Paul Weller: « Fat Pop (Volume 1) »

Bien qu’il soit loin d’égaler les prolifiques Van Morrison ou Willie Nelson en termes de production, le pop rocker britannique Paul Weller a incontestablement le vent en poupe ces derniers temps. Sa seizième sortie en solo (sans compter les travaux antérieurs avec The Jam ou The Style Council) depuis 1992 arrive moins d’un an après On Sunset (2020), qui a atteint le sommet des charts dans son pays. Il s’agit de son cinquième album studio en six ans (il y a également eu un double album « live »), ce qui est remarquable, non seulement en raison de la quantité de musique mais aussi de la qualité fiable de son matériel.

L’album Fat Pop (Volume 1), au nom étrange et humoristique, n’aurait peut-être pas vu le jour aussi rapidement si l’auteur-compositeur-interprète ne s’était pas mis à la recherche d’un projet lorsque sa tournée 2020 a été annulée. Les enregistrements personnels ont été transmis aux membres du groupe par voie électronique. Ils ont ajouté des parties jusqu’à ce qu’ils se réunissent en personne l’été dernier pour produire les chansons, dont beaucoup en direct dans le studio. L’ensemble est censé être une compilation de « singles », comme le laisse entendre le titre (on ne sait pas encore s’il y aura un volume 2) et tous les morceaux, sauf trois, de la douzaine de morceaux durent moins de quatre minutes.

Il s’agit d’une offre diversifiée, la voix profonde et soul de Weller faisant la différence entre Bowie dans sa phase Thin White Duke sur le morceau titre funky et sinueux (vérifiez la clarinette savoureuse et décalée), le R&B jazzy sur le morceau « Testify » rehaussé de flûte et la power pop croustillante pas très éloignée de la période ultérieure de Jam sur « True ». Sur ce dernier, on retrouve le saxo et la voix de la jeune chanteuse de Liverpool, Lia Metcalfe.  La connexion avec Bowie est soulignée sur « Cobweb Connections », largement acoustique, qui sonne comme un extrait des sessions de Hunky Dory.

L’ouverture techno électronique rappelle les débuts de XTC, mais dès que les guitares montent en puissance, le rythme palpitant en fait un hit naturel pour les clubs, même si la sélection se termine brusquement. Weller renoue avec le groove de Style Council avec les cordes lourdes et l’ambiance rétro de « The Pleasure », une tranche de soul douce de style Philly International qui recèle des paroles encourageant à s’élever contre les atrocités sociales, comme « Get up and get involved/It’s now or never/It’s time to make that change/Get in this together/Lose your hypocrisy » (Levez-vous et engagez-vous / C’est maintenant ou jamais / Il est temps de changer les choses / Faites-le ensemble / Perdez votre hypocrisie. ). Weller se lance dans le pop rock sur le bondissant « Failed », une autre sélection qui cache un concept plus sombre : « What kind of person have I really been?/I never took it, I just follow a dream…I failed) » (Quel genre de personne ai-je vraiment été ? /Je ne l’ai jamais pris, j’ai juste suivi un rêve… J’ai échoué) derrière un refrain accrocheur et des accroches sympas.

La ballade finale « Still Glides the Stream » », avec ses cordes vives et pulsées, est un moment fort. Le morceau met en valeur la voix de Weller sur une partition mélodramatique qui palpite et scintille. C’est un final approprié pour une autre tranche de la vision éclectique de Paul Weller, une vision qu’il a développée tout au long de sa longue et remarquablement cohérente carrière de quarante-quatre ans. C’est un parcours incroyablement impressionnant qui ne montre aucun signe de ralentissement.

***1/2

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