Knowledge Through Suffering: « Concealment »

Concealment de Knowledge Through Suffering offre une exécution pénétrante de son extrême distordu, combinant des éléments de blackened death et de doom metal avec un récit épique fortement structuré de manière dissonante.

Dernier né du catalogue de sons extrêmes et expérimentaux du label italien Brucia Records, Concealment met en lumière la férocité brutale et grandiose de la musique de Knowledge Through Suffering. Le groupe représente une combinaison féroce de certains des sons les plus intenses et les plus extrêmes, des atmosphères épiques influencées par le black metal au death metal percutant inspiré des années 90 qui est utilisé dans le cadre d’une aura sombre de doom metal. De plus, avec seulement trois titres pour faire leurs preuves, Knowledge Through Suffering offre une dissonance incroyable et une brutalité injustifiée.

La chanson d’ouverture de ce disque porte le nom le plus épique qui soit, « God Alone Was Exalted That Day ». Tout d’abord, les thèmes des paroles se démarquent massivement sur ce morceau, dans lequel il semble y avoir une sorte de récit épique et biblique avec un sous-entendu apocalyptique, véhiculé par les lignes « la terre était déserte et vide, avec des ténèbres, sur la face de l’abîme et le vent de Dieu planant sur la face des eaux, tout a été détruit en douze heures, comme Dieu dit qu’elle était déserte et vide » (the earth was waste and empty, with darkness, over the face of the abyss and the wind of God hovering over the face of the waters, all was destroyed in twelve hours, as God says it was waste and empty).En outre, ce texte semble confronter la colère de Dieu à la désapprobation et à la détestation de la création de la Terre, ou, comme il est dit plus loin, « des mots saints à travers des sons impies, un langage sacré exprimé par une musique épaisse et suffocante, mais en même temps atmosphériquement enveloppante » (holy words through unholy sounds, a sacred language expressed through music that is thick and suffocating and yet at the same time atmospherically enveloping).

La musique vise donc à accompagner cette déception nihiliste et misanthrope de la nature bibliquement apocalyptique des paroles. Le carnage pur se déchaîne à travers ces riffs violents et conflictuels qui évoquent la peur et sculptent une atmosphère impitoyable. La complexité de la batterie est également perceptible et contribue à cette atrocité sonore pure, en augmentant la vitesse et en libérant des breaks denses et durs. Le chant, quant à lui, adopte cette qualité épique comme s’il s’agissait de raconter ce décor impie par le biais de grognements graves et perçants et de cris de prêcheurs à la limite du sous-homme.

« Let the Earth Sprout » est le titre suivant et il vous frappe au visage avec une force brute grâce à des riffs de guitare lents et groovy et à des grognements de mort qui englobent le mal. La batterie entreprend également de nombreuses progressions, passant de sections de blast-beat féroces à des rythmes d-beat étonnamment bien incorporés qui accompagnent les échanges vocaux vicieux. Pendant que les voix expérimentent ces cris maléfiques et pratiquement inhumains, la guitare et la basse explorent des atmosphères tendues qui agissent comme un clin d’œil subtil à un black metal Emperor-esque. De plus, alors que la section instrumentale se profile, les riffs denses et l’interprétation effrayante des guitares construisent l’image vivante d’un monde déchu envahi par le carnage humain et l’apathie nihiliste.

Enfin, « Of Flesh » complète ce disque de manière profondément troublante et agressive. On peut presque ressentir une sensation de froid dans les vocaux qui tentent de s’enfoncer dans la peau de l’auditeur et de griffer ses os. Les grognements de la mort ne font qu’accroître la lourdeur en évoquant des tendances violentes et sinistres. La profondeur et l’interaction avec les tempos est un autre point fort de cet album, créant un échange hypnotique entre des sections death metal rapides et menaçantes et ces riffs épiques de doom noirci qui explosent avec tant de puissance et de force. Les sections vocales ressemblant à des prédicateurs reviennent également dans les périodes de doom metal épique du morceau, ajoutant une fois de plus au récit biblique du disque, mais elles semblent avoir apporté plus de colère et de grandeur alors que le courant sous-jacent de black metal prévaut toujours, comme pour confronter le va-et-vient entre les sons et les thèmes lyriques saints et impies.

Si Concealment semble être la direction prise par Knowledge Through Suffering, alors Brucia Records a un joyau de groupe dans ses cartes. Cet opus confronte la nature impitoyable et nihiliste de notre monde à travers des riffs percutants, imprégnés de mort, une narration apocalyptique biblique bien structurée et une expérimentation profondément construite entre divers sous-genres du métal extrême tels que le death metal des années 90, le black metal progressif et le doom metal épique sans compromis. Il est clair que personne n’est à l’abri une fois qu’il a fait l’expérience de la brutalité et de la férocité de Concealment, et Knowledge Through Suffering ne montre aucun signe de vouloir s’arrêter là.

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