James Welburn: « Sleeper In The Void »

James Welburn évoque certainement un sens de l’épique avec ce nouvel album, Sleeper In The Void. Le plaisir réactif qu’est « Raze » brûle rituellement dans votre esprit comme un fantôme agité, puis est plongé dans un bain corrosif de bruit granuleux, se tordant à la manière de Soliloquy For Lilith sur des paraboles de basse et des scintillements de recul percussif jusqu’à ce que le drame prenne des couleurs divergentes et un mirage serpentin.

Une atmosphère magistrale, le magnifique frottement de « Falling From Time » reprend, tout en prisme et en pivotement, sa techno agrafée mâchée dans une bouilloire tendue et une caisse de résonance en forme de balle, alors que des cinématiques scintillantes s’y faufilent. Là où d’autres plongeraient dans une tempête de neige d’un abandon distordu, ici vous êtes traité avec des vues sculptées qui se fondent dramatiquement dans l’oreille, ajoutant de nouvelles perspectives sur le déroulement.

L‘oasis sombre de frettes et de cloches d’église sur le morceau titre suinte une sensibilité doomique qui n’a pas de place pour le cliché, et qui est soudainement percutée par de très belles percussions lugubres qui brillent par leur physicalité transpirante (grâce au batteur suédois Tomas Järmyr). Des scènes qui s’agitent, se vautrent dans une opacité croissante, puis sont déchirées par Icare, laissées à elles-mêmes pour manger harmonieusement leur miroir.

Ce sont des textures que l’on peut goûter, absorber – ces guitares tronçonnées qui accompagnent les croissants vocaux de Juliana Venter sur « In And Out Of Blue » sont de véritables montagnes russes de prouesses de production, attentives et vacillantes, serpentant la structure avec des accents excitants. Un gambit qui injecte dynamiquement le bourdon lugubre du morceau suivant, « Parallel », dans un contraste saisissant, alors que le bourdon distendu de la trompette de Hilde Marie Holsen se morigène en fractures en forme de sabre et en crevasses murmurantes, une ouverture frottée d’aubépine qui s’enfonce dans votre tête et scintille comme une hallucination léchée par la chaleur.

Ce qui laisse le shuffle techno pourri du dernier morceau pour fournir une épitaphe satisfaisante, fouetté par une rançon dans des métallisations éclaboussantes et des balayages arrière électrocutés, alors qu’une ballade tordue d’un seul mot éclabousse, engorgée d’abstractions vocales. Sleeper In The Void est un voyage audacieux et aventureux qui aboutit à un oubli béat.

***1/2

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