Anna Fox Rochinski: « Cherry »

Après des années de travail en solo avec son groupe Quilt, Anna Fox Rochinski a officiellement sorti son premier album, Cherry. Si certains éléments peuvent ressembler à ses précédentes collaborations, Cherry vit dans un monde qui lui est propre. L’album est rempli de lignes de synthétiseur des années 80, de lignes de basse groovy et de riffs de guitare pulsés, le tout accompagné d’un large éventail d’instruments différents qui se fondent dans la voix douce et soyeuse de Rochinski. Cherry perfectionne une ambiance psychédélique-funk tout en emprisonnant des couches de chagrin dans chaque mot – c’est vraiment un album de rupture moderne.

Née à Brookline, dans le Massachusetts, Rochinski a commencé son voyage musical à 13 ans, lorsque son père, compositeur de jazz et guitariste, lui a appris les bases de la guitare. À l’âge de 16 ans, elle montait des spectacles de style bricolage et se produisait souvent, ce qui lui a permis de faire partie du label The Whitehaus Family Record. C’est sous ce label qu’elle a rencontré les autres membres de son précédent projet, Quilt. Après avoir décidé que sa carrière musicale avait besoin d’une nouvelle direction, Rochinski s’est séparée de Quilt et a fait ses débuts en tant qu’artiste solo avec Cherry sous Don Giovanni Records.

Le titre de l’album commence par un drone ascendant qui se transforme rapidement en un synthétiseur de science-fiction des années 70. On dirait le début d’un épisode de Lost Planet Twilight Zone qui change de vitesse et devient rapidement une chanson des années 80 à la Blondie, avec un riff de guitare accrocheur et une voix soyeuse. Le clip qui l’accompagne est fantastique, avec Rochinski essayant quelques belles sélections de vêtements qui évoquent des sentiments nostalgiques des années 70/80 à travers les styles et les couleurs.

L’essence du chagrin d’amour qui est au centre de ce projet apparaît sur « Everybody’s Down ». La chanson est merveilleusement trompeuse, avec un rythme rapide et un bop amusant qui porte un ton presque sarcastique dans des paroles comme « Si j’avais su que ce serait des mensonges/ j’aurais fabriqué un son » (Had I known it’d be lies/ I would have made a sound ). Une épaisse ligne de basse pousse la chanson vers l’avant alors que des synthés parfaitement aléatoires et quelques riffs de guitare différents créent une sensation riche et chaotique mais dansante.

« No Better », une ballade, est complexe et simple à la fois. La chanson met en valeur le chant luxuriant de Rochinski qui, au début, n’est rejoint que par une ligne de basse amusante. Au fur et à mesure que la chanson progresse, différents instruments sont ajoutés, créant un paysage sonore spatial avec plusieurs sons différents prêts à accueillir chaque oreille. La chanson est simple vocalement, mais l’instrumentation est vaste et complexe, créant un dynamisme parfait pour les deux éléments. Rochinski tisse poétiquement la douleur du chagrin d’amour dans des lignes telles que « J’ai cru, et maintenant j’ai la nausée et je suis épuisé/ Mais ça ne fait pas de différence pour toi » (I believed, and now I’m nauseous and depleted/ But it doesn’t make a difference to you), cachant la douleur sous une voix douce et soyeuse.

« Going To See Them » commence comme un enregistrement vinyle déformé de cloches d’église au loin. Le morceau est un mélange vibrant de psych-pop et de funk, et la voix de Rochinski semble flotter librement tout au long de la chanson. Au cours du deuxième couplet, une fréquence aiguë perce à travers la chanson. Si, au début, on ne le remarque pas, après quelques secondes, les oreilles sont obligées de se reconcentrer pour des lignes suggestives comme « (Ils sont réveillés à l’arrière plan » (They’re awake in the background).

Cherry, le premier album solo d’Anna Fox Rochinski, est rempli de voix douces et soyeuses, de lignes de basse épaisses, de riffs de guitare percutants et de synthés célestes des années 70/80. Il s’agit d’une exploration psychédélique-funk de la peine d’amour, de la douleur et de ses conséquences, le tout dissimulé sous des grooves enjoués. C’est un album de rupture à la fois hypnotique et éblouissant, du début à la fin.

***1/2

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