Lydia Luce: « Dark River »

Dès que l’on s’intéresse à la vie de Lycia Luce, on comprend qu’elle était prédestinée à faire de la musique. Cependant, on commence à se demander si ses élans musicaux seraient différents si elle n’avait pas été élevée dans un foyer musical strict, où sa mère attendait de sa fille qu’elle apprenne le violon, ce qu’elle a fait, avant de passer une maîtrise d’alto à la UCLA.

On peut se demander comment elle a échappé à une carrière de musicienne classique ou si, d’un autre point de vue, elle y est parvenue, car son dernier album, Dark River, résonne d’échos de textures classiques et de cordes lumineuses. Bien sûr, des éléments d’alt-rock, d’Americana, de folk, de jazz et de pop défient la désignation « classique », faisant de l’album quelque chose d’entièrement différent.

Dark River suit le premier album de Luce en 2018, un Azalea qui reflétait une aura folk/americana certaine, tandis que le nouvel opus est plus sombre et cathartique, plus puissamment aromatisé par des brocards alternatifs. Luce a traversé une relation débilitante entre les deux albums, suivie de voyages dans le nord-ouest du Pacifique, de randonnées au mont Saint Helen et de camping dans le Colorado. Alors qu’elle sondait sa solitude et sa tristesse, une purge émotionnelle s’est produite.

Composé de 11 titres, l’album s’ouvre sur « Occasionally », une belle chanson débordant de cordes douces et mélancoliques sur une pulsation rythmique sise quelque part entre Leon Russell et Chris Isaak – de la country sophistiquée. Le point culminant de ce morceau est la voix douce et expressive de Luce à la fois nostalgique et tendre. Parmi les points d’entrée, citons « Something To Say », qui rappelle vaguement Fleetwood Mac, mais qui est rehaussé par des saveurs de SoCal alt-country qui rappellent Poco. En même temps, la voix de l’artiste, semblable à celle de Joni Mitchell, envoûte les auditeurs avec des timbres doux et nuancés.

« Never Been Good » fait écho à la couleur entraînante et séduisante de Jackson Browne, produisant des couches de musique infectieuses, basses et captivantes alors que « Leave Me Empty » scintille et brille avec de délicieux arômes country-pop accentuant la voix luxuriante et séduisante de Luce. L’intro baroque de « All The Time » dissimule l’énergie séduisante qui s’ensuit. Ronde et rauque, sur ce morceau, la voix de Lydia prend des teintes émergentes enchanteresses.

Les deux derniers titres de l’album – « Stones » et « Just The Same » – véhiculent un commerce différent de celui des autres chansons. Tous deux sont magnifiques, mais semblent dépeindre des souvenirs plutôt que des sentiments, ou peut-être des souvenirs de sentiments qui n’existent plus. Dark River élève Lydia Luce du rang de bonne auteure-compositrice-interprète à celui de la crème de la crème.

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