Sleater-Kinney: « Path of Wellness »

Lorsque Sleater-Kinney s’est associé à St. Vincent pour créer leur album, The Center Won’t Hold, aux lignes épurées et très stylisées, des plumes se sont rapidement hérissées dans le monde du rock indépendant. Les fans de longue date ont exprimé leur déception quant à la nouvelle orientation du groupe, la batteuse de longue date Janet Weiss a quitté le groupe en réaction, et l’album s’est avéré nettement moins populaire que No Cities to Love en 2015 (selon les classements Billboard et les services de streaming). Mais les critiques ont eu un point de vue complètement différent sur le disque de 2019, reconnaissant les chansons bien conçues et vivement écrites trouvées au cœur du LP.

Path of Wellness, leur première sortie en duo en 26 ans de carrière (et la première sans Weiss depuis Call the Doctor en 1996), semble avoir été conçu pour permettre à tous les camps de se retrouver au milieu. Le dernier album de Sleater-Kinney est la version la plus amicale et bon enfant du groupe, mélangeant généreusement des claviers superposés et des rythmes entraînants (comme le montre le titre Tune-Yards-esque) avec des voix hymniques et des guitares croustillantes (que l’on retrouve surtout sur le toujours très construit « Favorite Neighbor »).

Après quelques écoutes, il devient clair que Path of Wellness fonctionne mieux lorsqu’on le considère comme l’inverse de son prédécesseur. The Center Won’t Hold présentait un ensemble de chansons fortes, entravées par une production amidonnée, tandis que les structures diverses, aventureuses et solides de ce nouvel album contribuent à mettre en valeur une collection de chansons qui auraient pu autrement sonner molles et discrètes.

En tant que premier album entièrement autoproduit de Sleater-Kinney, des titres musclés comme « High in the Grass » et « Method » auraient bénéficié de l’aide d’un tiers en studio pour resserrer leurs mélodies légèrement sinueuses. Mais, enregistré avec un certain nombre de musiciens de Portland (ainsi qu’avec la puissante batteuse de Freezing Cold, Angie Boylan), Path of Wellness est vraiment une question de savoir où le duo emmène ses chansons plutôt que de savoir où elles commencent : « Worry with You » est incroyablement funky, ce qui en fait la chanson la plus dansante de Sleater-Kinney à ce jour ; « Shadow Town » présente une excellente ligne de guitare pulsée qui va parfaitement de pair avec les couplets tranchants du duo ; et « Down the Line » est un véritable banger classic-rock, mêlant des circonvolutions façon Deep Purple à un refrain jubilatoire qui emprunte légèrement au tube « Dancing Days » de Led Zeppelin en 1973.

En combinant les muscles non contaminés de The Woods (2004) avec les sensibilités indie branchées de leurs premiers albums, Sleater-Kinney a finalement réussi à faire de Path of Wellness un album qui plaît à tout le monde.

***1/2

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