GosT: « Rites of Love and Reverence »

GosT est, depuis 2013, le véhicule du producteur et chanteur James Lollar. La musique de GosT, qui s’inscrit dans la catégorie synthwave, s’inspire en fait de nombreux domaines, dont le post-punk, l’industriel et le black metal. Lollar a d’ailleurs régulièrement partagé la scène avec des groupes de métal comme Pig Destroyer, The Black Dahlia Murder et Mayhem, ainsi qu’avec des groupes de synthwave comme Perturbator et Carpenter Brut.

Rites of Love and Reverence est le sixième album de GosT, et Lollar le décrit comme « l’aboutissement de tout ce que j’ai appris au cours des huit dernières années environ où j’ai fait de la musique électronique ». I s’agit plus d’un raffinement que d’une réinvention, et il affirme y avoir trouvé « toute sa confiance, tant sur le plan sonore que vocal ».

La musique rassemble ici des éléments de house, de synth pop, d’industriel, de rock gothique, de noise et de métal, pour en faire une fusion synthwave très cohérente. Le disque est lourd, sombre et abrasif, mais aussi très mélodique. Des percussions simples et percutantes, noyées dans une ambiance gated des années 1980, font avancer les morceaux. Des motifs rythmiques de synthétiseurs pulsent au loin. Des ostinatos mélodiques qui résonnent arrivent et disparaissent. La basse palpite et groove. Les effets atmosphériques montent et descendent. Des glitches et des explosions sonores inattendues secouent et réalignent le climat sonore de temps à autre. Le chant post-punk profond et douloureux de Lollar tisse des mélodies arides.

Parfois, des cris féroces de black metal se font entendre. Sur « Bell, Book and Candle » et « November is Death », Bitchcraft s’invite dans des segments parlés angoissés. Les paroles, sur la façon dont la sorcellerie a affecté les femmes à travers l’histoire, sont traitées de façon troublante et sinistre par ces approches vocales variées mais complémentaires.

Hormis les voix, les instruments semblent presque tous être synthétiques. De temps en temps, les guitares font leur apparition, comme sur « Burning Thyme », qui clôt l’album et qui, pendant un moment, rappelle New Model Army jusqu’à ce que l’assaut du synthétiseur commence pour de bon.

Les tempos sont en grande partie dansants, et de nombreuses sections de la musique pourraient être mélangées sans problème au set d’un DJ house ou électro. À d’autres moments, cependant, nous pourrions écouter un groupe de post-hardcore avec des instruments électroniques, ou une sorte de collaboration entre The Sisters of Mercy et Justice. Le trope familier de la synthwave, constitué d’éléments de bandes originales de films des années 80, n’est jamais très loin de la surface ; certaines parties de synthétiseur fonctionneraient sans problème comme des accompagnements alternatifs de Blade Runner ou de n’importe quel autre classique. Toutes les couleurs sonores disparates sont mélangées de manière experte.

Rites of Love and Reverence a son propre son qui affiche ouvertement ses influences sans compromettre son aura de fraîcheur et d’originalité. Les arrangements sont souvent sombres et durs, mais il y a aussi une énergie jubilatoire et même un sens de l’amusement dans beaucoup de mélodies hymniques et d’effets sonores exagérés, presque de style dessin animé.

Bien quel’album ait une excellente production à bien des égards, le disque souffre beaucoup de la décision apparente (au niveau du mixage ou du mastering) d’écraser l’audio beaucoup trop lourdement à l’aide d’un limiteur dur. Le son a été écrasé au point que le disque, malheureusement, est une écoute beaucoup moins agréable et satisfaisante qu’il ne le mérite vraiment. Oui, les sons, l’enregistrement et les arrangements sont superbes, et la présentation atteint un équilibre agréable entre la chaleur de la vieille école et la précision moderne. Cependant, le traitement de type « loudness wars » rend le disque beaucoup moins excitant et beaucoup plus épuisant qu’il ne pourrait l’être si on lui donnait plus d’espace de respiration dynamique.

Rites of Love and Reverence déborde d’une menace inquiétante. Il évoque les bandes originales de films de science-fiction classiques et les bars gothiques des années 80, mais sonne également de manière contemporaine et originale. Il est indéniablement lourd au sens du métal, mais aussi incroyablement proche de la musique de danse de club. James Lollar est clairement un maître et un visionnaire. Si les murs entre des scènes musicales apparemment antithétiques s’estompent de plus en plus au fur et à mesure que de nouveaux sous-genres se croisent, alors GosT représente peut-être une accélération prémonitoire de ce processus. Ce disque est incontestablement fort et, parfois, magique, au-delà de son simple contenu lyrique. Il est à deux doigts d’offrir une expérience enchanteresse du début à la fin, mais il en est empêché par le traitement sonore étouffant mentionné plus haut. Néanmoins, ce nouvel opus ravira sans aucun doute les adeptes actuels de GosT et aidera ce projet de fusion de genres à attirer encore plus de nouveaux adeptes.

***1/2

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