The Shadracks: « From Human Like Forms »

Les noms de groupes intrigants sont rares, mais les Britanniques font mieux. Si vous n’avez pas entendu parler de The Shadracks, assurez-vous de réparer cette erreur. Shadrack est un nom d’origine babylonienne qui signifie littéralement « Commandement d’Aku », le Dieu Lune. Shadrack était l’un des trois captifs hébreux qui furent jetés dans une fournaise ardente et en sortirent indemnes. Punk comme l’enfer ! Quel nom parfaitement approprié pour un groupe qui porte ses influences primitives comme une couronne et ne tourne pas autour du pot.

Ce trio possède une chimie électrisante et des voix puissantes portées par son charismatique frontman et guitariste Huddie Shadrack. Sa voix peut vous rappeler celle de l’artiste prolifique Billy Childish, son père, qui a également produit leur dernier album From Human Like Forms. Par moments, sa gamme vocale polyvalente présente aussi quelques bizarreries à la Eddie Argos (Art Brut). La section rythmique est tout aussi compétente avec l’extraordinaire batteuse Elisa Abednego et le bassiste impérial Rhys Webb, mieux connu comme membre de The Horrors. 

Originaires du Kent, The Shadracks élaborent des hymnes acérés qui jettent un regard sec sur les relations humaines, dans la lignée du groupe de Birmingham des années 80, The Au Pairs. Y a-t-il quelque chose de plus récurrent dans la musique rock ‘n’ roll que de désirer quelque chose ou quelqu’un que l’on ne peut avoir ? C’est la pierre angulaire du matériel du groupe, résumée dans leur chanson « You Can’t Lose » ». Il s’agit de vouloir quelque chose que l’on ne peut pas avoir, de courir après l’inaccessible et de se retrouver à la merci de ses poursuites.

Rempli à ras bord d’énergie brute, d’assurance sans effort et d’un style intemporel, From Human Like Forms vous garde comme un chat sur un toit d’étain chaud tout au long de ses quatorze paysages d’humeur. Huddie utilise pleinement sa voix comme un instrument pour compléter ses paroles aiguës et sans complaisance. Les chœurs dégagent une aura plus candide qui résonne chez l’auditeur. Les chansons franches et féroces peuvent être suivies de chansons plus douces et sentimentales comme « You Like It Then », sans que cela ne semble incongru.

Dans leurs atmosphères les plus sinistres, The Shadracks peuvent également rappeler The Fall dans l’époque de This Nation’s Saving Grace, comme sur le brumeux et sinistre « Delicate Touch », l’un des sommets de cet album. Ils sont capables d’évoquer l’ambiance glaciale de la Grande-Bretagne des années 80 tout en s’appropriant intelligemment leur son.

À une époque où la musique se prend trop au sérieux et dans un océan de groupes sosies, quoi de plus valorisant qu’un groupe qui nous ramène aux valeurs fondamentales et à l’essence du rock ‘n’ roll brut et effronté ?

***1/2

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