Django Django: « Glowng in the Dark »

Il semblerait que Glowing In The Dark, le quatrième album de Django Django, arrive à point nommé compte tenu de sa propension à l’évasion et de son goût pour l’aventure. Avec son rockabilly inspiré des années 60, fusionné à de l’électro-pop excentrique, le nouvel album de ce quatuorpourrait bien être le tonique dont nous avons tous besoin pour nous distraire de ce qui nous tire vers le bas. Le thème récurrent de l’évasion se retrouve à la fois dans le désespoir et l’espoir ; parfois en ruminant sur les connexions perdues, d’autres fois en aspirant à de nouveaux horizons, avec le désir de tout laisser derrière soi pour une nouvelle vie.

A travers ces 13 pistes, Django Django s’est forgé une merveilleuse odyssée, où les terrains et les paysages sonores se font sentir de façon tangible. C’est ce sens palpable du mouvement et de la dextérité qui donne à l’album un air intrépide, un air d’excitation mais aussi un air d’anxiété réfléchie. L’ouverture du disque, « Spirals », donne le ton de ce qui nous attend. Cette chanson commence par le son de synthés ondulants avant de se lancer dans une expédition de course d’impulsion à travers des électroniques en ébullition et du surf-rock endiablé. Il y a une urgence et un sentiment de poursuite alors que Vincent Neff (guitariste/chanteur) rumine sur le fait de « franchir la ligne qui nous divise », comme pour appeler à un sentiment d’unité dans un monde fracturé. Les blees de « Free From Gravity » créent un rebondissement minimal et une résistance maladroite qui transmet le message de vouloir s’élever et s’éloigner du chaos quotidien : « voir le monde s’énerver/alors que nous soulevons le sol/alors que nous montons l’échelle/alors que nous ne descendons jamais » (see the world getting madder/as we’re lifting up the ground/so we’re pulling up the ladder/because we’re never coming down). Le post punk dansant, en passant par les vibrations façon Primal Scream de « Kick The Devil Out », fait monter en flèche les tendances hédonistes du club que Django Django a dans son casier, mélangées à la catharsis de l’élimination de la toxicité de votre vie. Sur un ton nonchalant mais mordant, Neff déclare « montrez-lui la porte d’entrée/je vais mettre le diable dehors » (show him the front door/I’m going to kick the devil out”, as soulful female backing vocals swoon), alors que les chœurs féminins s’évanouissent.

Le penchant du quatuor pour le pétaradant culmine avec le morceau éponyme du disque, qui suit dans « Kick The Devil Out’s slipstream ». Glowing In The Dark est une boule de coups de poing dans le mur, avec des battements sourds, un rebondissement frénétique et une ligne d’accroche qui consiste à découper et à vous renvoyer la chanson et le titre de l’album. Le jeu de mots anxieux de Neff « I need a space to breathe » et « I lay awake at night/it’s gonna melt my mind », qui ajoute une jolie juxtaposition à l’hédonisme, offre un peu d’amertume à la douceur auditive exposée. Mais il n’y a pas que des synthés et des smashes de dancefloor surl’album ; « Waking Up », qui met en scène Charlotte Gainsbourg, vibre et tremble avec un attrait rootsy, tandis que le rock ‘n’ roll acoustique traînant alimente la soif de nouveaux départs du morceau. La voix feutrée de Gainsbourg évoque l’image d’une voiture roulant sur une route à peine éclairée, avec une ville lointaine qui disparaît à l’arrière-plan, comme le proclame la chanteuse invitée, « se réveillant du fait que nous ne reviendrons jamais, c’est la route ouverte » (waking up to the fact/that we’re never coming back/it’s the open road).

Avec un équilibre assez équilibré entre optimisme et mélancolie, l’esprit d’aventure de Glowing In The Dark n’est pas dépourvu de doses de tristesse et de recherche d’âme. Ne vous laissez pas tromper par l’atmosphère de carnaval saccadée de « Got Me Worried » ; regardez au-delà des percussions excentriques et de la guitare agile et vous trouverez un Neff appréhensif confessant « mon ego rétrécit/je coule/je suis par terre » (my ego’s shrinking/I’m sinking/I’m down on the floor) comme un homme qui a une crise de confiance. Toutes les cloches et les sifflets sont retirés de l’intimité touchante de « The World Will Turn ». Accompagné de somptueuses harmonies vocales, de délicates cordes acoustiques et d’une luxuriante couche de violon, le leader du groupe rumine une vie sans cette personne spéciale à ses côtés « même si ma vie est à moi/elle s’arrête quand tu n’es plus là » (even though my life is mine to live/it stops when you’re gone . Le morceau de clôture « Asking For More » plonge l’auditeur au milieu d’un champ de foire abandonné, où tous les bruits étourdissants sont atténués et où un sentiment d’insatisfaction remplace la barbe à papa et les attractions ; « éloignons-nous de toute cette folie/qui ne nous apporte que de la tristesse/est-ce que ça nous intéresse ? » (et’s get away/from all this madness/only bringing us sadness/do we even care?)ainsi que « nous nous sommes bien amusés et nous en redemandons encore » (we had the time of our lives and we’re still asking for more) ponctuent le récit de la chanson alors que les derniers instants de l’album se désintègrent, comme un carrousel qui s’arrête lentement.

Glowing In The Dark vous emmène dans un voyage étourdissant à travers des paysages sonores variés et ondulants, où l’évasion est la destination principale et où Django Django est le capitaine du navire ; il n’est pas interdit de réserver déjà son billet.

***1/2

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