Smoke & Tea: « Oceans On Mars »

Le son de Smoke & Tea peut présenter une surface douce, ces formes sont maintenues en place par une arête vive. Le duo Bernard Farley et Patrick Blinkhorn provoque une prise de conscience émotionnelle avec des intonations lourdes qui tranchent dans l’éther chatoyant. Oceans On Mars est d’une portée cinématographique, mais il est teinté d’une vulnérabilité qui met les nerfs à vif. Dans ces moments austères, cependant, se trouve une beauté tranquille qui s’étend au-delà du cosmos et jusqu’aux confins du temps.

La chanson titre est coincée dans une boucle temporelle, avec des houles de synthé résonnantes qui roulent dans des vallées de gris. Des chuchotements désincarnés soufflent à travers l’électricité statique tandis que des souvenirs éphémères défilent, toujours hors de vue et hors d’atteinte. Avec l’impression que le moment est passé, des notes aiguës pleuvent sur des champs en dents de scie sécurisés pour nous rappeler de continuer à chercher la cible. Des appareils électroniques minimaux parsèment l’horizon, de petits points lumineux renfermant un million de mondes différents où pourraient vivre des réponses.

Un éclat cristallisé s’étend sur la surface de « Blueshift », ces souvenirs enfouis désormais submergés et enfermés dans la glace. Des conjectures sonores ascendantes retenues par une ligne de basse immersive orchestrent le dégel tonal. La voix de Farley est la hache, brillante et lisse, qui ouvre la surface avec des gestes vocaux mobiles qui laissent s’écouler le sang longtemps enfoui. C’est envoûtant. Sa voix enveloppe complètement l’espace vide, les synthés glacés devenant une flaque sonore. Les batailles durement gagnées contre la tourmente intérieure sont exprimées dans des tons amples, mais les cicatrices transparaissent toujours.

Avant de sombrer dans l’oubli, Smoke & Tea tend une main secourable. L’épopée de 43 minutes « Kauai »ouvre un portail, une chance de s’échapper dans des champs célestes où rien ne fait mal et où tout est doré. Il avance prudemment, les tons se déplaçant doucement comme des mers colorées de pierres précieuses, une reconnaissance du bord dentelé en dessous. « Kauai » est un monde en soi, qui englobe tous les éléments d’Oceans On Mars dans une sorte de transcendance escherienne où tout est chamboulé et où on ressent cette musique au plus profond de nos os.

***1/2

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