Open to the Sea: « Watering A Paper Flower »

Open to the Sea est composé d’Enrico Coniglio et Matteo Uggeri. Enregistré à Venise et à Milan, Watering A Paper Flower fait jaillir la lumière dans l’obscurité. La nostalgie est une force puissante qui tire sur le cœur, quel que soit l’âge. Elle peut encore être ressentie aujourd’hui, elle est toujours pertinente et réelle, elle s’étend et influence les actions et les décisions actuelles. Elle s’infiltre dans le passé et y pénètre, comme s’il s’agissait d’un soleil retardé.

Les reliques peuvent encore être précieuses et pertinentes pour la vie moderne. Elles nous apprennent beaucoup sur qui nous sommes et d’où nous venons. Elles ne doivent pas être mises de côté ; ce sont des documents importants, qui détaillent des étapes essentielles du voyage. Sans ces moments, nous ne serions pas ce que nous sommes aujourd’hui ; un seul événement peut influencer et façonner le reste du chemin. Il en va de même pour Watering A Paper Flower, dont une note l’entraîne sur mille pas, et dont le voyage découle de ce moment singulier.

Même dans les heures les plus sombres, nous pouvons nous remémorer des moments meilleurs et y trouver du réconfort ou un semblant de consolation. Le passé est toujours présent, et comme une distillation de lumière, il s’infiltre dans le récit d’aujourd’hui. De même que la lumière s’infiltre dans les coins construits à partir d’ombres plus sombres, rendant visible le dissimulé lorsque les orbites s’alignent, de même les souvenirs peuvent refaire surface et illuminer l’esprit, lorsque le soleil éclaire les yeux et le sourire, plutôt que la pièce.

Le piano et le violoncelle sont vieux, ils ont besoin d’eau et de nourriture. Un air général de malaise s’infiltre dans la musique. Coniglio et Uggeri prennent soin d’arroser leur fleur de papier, même si, à première vue, elle semble ne pas en avoir besoin – elle semble être une création artificielle – mais, d’une manière ou d’une autre, elle risque de se flétrir, tant au niveau de son âme que de son apparence physique, le papier se plissant progressivement aux coins tandis que le temps lui inflige une mort lente.

Bien que rustique, la musique est capable de tisser lentement des lignes fines et des motifs glissants, comme si les muscles n’étaient pas encore complètement raides. Ses notes restent coincées dans un royaume englouti, mais parfois elles s’élèvent vers des sommets mélodiques, comme sur « It Comes, Ineluctable ». Piano, orgue, Yamaha TX7, enregistrements de terrain, batterie, trompette, violoncelle, bourdons et échantillons s’infiltrent dans le disque, les notes les plus brillantes versant des lueurs de lumière dans un puits de ténèbres.

Masterisé par Ian Hawgood et avec une pochette fournie par Daniel Crossley / Craig Tattersall, dans laquelle des impressions anciennes et vintage sont utilisées, avec des taches de rousseur et des fuites de lumière couvrant l’image imparfaite, comme des lignes plissant la peau vieillissante, la musique est toujours capable de rappeler des images du passé, la plaçant dans une sorte de sanctuaire, et elle est toujours capable de transmettre la luminosité.

***1/2

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