Inanis Yoake: « In A Summer’s Silence »

Vous ne nous entendrez pas proclamer que tout était mieux avant. Bien sûr, c’est une pure absurdité, parce que nous aimons être d’accord avec le pessimiste qui dit qu’il y a toujours quelque chose qui ne va pas. En outre, c’est notre travail de vous guider, vous qui êtes un lecteur avisé de ce qui sort à travers toutes les nouvelles tendances qui se présentent ces jours-ci.

Le même pessimiste fera remarquer que lorsqu’il s’agit des tendances de la scène dark, il s’agit de regarder en arrière plutôt qu’en avant.

Bien sûr, nous avons un bagage musical dans lequel nous pouvons puiser, pour reprendre les termes du thérapeute à la mode : un sac à dos qui fonctionne comme une paire de lunettes avec laquelle nous regardons les choses.

Non, les choses n’étaient pas forcément meilleures autrefois, mais musicalement, elles étaient peut-être moins définies et donc plus simples.

Quiconque est dans le coin depuis un certain temps aura sans doute de nombreux souvenirs de soirées où toutes les branches latérales du grand arbre de la nouvelle vague étaient en vedette un soir.

Un rêve similaire est immédiatement venu à l’esprit en écoutant In A Summer’s Silence du duo de débutants Inanis Yoake. Simone Skelton (guitare/voix) et Risa Hara (piano, synthétiseurs et voix) ont fondé ce projet à Londres en l’an 2020. Comment se fait-il que ce duo, tout juste sorti de presse, nous mette dans une ambiance nostalgique dès les premières notes de leur premier album, me direz-vous ?

Eh bien, outre ces deux membres réguliers, Inanis Yoake collabore avec de nombreux noms établis. Tony Wakeford et son épouse Renée Rosen (Sol Invictus) et Lloyd James (Naevus) ne sont pas seulement les plus connus de la liste d’invités bien remplie, ils sont aussi très déterminants pour le son de cet album.

Il suffit d’écouter l’écho typique de la batterie darkwave de « Captors », où les riffs de guitare font de leur mieux pour dépasser les limites du genre. Les fans des tout premiers albums de Death In June feront un signe de tête approbateur lorsqu’ils entendront cette chanson. La voix familière de Lloyd James contribue également à ce sentiment de vieille école et Scarlet West, à qui nous confions le rôle de Rose McDowall, se sent comme un poisson dans l’eau sous cette forme.

Les riffs de guitare de « There Is No Hill », également avec James au chant, vous rappellent le ou les empereurs du genre néofolk. Est-ce une coïncidence si nous voyons ici James comme une nouvelle version de Douglas P ?

Et qui dit Death In June et Crisis, dit aussi dans un même souffle Tony Wakeford et son Sol Invictus, comme dit aussi présent sur cet album. Il n’est pas surprenant qu’ils aient choisi ce poids lourd du monde néo-folk, car nous pensons que le timbre de la voix de Skelton est comparable.

Wakeford marque de son empreinte le son d’Inanis Yoake avec sa voix, reconnaissable entre mille, ce qui nous fait penser aux albums de Sol Invictus d’un passé lointain. Eh bien, nous ne le regrettons pas, parce que ce sont des albums que l’on peut appeler des classiques du genre pour une raison. Mais les chansons où le duo doit le faire sans l’aide des étoiles prouvent qu’il a suffisamment de capacités propres pour pouvoir briller. Nous aimerions souligner la chanson « Hikari » dans laquelle les racines japonaises de la moitié féminine d’Inanis Yoake s’épanouissent, grâce aussi à la voix de Yuko Tsubame qui laisse souffler un vent oriental dans la chanson. Une variation assez unique dans le genre néofolk si vous nous demandez, et certainement une qui en veut plus.

Les néofolkistes qui, ces dernières années, ont dû se réfugier dans des fêtes de genre parce qu’ils étaient invariablement laissés à l’écart des fêtes habituelles, peuvent profiter pleinement de In A Summer’s Silence, tout comme les nostalgiques des soirées variées d’autrefois. Pourtant, Inanis Yoake ne sert pas que du vieux vin dans des sacs neufs, que cela soit clair. Le genre néofolk est parfois accusé de stagner, mais ce n’est pas le cas d’Inanis Yoake (même si cette critique peut suggérer le contraire).

Simone m’a fait savoir qu’à l’avenir, ils prévoient de poursuivre leurs expériences avec des chansons en langue japonaise. Nous pensons que vous devriez le faire, car cela ne fera que profiter à l’exclusivité de ce duo londonien multiculturel !

***1/2

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