Nation Of Language: « A Way Forward »

« Mais peux-tu sentir l’accélération / Sept millions de moments en un seul.» (But can you feel the quickening / Seven million moments down to one, chante Ian Devaney du groupe de « revival » synth pop Nation of Language sur leur dernier album, A Way Forward. C’est une bonne description de l’art d’écrire des chansons, surtout pour ce groupe de Brooklyn qui plonge dans les profondeurs de l’émotion, et extrait de la vie et des expériences passées son jus le plus doux et le plus douloureux sur chacune de ses chansons. Il s’agit de leur deuxième album, après Introduction, Presence, qui a été acclamé par la critique, une « introduction » appropriée et une « présence » si puissante, qu’elle a donné lieu à des concerts à guichets fermés dans toute l’Amérique, notamment au Governor’s Ball et à KEXP.

Les membres du combo sont de fervents étudiants du Krautrock et de la musique électronique des années 80, mais ont regardé encore plus loin dans le passé, jusqu’à la genèse de la musique électronique dans les années 70 pour cet album. Ils ont, disent-ils, cherché à retracer plus profondément les racines de leur son, en espérant apprendre quelque chose de leurs premières influences en expérimentant la manière dont elles pourraient être réinterprétées dans notre contexte moderne – en regardant plus loin en arrière et, ce faisant, pour trouver une voie vers l’avant. Regarder plus loin en arrière pour trouver une voie vers l’avant est ainsi leur modus operandi, non seulement dans leur son retour de flamme/tirage vers l’avant mais aussi dans le contenu de leurs paroles très introspectives et nostalgiques.

« Est-ce que je pourrai jamais dépasser les blessures de l’amour ? / Non » (Can I ever get past the wounds of love? / No). Voici une mélancolie et une ardeur dignes d’un disque de Joy Division, avec un juste clin d’œil sonore à ces pionniers de la synth-pop. « Penses-tu que je pourrais simuler / Ma vie, mais en mieux / Dans cet esprit fracturé » (D’you think that I could simulate / My life, but done a better way / In this fractured mind ). « Mon ancien moi dit que je pourrais être quelqu’un » (My former self says I could be someone). Comme beaucoup d’entre nous le font avec la musique, on a l’impression que Devaney et son équipe ont trouvé leur identité émotionnelle dans les groupes du passé et qu’ils essaient de recréer/recapturer ce sentiment dans leurs morceaux, et ils font un travail remarquable en imitant et en révolutionnant le meilleur de la musique électronique des années 80.

Avec des synthés pulsés, des basses mélodiques et la voix évocatrice et résonnante de Devaney, ils créent de petits mondes sonores de nostalgie et d’art. Depuis les premières notes frénétiques de synthétiseur de la chanson d’ouverture « In Manhattan », jusqu’aux nappes de cordes et aux pistes robotiques aventureuses qui remplissent la dernière et la plus pleine d’espoir piste de l’album, « They’re Beckoning », ils expérimentent le son dans la palette de couleurs familières de la synth-pop. C’est comme si on ouvrait une capsule temporelle en écoutant ce disque, à la fois de la vie passée de Devaney, sur ce qui semble être une exposition complète, et de la genèse de la musique moderne. « Envie pour quelque chose que vous pourriez sauver / Un mot et un geste de la main » (Aching for something you could save / A word and a wave), chantent-ils sur la chanson du même titre. Nation of Language réussit, une fois de plus, à offrir un disque de new wave qui fait vibrer par sa profondeur émotionnelle et sa quête sonore.

***1/2

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