For Those I Love: « For Those I Love »

En 2018, Paul Curran, l’ami le plus proche et ancien compagnon de groupe de David Balfe, est décédé. Peu après, Balfe s’est retiré dans son studio (le hangar de sa mère à Donaghmede, au nord de Dublin), et a enregistré près de 80 titres sous un nouvel alias solo, For Those I Love. Neuf de ces titres ont été intégrés à son étonnant premier album éponyme.

En proie à un chagrin incessant, l’écriture est devenue une catharsis vitale pour Balfe ; For Those I Love est un hommage à Curran, à l’amour et aux amitiés réparatrices, des réflexions sur la mort et le bouleversement qu’elle laisse dans son sillage, et des réflexions sur une enfance passée dans une partie de l’Irlande décimée par la récession.

Avec une manière de parler qui rappelle Mike Skinner, et un accent irlandais lourd, lephrasé de Balfe est puissante et tranchante. Sur « Top Scheme », il déborde de rage, condamnant l’État sur un rythme de mi-temps lourd, « le monde est foutu », crache-t-il. À l’inverse, un refrain de l’ouverture, « I Have A Love » apparaît dans différentes itérations tout au long du disque : « I have a love/ And it never fades ». De nombreuses autres proclamations d’amour suivent, dans les paroles de Balfe et dans les notes vocales et les messages WhatsApp qui parsèment l’album, archives émouvantes de sa relation avec Curran.

Musicalement, une grande partie de For Those I Love est une ode à la vie nocturne de type « every night we’d dance ’til five », la production rappelant les heures de grande écoute dans les raves, lorsque vous et vos amis atteignez l’euphorie pure. Les moments de tendresse sont soutenus par un simple riff de piano, des bribes de chants d’oiseaux ou une section de cordes, et les observations plus cinglantes de Balfe sont soutenues par des basses lugubres et des rythmes dubstep plus sombres.

Sur « You Live / No One Like You », David Balfe énumère les sons, les images et les expériences dans lesquels vit son meilleur ami : coupes de cheveux, Joy Division, matelas abandonnés, raves dans des entrepôts, dans son amour qui ne s’éteindra jamais. Le chagrin est un monstre capricieux, et, dans For Those I Love, Balfe capture la bête avec une clarté viscérale.

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