Andy Stott: « Never The Right Time »

Never The Right Time (Modern Love, 16 avril) est la première sortie d’Andy Stott depuis Too Many Voices, paru en 2016. Dans les années qui ont suivi, le monde a connu des changements sismiques, mais l’approche innovante de Stott est toujours aussi pointue. Never The Right Time comprend une foule de chansons presque amoureuses. À mi-chemin de la romance, mais toujours ancrée dans les épines et le faux confort de la nostalgie, sa bouillie électronique préchauffée s’accommode bien de la brume de trois heures du matin. Andy Stott est un expert dans l’élaboration d’un cocktail de techno chaude et de pop mutante pétillante, mais Never The Right Time est un disque de renouveau, d’esprit ressuscité et du pouvoir primordial de la musique comme vecteur de changement.

Tous les morceaux s’enchaînent sans heurts et la toile électronique crée une rencontre musicale intime, dégageant une forte chaleur de club tout en continuant à avancer. L’aspect humain des chansons de l’album – plus doux, plus chaud – donne un sentiment de fragilité, d’ouverture et de vulnérabilité. Les chansons peuvent se briser à tout moment, et certaines d’entre elles le font. « Repetitive Strain », par exemple, avec ses palpitations rythmiques et ses stroboscopes mélodiques denses, s’interrompt sans prévenir, sa ligne de vie coupée.

Dans l’ensemble, l’album est empreint d’une chaleur indéfectible, et les batteries ont toujours un rythme énergique, malgré une mélancolie perceptible, qui recouvre le disque. Il est difficile de tourner la page sur un événement d’une telle ampleur sans replonger dans la tragédie, qui ne s’oublie pas ou ne s’efface pas facilement. La pandémie de coronavirus y est pour quelque chose, bien sûr, car Stott s’est retrouvé en état de pause. Cependant, la croissance se produisait même dans cet état de stase. Les changements de vie massifs et les turbulences générales de 2020 ont déclenché un nouvel objectif et une explosion de créativité musicale, et Stott s’en est servi comme d’une force positive, dirigeant son flux de pensées et reprenant un semblant de contrôle lorsque rien d’autre ne pouvait être contrôlé. Le virus était un événement extérieur qui a pris le manteau de dictateur, changeant des milliards de vies et infligeant des souffrances à des millions de personnes, directement ou indirectement.

Avec la voix chaude d’Alison Skidmore, le disque a pris une forme différente, devenant rapidement plus humain et empathique, même s’il a été conçu électroniquement. Le message émotionnel du disque est d’une férocité qui n’a rien à envier à un assaut monstrueux issu de la techno, mais qui habite un corps différent, avec un changement de ton et d’humeur. Il est plus lent, plus réfléchi et plus chaleureux – peut-être même plus reconnaissant de ce qu’il a traversé – tout en continuant à élever la musicalité de Stott. Les mélodies rayonnantes se mêlent à la voix d’Alison, mais certains morceaux sont plus mordants, comme « Answers », qui rembobine l’horloge et sert de bonnes tranches de viande de basse.

Les rythmes sont toujours épais, mais c’est la chaleur du disque qui transparaît littéralement. Contenant des angles novateurs et des coups émotionnels surprenants, Never The Right Time est sorti au bon moment, et il ne rate jamais un beat.

***1/2

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