Celeste: « Not Your Muse »

La meilleure façon de résumer Not Your Muse, le premier album de la chanteuse-compositrice britannique Celeste, serait peut-être de dire « astucieusement doux ». Cela ne veut pas dire que le disque est essentiellement mélancolique ou déprimant, mais plutôt que sa voix tendre et murmurante et son regard lyrique poignant suscitent une foule de sentiments introspectifs et authentiques, ouvrant un coffre d’observations quotidiennes vraiment éclairées et rafraîchissantes, mais aussi désinvoltes. 

En ouvrant avec « Ideal Woma », Celeste fait une série d’affirmations sûres d’elle « J’aime penser que c’est parce que je suis trop belle » (I like to think it’s because I look too good), ce qui établit une confiance tenace et met en œuvre son comportement affable. Dans « Beloved », qui associe les attributs souvent entendus du R&B et un riche arrangement cinématographique de cordes, nous sommes entraînés dans un lent voyage brûlant à travers les désirs personnels et les folles idiosyncrasies de l’amour « J’ai entendu dire que la foudre ne frappe pas deux fois / Pourrais-tu être l’homme de mes rêves ? » (I heard lightning don’t strike twice / Could you be the man of my dreams ?). Celeste elle-même a déclaré que le morceau a été inspiré par les crooners des années 1950 et les sons étourdissants qui se reflètent dans le sentiment de somnolence qui suit le voyage en avion.

Le désormais familier  « Stop This Flame » est le morceau le plus vivant de l’album et met en évidence l’impressionnante palette vocale dont dispose Celeste en cas de besoin. « Tonight Tonight », un morceau acoustique et funk accrocheur, parle de l’anticipation et des nerfs délicieux que l’on ressent lorsqu’on attend qu’un amant rentre à la maison, « Chercher ton ombre dans la lumière sous la porte » (Looking for your shadow in the light beneath the door).

Sur « Love Is Back », la vocaliste canalise son Amy Winehouse intérieur, adoptant le lyrisme honnête qui a fait la réputation de ce qui précède : « Je commence à réaliser que tous les garçons que je trouve / sont tous des problèmes » (I’m startin’ to realise that all the boys that I find / are all trouble). Alors que les comparaisons avec Winehouse, Billie Holiday et Bessie Smith vont certainement être faites, Celeste fait montre d’assez de douceur et d’enchantement pour se démarquer. 

Ce qui est la propre marque de soul de Celeste la voit prendre avec art les parties les plus engageantes de la pop des hit-parades traditionnels et les mélanger avec une portion calculée de jazz traditionnel et de beat-poetry. Parfois, on a envie de varier davantage la composition, bien que cela puisse être dû aux mises en garde du premier album et au fait de ne pas prendre trop de risques au début de sa carrière. 

Ce qui est clair, c’est que Celeste a tous les atouts pour être unique : une artiste soul britannique, certes, mais avec un tranchant de rasoir et un theremin comme falsetto, capable de choses tout à fait remarquables.

***1/2

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