Anushka Chkheidze, Eto Gelashvili, Hayk Karoyi, Lillevan, Robert Lippok: « Glacier Music II »

Glacier Music II est la rare suite d’un premier opus et elle mérite d’être découverte.  Cinq ans après son prédécesseur, l’album continue de suivre les effets du changement climatique sur l’une des ressources les plus précieuses de la planète.  Un livret d’information accompagne le disque et fournit des informations précieuses (ainsi que des photographies étonnantes) à ceux qui s’intéressent à cette question cruciale.

Glacier Music I a commencé par l’enregistrement de la fonte des glaciers à Tujuksu, puis s’est étendu à un projet audiovisuel.  Lillevan est le directeur du projet, responsable des projections qui donnent aux concerts un impact supplémentaire.  Pour ce nouveau chapitre, le Goethe-Institut a recueilli des enregistrements sonores sur un glacier du Kazakhstan, qui n’a déjà plus qu’un tiers de sa taille mesurée à l’origine.  Les possibilités d’intervention se réduisent à une vitesse alarmante.  Mais tous les sons ne sont pas si lointains : Robert Lippok apporte les sons de la neige enregistrés par la fenêtre d’une voiture et des branches ramassées sur le sol.  L’astuce consiste à faire le lien entre le lointain et le proche.  Comme l’écrit Eto Gelashvili, « nous devons réaliser que si nous continuons à vivre ainsi, la beauté de la nature peut se transformer en quelque chose de très dangereux et de moins beau. »  À part Anushka Chkheidze et Hayk Kiroyi, ces artistes font un album qui vaut la peine d’être écouté afin d’attirer l’attention sur des informations qui valent encore plus la peine d’être écoutées.

La variété des sons est un attrait principal, de l’enregistrement sur le terrain à la musique en passant par la chanson folklorique.  Le premier son est de l’eau qui coule, introduisant « m3⁄s », qui fait référence au débit d’un glacier.  La musique est tendre, douce et grave. «  Infinite » envoie les cuivres vers les étoiles, mais fait référence à « une infinité en nous-mêmes » », et se tourne bientôt vers l’intérieur avec des tons de piano et de clavier réfléchis.  Puis les douces tonalités chantées de la berceuse écossaise « Sleeping glacier », projetant une pure sérénité.  Le collectif ne perd jamais de vue l’attrait esthétique du glacier ainsi que son importance environnementale.  Mais au-dessus de ces douces tonalités se cache une menace omniprésente, véhiculée par le grésil de « Ais » et les gouttes de « Numbers Drop », accompagnés d’un compte réel.  Il est possible de compter les gouttes d’un glacier qui fond, mais ces gouttes ne sont pas infinies ; une fois que les glaciers auront disparu, nous disparaîtrons probablement aussi.

Mais cela ne doit pas forcément se terminer ainsi.  Les efforts de Lillevan, de Lippok et d’un grand nombre de personnes partageant les mêmes idées sont la preuve que de nombreuses personnes se soucient suffisamment de cette question pour y investir leur vie.  Si le disque incite d’autres personnes à tourner leur regard vers les glaciers, nous pourrons peut-être encore préserver cette beauté ~ et cette stabilité ~ pour les générations futures.

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