The Circular Ruins & Mystified: « Fantastic Journey »

Il est étrange de penser que Fantastic Journey de The Circular Ruin And Mystified a été enregistré et publié pour la première fois il y a près de dix ans, avant cette nouvelle édition augmentée offerte par Cold Spring Records.

Avec un concept dérivé des classiques de la science-fiction et de la fantasy, on pourrait s’attendre à ce que Fantastic Journey soit dans la veine de certains synthétiseurs plus récents, centrés sur les années 70/80, qui pourraient rappeler la bibliothèque télévisuelle ou la musique de scène de l’époque, ou peut-être même un voyage dans les extrémités plus cosmiques de la musique électronique.

Bien qu’il y ait de vagues nuances des deux du fait de l’instrumentation responsable de ces sons, le résultat est plus hanté que hantologique, se rapprochant plus, via les drones vitreux d’un morceau comme « The World Beneath », de l’ambient (sombre) que de l’abus de Moog rétro. Ce morceau en particulier est à la fois spectral et troublant, la musique de fond d’une exploration à la torche d’un labyrinthe souterrain évoqué dans le titre.

Des enregistrements sur le terrain, des synthétiseurs cristallins et de subtiles interjections bruitistes et électroniques gonflent et descendent progressivement tout au long de l’album. L’ensemble donne une impression presque gazeuse, comme un nuage musical qui vous entraîne progressivement et vous fait passer à nouveau. « Beyond The Farthest Star » sonne comme son titre l’indique, le morceau commençant par un excellent exemple de flottement textural avant d’atteindre un plateau de tons de synthétiseurs bouillonnants, mais étrangement jolis, qui vacillent les uns autour des autres.

Chaque morceau a un flux qui suggère le mouvement, l’arc du vaisseau sous-marin de Verne, les grains à la dérive de la surface du paysage martien de Rice Burrough. La subtilité exercée par Anthony Paul Kerby (The Circular Ruins) et Thomas Park (Mystified) est magistrale. Elle sert à suggérer des images mentales à l’auditeur, plutôt qu’à l’immerger totalement, à fournir une bande sonore permettant à l’imagination de construire ses propres scénarios, auxquels Fantastic Journey apporte un complément, plutôt qu’un schéma.

En même temps, le Voyage Fantastique ne se résume pas à une simple atmosphère. Mysterious Island est peut-être le « tube », faute d’une meilleure expression, la séquence mélodique la plus accessible ici, et il n’est pas difficile de l’imaginer accompagnant un documentaire sur la nature ou les voyages. Les treize premières minutes de « Twenty Thousand Leagues « s’ouvrent sur un enregistrement de terrain presque New Age et sur des accords harmonieux et respirants. Ces deux éléments équilibrent et complètent les moments plus galactiques de l’album.

C’est une œuvre fraîche et spacieuse qui mérite une écoute attentive. Il est intéressant que l’album puisse prendre l’influence de géants de la littérature et les traduire en quelque chose de plus unique et ambigu. Loin d’être une série de traductions musicales littérales du matériel source, les interprétations laissent beaucoup de place pour vous permettre d’entamer un voyage vers des mondes de votre propre conception.

***1/2

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