Mark Tester: « Oblivion Rhythms Revisited »

Mark Tester est devenu l’un de ces artistes dont on se fait toujours un devoir de découvrir les nouvelles œuvres. Que ce soit en solo, dans ses fantastiques enregistrements en duo avec Landon Caldwell, ou dans ses contributions à l’inimitable Crazy Doberman, Tester est une force inclassable. Il peut tout faire (jetez un coup d’œil à cette excellente compilation que lui et Caldwell ont réalisée, par exemple) et il ne cesse de me surprendre. 

Pour son dernier projet solo sur le toujours très brillant label Moon Glyph, Tester siphonne des mélodies bouillonnantes et des formes de nuages auditifs à partir de galaxies tourbillonnantes figées dans le temps. Dans ces miniatures sonores, des avenues vertigineuses naissent des cendres, des matrices de néon se dissolvent dans les flammes et des civilisations entières semblent émerger d’un brouillard nostalgique avant de se fondre en flaques métalliques. L’exigence contemplative se déplace langoureusement dans les couloirs tortueux de « Liquid Dance Memory Fade Into Mist ». Des lignes de basse sinueuses s’entrelacent avec des hi-hats à la vitesse de la lumière, roulant confortablement sur des pads infusés de cordes comme des échos s’éloignant en spirale dans le lointain. C’est à mille lieues du plaisir casanier de « At Home in Limestone », où les arpèges répétitifs brillent comme une couche de peinture fraîche et où les pistes fantaisistes réchauffent la cuisine pour une soirée. Il y a quelque chose d’étrangement sain dans le monde qui se trouve à l’intérieur de cette chanson et je reviens toujours à son regard opulent.

Ailleurs, des pièges à vitesse futuristes sont franchis lorsque « Subconscious Destinations » décolle, le rythme stochastique de Tester tenant les flics à distance tout en zoomant à travers des labyrinthes lumineux et des royaumes végétaux fluorescents. « Land on Sea » est court, mais particulièrement doux ; un moment privé entre deux amoureux dans des espaces publics, des accords de piano solitaires vacillant juste hors de portée. La conclusion de l’album, « Temporary Parting Wave », ressemble plus à un bonjour joyeux qu’à un adieu, mais ce sens de l’humour et ce sentiment d’aller toujours de l’avant sont deux des plus grandes forces d’Oblivion Rhythm Revisited

Le zoner de neuf minutes, « The Invisible Band », est à l’aise dans le calme du matin. Le lever du soleil est un kaléidoscope lent d’orange, de violet et de vert sur une vue extraterrestre imaginaire, évoquant une vie dans les rêves, obscurcissant la réalité réelle de ce moment. Tout ici se déplace à la vitesse d’un escargot, mais nous avons envie de faire la course, de sentir le vent souffler sur notre peau. Tester canalise l’oubli de manière à ce que la beauté se décompose, mais c’est dans la décomposition que nous nous sentons chez nous. C’est sans fin et c’est là, dehors, à attendre. Oblivion Rhythm Revisited est un endroit où nous pouvons aussi bien rester pour toujours que le quitter. 

***1/2

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