Joanna Mattrey: « Dirge »

Il y a un passage dans « Tryst », le premier morceau de Dirge, où Joanna Mattrey se libère d’une boucle hypnotique en étirant les notes de son violon Stroh dans le ciel nocturne. Dérivant paresseusement, tenant le grain des cordes en admiration, tournant en boucle sans but dans l’air comme une graine de samara prise dans un invité du vent, Mattrey finit par revenir sur terre. « Tryst », aussi mémorable et satisfaisant qu’il soit, n’offre qu’un avant-goût de ce qui est à venir.

Le premier solo de Mattrey pour alto, Veiled, a montré une concentration et une intensité tactiles. Elle extrait les sons de l’air comme s’ils étaient tirés d’un autre temps. Ce spectacle est encore plus éclatant sur Dirge. Des titres comme « Kamiza » et « En Caul » coulent avec une énergie classique, comme si Mattrey avait communié avec les parchemins désintégrés pour faire passer un message ancien dans le temps. La dernière combine des étendues calmes d’espace méthodiquement arquées avec des éclats de lumière, une catharsis construite dans les accalmies pour se propager sans avertissement. « Kamiza » est spacieux, son énergie imprègne ses boucles sonores lentes et pensives. Comme le morceau qui suit, « Heart Murmur », une urgence descend dans les fissures, maintenant des liens douloureux et empêchant cette musique de nous déchirer.

Le jeu de Mattrey a une puissance dure et cette approche se prête à la teinte métallique du violon de Stroh. Les cris hurlent comme une tempête alors que « Heart Murmur » continue de s’étendre, en spirale, sans s’arrêter. C’est un train de marchandises auditif. Des hurlements frénétiques transpercent toutes les zones de confort restantes que Dirge n’a pas encore déchiquetées, Mattrey devenant une supernova crachant des cascades émotionnelles sur tout. C’est un rituel de purification étrangement beau. 

Dirge bourdonne de vie et le violon de Stroh est un conduit sublime pour Mattrey et son arsenal de techniques pour sculpter une série de couplets lustrés interconnectés. Les plumes sur « Last Dance » agissent comme des griffes qui sortent du sol, une dissonance grattée qui n’est pas prête pour son dernier souffle. C’est une musique qui veut exister dans la permanence de l’essence du monde. De minuscules détails gravent chacune de ces pièces d’histoires personnelles et de subtilités qui ont toujours été et seront toujours présentes. Joanna Mattrey est en train de devenir une force de la nature.

***1/2

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