Mattie Barbier: « Three Spaces »

Three Spaces de Mattie Barbier nous propose un rassemblage non conventionnel de sons dans un genre tout sauf académique. Il s’agit d’un seul morceau de 38 minutes qui offre des textures rugueuses et grondantes, des bourdonnements prolongés et un peu de statique sur les bords. Bien que Barbier affirme qu’il a été « réalisé à la maison avec un euphonium, un trombone, un orgue de roseaux et un jardin », Three Spaces va au-delà de la sortie typique d’un solo pandémique.

L’instrumentation n’a presque aucune importance et il aurait été difficile de la démêler sans les notes du livret. Au début, l’album semble offrir un long drone monolithique. Mais après plusieurs écoutes, des variations et des profondeurs apparaissent. Des notes claires sont submergées sous le premier plan tourmenté, et ce premier plan change de nature à un rythme glacial.

Au cours de ces multiples écoutes, on sera enclin à augmenter le volume à un niveau étonnamment élevé afin d’apprécier les détails. Compte tenu de la gamme dynamique étroite de l’album, cela n’a pas été sans rappeler le polissage d’un vieux meuble pour en découvrir les subtilités.

Si vous voulez passer un après-midi à creuser dans un seul album, Three Spaces est un candidat intéressant et excellemment adapté à la chose.

***1/2

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