Steve Von Till: « A Deep Voiceless Wilderness »

A Deep Voiceless Wilderness, le dernier album solo de Steve von Till, leader de Neurosis, est une œuvre néoclassique profondément éthérée et inquisitrice, faite d’ambiance et d’instrumentations variées. Il y a des cordes. Il y a des synthétiseurs, des pianos et des mellotrons, mais pas de guitares typiques de von Till.

Ce nouveau disque, qui fait suite à l’album No Wilderness Deep Enough (2020) de von Till, reprend les mêmes compositions sans la voix et les mots de von Till. Il permet à l’auditeur de découvrir la musique d’une manière nouvelle, plus méditative. Si la composition de ce disque est soigneusement écrite, les performances sont belles et brutes.

Les synthétiseurs établissent la palette du morceau d’ouverture, « Called From the Wind », qui est surmonté par des cordes, une basse et un piano. C’est un début dynamique et magnifique qui rappelle la musique de chambre. Suivie par des synthés pulsés et flottants dont les rythmes changent avec le morceau, « We’ll Always Have the Sea » est triomphante, gonflant comme les eaux de son homonyme.

La houle caractérise également le troisième morceau « The Emptiness Swallows Us All ». Elle se construit à mesure que les synthétiseurs graves établissent le rythme, tandis que les pianos et les cordes prennent le devant de la scène, changeant l’atmosphère du morceau. Il devient d’une beauté déchirante et douloureuse. Alors que les synthétiseurs analogiques évoquent une décennie antérieure, l’instrumentation néo-classique du piano et du violon rappelle un autre siècle. Une électronique floue vient perturber cette magnifique composition, mêlant le moderne au très ancien.

Un trope de la musique ambiant qui est évitée sur cet album est qu’aucune des pistes ne se croise. Ce sont des morceaux de musique autonomes qui se différencient les uns des autres tout en faisant appel à des thèmes similaires. « Shelter in Surrender » se concentre sur deux accords de piano tandis que des sons ambients brillants et statiques tourbillonnent autour d’eux.

Bien qu’il soit rafraîchissant qu’aucun des morceaux ne s’enchaînent, il n’y a pas beaucoup de développement dans chaque morceau sans les voix. C’est vaste mais moins dynamique que les morceaux avec voix. Chaque morceau reste à un rythme relativement constant et se termine assez rapidement pour les genres qu’il habite.

Enfin, « The Spiraling Away » clôt l’ensemble de façon agréable. Des cordes entrecroisées viennent remplir l’espace qui les sépare, tandis que des sons aigus bricolés apparaissent en arrière-plan. Il est à nouveau représentatif de la composition simple et de la vision de ce disque, avec des mélodies subtiles et des synthés graves pulsés en arrière-plan. Cela reste constant mais l’ajout constant de nouveaux instruments rend la piste émouvante et introspective. La simplicité et la beauté des sons invitent l’auditeur à respirer et à s’en imprégner.

***1/2

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