête, c’est nous.

« We Screamed For Help But Our Voices Were Drowned Out By The Noise of The World » est un morceau de colère.  L’implication est que tout le monde crie, mais personne n’écoute ; une grande cacophonie est créée par un mélange de publicités et d’accusations, de protestations et de réponses disproportionnées.  Pendant tout ce temps, les gens souffrent, crient, meurent, rendent leur dernier souffle.  Un drone s’élève et est à nouveau coupé, comme la voix de la dissidence.  Des amis se rassemblent, se serrent les uns contre les autres pour se réconforter.

À la toute fin, Wellman nous ramène au titre.  Il croit encore à Une lumière au bout du monde » (A Light At The End.) » Ou y croit-il réellement?  En supprimant les mots « du tunnel » » il laisse l’interprétation ouverte.  La lumière au bout peut être la lumière au bout de la vie, ou quelque chose de plus facile à atteindre.  Ses amis et sa famille lui ont dit que tout irait bien ; il ne sait pas trop quoi nous dire, mais il veut espérer, et parfois cela suffit.

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