Nero Kane: « Tales of Faith and Lunacy »

Avec une proposition fascinante et convaincante, Tales of Faith and Lunacy est le dernier album du compositeur italien Nero Kane (de son vrai nom Marco Mezzadri). C’est un disque qui émerge et rayonne de l’obscurité, des ombres chargées de tentations et des paysages cinématographiques s’alignant autour d’un lyrisme psycho-folk sombre et de l’imagination. Il s’agit aussi ici d’une hantise crépusculaire qui nous est tout simplement captivante du début à la fin.

Le son de Nero Kane est une étreinte ténébreuse de blues, de psychisme et de rock sombre dans une toile nourrie par le « desert rock », bien qu’à travers les ballades sombres, la tapisserie se révèle beaucoup plus impliquée dans les styles et les saveurs de l’album. Tales of Faith and Lunacy est un voyage intemporel conçu dans une vision personnelle de la foi entre spiritualité et passion. L’énergie et la tension qui se dégagent de ces deux aspects donnent un drame qui s’imprègne à chaque seconde d’une sortie qui s’élève d’un paysage poussiéreux du Far West pour enlacer et explorer des visions mystiques et intimement coulées. En plus de cette puissante incitation à l’imagination, le disque met également en vedette la remarquable entreprise de la chanteuse/ musicienne Samantha Stella qui fournit également les paroles de trois de ses titres, le violon/les cordes de Nicola Manzan, et le guitariste/claviériste et producteur de l’album Matt Bordin (Thurston Moore, Michael Zerang, Jackie O’ Motherfucker, Delaney Davidson, Squadra Omega).

Tales of Faith and Lunacy est l’un de ces disques qui évoqueront des réactions et des sentiments individuels tout en suscitant des aventures tout aussi obsédantes dans l’imagination, mais qui ne manqueront pas d’attirer l’attention et de tout déclencher dès les premiers souffles de « Lord Won’t Come ». Une douce caresse des cordes de la guitare attire les oreilles, la répétition apportant une expiration mélancolique sur les sens avant que des soupirs d’origine psychique ne viennent chatoyer derrière les tons tout aussi convaincants de Kane. Ses mots descriptifs et son récit émergent sont tout aussi séduisants que la trame minimaliste mais riche de sons qui les entoure. Il y a une volatilité dans le ventre de la séduction, qui s’intensifie par la suite, une intrusion sonore qui se nourrit de chansons et de sens pour ajouter à la fascination et à la tentation.

Atmosphérique, évocateur et obsédant, c’est un puissant début de libération ; une aube saisissante de captivation qui se poursuit avec Mechthild. Ce titre inspiré de la mystique chrétienne du treizième siècle Mechthild Von Magdeburg, dont les écrits sont cités sur l’album, chante presque à l’oreille avec son chatoiement psychédélique et son ivresse mélodique. La voix de Stella enrichit sa puissance, ses sonorités sont autant une intrusion qu’une beauté sirénique dans un morceau qui ne cesse d’envoûter.

L’écho des saintes femmes se poursuit à travers Marie du silence et Madgalène, la première autre hypnotique dans ses leurres répétitifs et passionnante dans son entreprise tout aussi lancinante et peu délicate mais irrésistible. Une fois de plus, les mots sont aussi puissants que les voix de Kane et de Stella, une combinaison qui dévore doucement mais sombrement les passions tout aussi habilement chez son successeur. La terre sale et suggestive du désert enivre l’air tandis que les guitares en donnent la description, le chant portant l’insinuation et l’indication mystique comme une tache solaire drapée d’ombre.

Pour être honnête, l’expérience ne peut que révéler la force, le magnétisme et la profondeur des chansons de Tales of Faith and Lunacy, dont « Lost Was the Road » est un exemple typique. Nous ne pouvons que faire allusion à sa splendeur glaciale et à sa majesté caligineuse, mais nous pouvons nous faire l’écho de la captivation de son découragement nostalgique et de sa beauté doloureuse.

L’album a complété sa fascination avec le dernier couple de I Believe et Angelene’s Desert. Des touches sépia et des mélodies mélancoliques illuminent le rayonnement du premier, offrant une captivation inéluctable, tandis que le second attire toute l’attention sur le moment le plus sombre, le plus intense et le plus obsédant de l’album. Même dans sa ténébreuse noirceur, l’album a un certain éclat créatif et émotionnel qui attire l’imagination.

C’est une belle fin pour une sortie glorieuse, qui ne cesse de nous envoûter, comme tant d’autres déjà, à chaque écoute.

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