Penelope Trappes: « Penelope Three »

Penelope Trappes, chanteuse et créatrice de sons basée à Londres, crée des œuvres d’art sonores plus qu’elle n’écrit des chansons au sens classique du terme. L’ambiance n’est pas la totalité de ce qu’elle fait, mais c’est un élément essentiel de la musique qu’elle crée. Un bref résumé de son approche peut être entendu dans « Nervous », le premier morceau et premier single de son nouvel album, Penelope Three. L’arrangement est minimal mais chaque son est bien placé, et bien que sa production ait plus de points communs avec la musique électronique, le cœur de la chanson se trouve dans le même code postal rempli d’ombres que celui d’une artiste comme Hilary Woods, bâtisseuse d’univers sonores gothiques aux vues similaires. La voix feutrée de Trappes flotte sur tout comme un frisson d’automne dans l’air. Sa musique évoque l’idée que la musique est l’une des meilleures formes de rituel. Si nous définissons la magie comme une intention ciblée, alors les vibrations de la musique sont des incantations. L’intention réside ici dans les thèmes de la chanson, et dans le troisième chapitre de la trilogie musicale de Trappes, centré sur ses luttes, elle invoque l’ambiance des enfers.

Certains sortilèges sont plus simples que d’autres. « Forest » est obsédant et minimal, avec un rythme aussi présent qu’un battement de cœur mourant s’évanouissant dans le vide. « Fur & Feather » s’appuie sur quelques accords qu’elle laisse traîner, tandis que le chant bourdonnant ne dépareillerait pas sur une bande-son de David Lynch. Elle trouve un équilibre efficace entre chanson et surréalisme avec « Red Yellow », qui apporte une touche subtile et sensuelle de blues tout en restant fidèle à sa vision atmosphérique. Quant à « Halfway Point, il est tellement atmosphérique qu’il n’existe presque pas ; la réverbération brouille les pistes au point de ne plus savoir quel instrument joue. Il s’agit plus d’un son que d’une chanson, mais il y a toujours assez de chanson pour l’empêcher de passer au second plan. Elle se penche plus lourdement sur la mélodie de « Blood Moon », qui comporte plus de mouvement dans les sons avec lesquels elle colore la chanson où elle est engageante, voire accrocheuse, sans avoir à se conformer à un son grand public.

L’atmosphère lourde est ce que Trappes fait de mieux, mais quand elle s’engage à écrire une chanson pop plus conventionnelle, elle excelle. Un album obsédant qui met l’accent sur le domaine sonore autant que sur les structures réelles des chansons, Penelope Three est un voyage envoûtant dans le vide – un document d’émerveillement expérimental avec un côté obscur évocateur.

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