Edie Brickell & New Bohemians: « Hunter and the Dog Star »

À la fin des années 1960 et au début des années 1970, le monde était enthousiasmé par une nouvelle mode musicale : les jam bands. Sorte de choc entre le chaos organisé du jazz et l’électricité du rock ‘n’ roll, la scène commence à prendre forme et à influencer les autres. Parmi ces influences, on trouve Edie Brickell & New Bohemians. Originaire de Dallas, ce groupe a capté le contrecoup du mouvement initial et y a ajouté sa propre touche texane.

Les années 1980 ont vu leur premier succès avec leur premier album double platine, Shooting Rubberbands at the Stairs, qui contient leur chanson la plus connue, « What I Am ». Depuis lors, Brickell et sa bande de troubadours n’ont sorti que trois autres albums jusqu’à Hunter and the Dog Star, qu’ils ont sorti en février. Présentant l’étendue des genres qui les ont définis au fil des ans, cet album et la polyvalence du groupe sont tout sauf impressionnants.

L’album s’ouvre sur un coup de poing au visage, en l’exemple un « Sleeve », qui commence par un rythme de batterie agressif, une basse et des guitares qui sonnent comme si Flea et Jerry Garcia s’étaient réunis pour faire un peu de jam. La voix légère et aiguë de Brickell danse ensuite sur l’instrumentation, qui évolue ensuite vers un refrain mélodique et émotionnel énumérant certaines des choses qui pourraient figurer sur ce qu’est leur capacité à « jammer » volontairement et à créer un morceau accrocheur et authentique.

« Don’t Get In The Bed Dirty » est venu accidentellement à Brickell lors d’une promenade. « Elle a commencé avec cette seule notion : ne pas se salir dans le lit. Cette idée s’est transformée en une chanson amusante sur le fait d’aimer la personne avec qui on est et d’avoir le respect de ne pas se salir dans le lit ».

De loin le morceau le plus populaire de l’album, la quatrième composition nous amène à « Stubborn Love ». Un clavier et une batterie humides dégagent un sentiment miteux menant parfaitement à la première ligne, « tard le soir au bowling, Motown et bière froide » (late at night at the bowling alley, Motown and cold beer). Brickell et compagnie continuent de raconter l’histoire simple mais humaine d’une histoire d’amour avec une préposée au bowling devenue mère, puis ex, puis cadavre. Cette chanson met en évidence l’alternative dans leur son.

Ils sautent à nouveau d’un genre à l’autre, le Texan natal cédant la place à une guitare acoustique et à l’histoire d’une « fille ensoleillée vivant à Abilene » (sunny girl living in Abilene) dans le contemplatif « Rough Beginnings ». La country cède la place au pop-punk dans la compositionsuivante, « Tripwire » où les « Ohs » et les « woahs » jouent sur un rythme de batterie claquant entre des paroles rapides et percutantes. Les auditeurs de musique alternative moderne comme The 1975 ou Young the Giant seraient très sensibles au plaisir que procure cette chanson.

« Horse’s Mouth » est le titre suivant à bénéficier du traitement Country et c’est la seule chanson explicite de tout le disque. Commentaire satirique sur les mensonges que l’on peut parfois cracher et déformer, Brickell affirme que « vous ne l’entendez pas de la bouche du cheval, vous l’entendez du cul d’un cheval » (you don’t hear it from the horse’s mouth, you’re hearing it from a horse’s ass).

La chanson-phare de l’album se trouve sur la plage numéro neuf, « Miracles », ralentie et rythmée. Les guitares guident la mélodie tandis qu’un simple battement de tambour donne une présence régulière et relaxante qui n’est qu’exacerbée par la voix de Brickell. Réfléchissant aux « miracles vus de ses propres yeux » (miracles seen with [her] own eyes,, le groupe n’aurait pas pu choisir une meilleure instrumentation et une meilleure cadence pour soutenir cette introspection.

« My Power » est la dernière démonstration de la capacité d’Edie Brickell & New Bohemians à créer une musique incroyable tout en étant capable de sauter sur des sons différents. Fort et percutant, un synthé vous accueille dans une batterie et des guitares de rock roulant. Le plaisir ne s’arrête pas à la dernière chanson de l’album, dans un certain sens, une grande partie du plaisir du projet a été laissée à cette chanson. Aussi vivante que responsabilisante, la musique soutient à nouveau le message de la chanson. Bien qu’elle ne soit peut-être pas la meilleure de l’album, elle mérite l’attention qui est accordée à lsa place en tant que dernière piste.

Écouter un album plusieurs fois peut être un défi. Les voix, les sons et les rythmes se mélangent, ce qui donne à l’auditeur l’impression qu’il n’a pas pu choisir une ou deux chansons qui l’ont marqué. Cet album n’était pas comme cela. Non seulement Edie Brickell & New Bohemians peuvent passer d’un genre à l’autre, mais ils le font sans effort, ce qui impressionne même les auditeurs les plus occasionnels. La country, l’alternatif, le pop, le punk et le rock sont tous représentés de manière incroyable et cohérente, ce qui en fait un album qui satisfera tous les fans de musique.

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