Mariana Semkina: « Disillusioned »

Cela fait un an que Mariana Semkina, de Iamthemorning (duo de rock progressif / pop de chambre russe), a sorti son premier album solo Sleepwalking sur le label Kscope, ainsi que l’EP autoédité du duo qu’elle forme intitulé Counting the Ghosts. Nous pouvons imaginer dès maintenant qu’ils travaillent sur une suite à The Bell.Entretemps, Semkina sort ici son nouvel EP intitulé Disillusioned.

Comprenant trois chansons originales et deux reprises chantées en islandais et en hongrois, les voix de Mariana remplissent les salles de la cathédrale pour apporter un aperçu chaleureux et éclairé par le soleil d’un chœur éternel d’apporter la joie et le bonheur à travers la pandémie. Inspiré de l’époque victorienne des poètes enragés de William Rossetti, Elizabeth Siddal et Christina Rossetti, Disillusioned est comme une extension de l’histoire des personnages principaux du joyau conceptuel opératique de Iamthemorning, Lighthouse.

Enregistré à distance au Canada, en Russie et au Royaume-Uni, Semkina est une véritable conteuse du début à la fin. Ainsi, avec son introduction inquiétante, « Friend » comporte ces séquences ambiantes de Grigoriy Losenkov qui canalisent l’époque Irrlicht de Klaus Schulze.

Avec ces sons orchestraux d’orgue, on a l’impression de recevoir une lettre perdue d’un ami que l’on aurait reçue bien des années plus tard. Et pour elle, on peut presque l’imaginer en train de lire la note perdue. Nous avons cette vision d’elle repoussant ses larmes grâce aux textures acoustiques tièdes et apaisantes de Vlad Avy et aux sections de cordes intenses qui ajoutent de l’huile sur le feu.

La composition de Bela Bartok, « Ne hagyl itt ! », qui se traduit par « Ne me laisse pas seule ! », arbore une mise en scène lyrique dans une atmosphère de deuil, avec des voix à double sens pour Mariana qui dit au revoir à ses proches, tandis que la chanson-titre est un coup de chapeau à l’époque d’Insurgentes de Steven Wilson et de Lateralus de Tool. Mais c’est la berceuse fantastique de la poésie de Jóhannes úr Kötlum, «  Land Míns Föður (My Father’s Land) », qui est un appel de la mer.

Semkina se tient sur les montagnes et chante dans le style de « I Came Before the Water » pendant un orage violent, avec ses doux arrangements, alors que le rideau se baisse pour la composition finale de « An End ». Nous voyons Avy canaliser les textures de David Gilmour et son organisation de chambre futuriste sont des passages du temps pour voir où le 22ème siècle se dirigera ensuite.

Il s’agit d’aller de l’avant sans jamais regarder en arrière, alors que la dernière moitié du morceau se dirige vers une porte ouverte, sans savoir ce qu’il y a au-delà de la lumière au bout du tunnel. Disillusioned est son film imaginatif de qui prendrait vie sur le grand écran.

Comme c’est le cas sur cet EP, on a toujours imaginé ces chansons et ces poèmes sous la forme de courts métrages d’animation qui dépassent le cadre de Disney et abordent des sujets tels que la perte de l’innocence et la façon dont nous pouvons faire face à la perte d’un être cher. Pour Semkina, les histoires ne font, en tout cas, que commencer.

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