Luke Stewart & Jarvis Earnshaw Quartet: « Luke Stewart & Jarvis Earnshaw Quartet »

Peu d’artistes ont occupé une place aussi centrale dans nos écoutes ces dernières années que Luke Stewart. Son travail est en mouvement constant, car il trace une voie singulière, explorant une palette sonore toujours plus étendue. Cela dit, certains de ses travaux les plus intéressants ont été réalisés au sein d’ensembles, qu’il s’agisse de l’album Exposure Quinet paru l’an dernier sur Astral Spirits, de Irreversible Entanglements ou de cet intriguant quartet dirigé par le sitariste Jarvis Earnshaw, avec Ryan Sawyer à la batterie et Devin Waldman au saxophone alto.

En six morceaux, le groupe s’aventure dans de nombreuses zones différentes. Mettant les auditeurs au défi de rester engagés, se concentrant sur la nature spectrale de l’endroit où le chaos et le réconfort se rencontrent, il y a beaucoup d’espace pour voler ici. Le sentiment d’exploration présent tout au long de la session est une carotte cosmique brillante brandie vers l’horizon, invitant quiconque se trouve à portée d’oreille à lacer ses chaussures et à chercher sans se retourner lorsque les pluies violentes arrivent.

Les courses fantaisistes de Waldman sont soutenues par la résonance effervescente du sitar sur « Kenopsia », la basse de Stewart poussant toujours la musique à aller de l’avant. Cette interaction est soutenue par Sawyer, qui peut jouer n’importe quoi, n’importe quand, n’importe où, laissant Stewart danser sous les feux de la rampe quand le moment l’exige ou mettant le sitar au premier plan. C’est revigorant, purifiant.

La cohésion est toujours essentielle, mais ce quatuor vit dans cet espace rare où le fait de s’écarter un peu ici et là fait avancer les morceaux, élargissant les possibilités sonores. « Red Hook Blues Got Me Smiling » est peut-être discret, mais il chante avec une énergie astrale. La qualité tonale de la sitar d’Earnshaw ajoute quelque chose de si unique, de si spirituel à la session qu’il est pratiquement impossible de ne pas être absorbé. Sawyer et Stewart sont solides comme le roc, créant ces énormes masses sonores qui se déplacent lentement et qui seraient impénétrables si le saxophone de Waldman ne dessinait pas des formes sonores complexes. 

Il y a beaucoup à aimer dans les réconforts cathartiques de ces six pièces. Stewart et Earnshaw sont des fils conducteurs en quête, et tout s’achève de manière frontale avec « Where I Go, I Am There ». Sawyer met en place des grooves rapides et entêtants, lançant des fills en forme de poignards à chaque occasion, posant une vague vertueuse pour les trois autres. Les lignes de basse de Stewart sont contemplatives et touchantes, ouvrant une voie à Earnshaw et Waldman pour chercher, non pas tant des réponses, mais les bonnes questions. Les angles s’ouvrent, obtus et spacieux, où chacun peut respirer avant de plonger la tête la première dans la tempête qui s’annonce.

***1/2

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