Megan Alice Clune: « If You Do »

If You Do de Megan Alice Clune est une œuvre d’extase contenue. S’inspirant de son intérêt pour les traditions minimalistes étendues, en particulier les explorations des accords variables que l’on retrouve dans les œuvres en orbite autour des personnes impliquées dans le Theatre Of Eternal Music, Clune conçoit un disque d’approfondissement constant. Chaque pièce se déploie dans la suivante, et tout en existant individuellement, elles fonctionnent également comme une masse sonore collectée. If You Do est un flux constant, presque un flux de conscience, de voix, de drones, de claviers et d’électronique.

Pour Megan Alice Clune la genèse de son opus est liéeà son rêve d’écrire un opéra. Incapable d’écrire beaucoup de musique elle est revenue de trois mois à Tokyo où cet album a été initialement conçu. Cela a été pour elle d’observerla plus longue pause créative connue au cours des cinq dernières années. Lles petites mélodies qu’elle avait chantées dans son micro tard dans la nuit, en silence pour que mes voisins ne les entendent pas, ont pris une plus grande ampleur, qui semblait faire écho à l’ampleur engendrée par 2020. Le confinement à la maison, les événements épiques qui se déroulent à l’extérieur

Sa petite voix timide filtrait à travers une myriade de technologies ; amplifiée, déformée, compressée, égalisée., acélérée, ralentie par l’arrivée de on Wi-Fi. If You Do est alors devenu un album pour voix solo et un ensemble de technologies, un album sur la contorsion du corps (voix) à travers le temps (rythme, pulsation), la répétition et la forme. L’œuvre est nostalgique des futurs passés : souhaitant l’optimisme technologique de la fin des années 70 et du début des années 80, de Timothy Leary croyant que l’ordinateur offrirait une libération aux masses. Un temps avant le Big Tech, le Big Data. C’est un disque fait seul, rêvant d’une interaction sans intermédiaire avec un public qui n’arrivera peut-être jamais…. De retour à Tokyo,elle a demandé comment nous en étions arrivés là et elle a réfléchi à la place de sa musique dans ce contexte. Elle a ainsi rassemblé chacun des noms de morceaux à partir de son environnement – des choses lues, entendues ou ramassées à la fois au Japon (le titre If You Do vient d’un collier trouvé au marché aux puces de l’hippodrome d’Ohi) et, plus tard, à la maison, en ligne. En tant que tel, l’album occupe un espace amorphe. Dans le genre de la musique ambiante, mais tout juste. Il crée un espace qui est encore fortement médiatisé, mais qui espère se situer et communiquer directement. Coincée dans une boucle d’écho,et cherchant des signes pour continuer à écrire If You Do évoqera au final Big Science de Laurie Anderson, Subterraneans de David Bowie ou Born Slippy d’Underworld.

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