Vargkvint: « Hav Reimagined »

S’inspirant des océans, des forêts et du folklore, Vargkvint est le projet musical de l’artiste Sofia Nystrand, basée à Stockholm. Après la sortie de son premier EP Brus en 2016, il a été repris pour une réédition l’année suivante, suivi de son premier LP, l’album concept Hav, publié sur des disques vinyles en édition limitée. Combinant des mélodies évocatrices et une approche ludique de l’arrangement et de l’utilisation des instruments, la musique de Vargkvint s’inscrit parfaitement dans les définitions de la musique folk, classique contemporaine, pop et expérimentale, et elle a effectué à plusieurs reprises des tournées internationales, se produisant sur des scènes telles que le Q3Ambientfest à Potsdam, en Allemagne. Aujourd’hui, nous avonsll’occasion de passer en revue Hav Reimagined, une collection de reprises mettant en vedette un ensemble de collaborateurs et publiée, en janvier, par piano and coffee records.

Hav Reimagined est un assortiment brillamment éclectique de morceaux issus du premier album de Vargkvint, Hav. Hav, « la mer » en suédois), est une très belle mise en scène d’un thème. Le projet original, dans toute sa fragilité et sa saveur pensive, est un voyage cohérent ; exploratoire, patient et entier dans sa présentation. Hav Reimagined développe son prédécesseur sans perdre ce caractère fondateur ; l’album est lent au mieux, du genre qui commande de faire une pause dans un monde plein de bavardages.

L’œuvre commence par une introduction intime : « Stormen Kommer I », (ette première offrande est peut-être plus un poème qu’une musique, un monologue vocal doux avec le Stormen Kommer original qui coule en dessous, les mots convaincants de Claire établissant parfaitement une nouvelle scène pour le reste. « Drivved » (réimaginé par Sun Rain) s’ouvre sur un drone inquiétant, l’électronique comme le balayage des fréquences et la recherche de la maison. La saveur dramatique de l’œuvre de Nystrand a été aggravée par un coup de pied bas réverbérant ; driving mais sans sacrifier la délicatesse originale de la pièce. Elle est émotionnelle et forte, s’épanouissant sauvagement, s’ouvrant sur une grande seconde moitié avant une fin subtile. « Fyr » (réimaginé par Bonander) se transforme en un paysage sonore cinématographique impressionnant, avec d’énormes voix planantes qui s’envolent sur des synthés brillants et des percussions retentissantes. « Dösjö » (réimaginé par Hoshiko Yamane) donne une tournure intéressante à l’ensemble, avec un accent sur les bois, des cordes qui bourdonnent de façon semi-dissonante, couche après couche, pulsation, tissage ; autant de fils dans une tapisserie.

« Till Havs » (réimaginé par Kinbrae) est presque inconfortablement intime du début à la fin, des synthés pulsés faisant sauter une introduction tandis que des textures panoramiques balayent d’une oreille à l’autre. De curieux effets vocaux et une chanson dulcet sont ensuite rejoints par des cuivres dans les deux dernières minutes, une tournure inattendue qui donne de la chaleur à l’atmosphère sinistre. C’est une juxtaposition fascinante de caractères – l’ensemble de cuivres a redonné des sonorités de synthétiseur moderne. Avec ses 10 minutes et 13 secondes, « Stormen Kommer II » (réimaginé par Klangriket et Sjors Mans) est le morceau le plus long de l’ensemble, un voyage curieux et mesuré qui s’étend de son ouverture atmosphérique à des textures de pépins, des moments vocaux sporadiques et plusieurs mini-chapitres avant de culminer dans une section de danse électronique martelée. « Håll M »ig (réimaginé par Tim Linghaus) apporte un soulagement par rapport à l’excitation du morceau précédent dans une ouverture douce de statique douce et de piano droit dans une tonalité abaissée. Le morceau se déroule lentement avant qu’un soupçon de guitare n’apparaisse à 01:33, pour s’épanouir pleinement à 01:48 dans une ambiance folk-rock indie. C’est une autre délicieuse surprise dans une collection variée de morceaux qui témoignent du parcours individuel de chaque artiste.

Une mention spéciale doit être faite pour « Drivved » (réimaginé par Vargkvint), qui est un morceau bonus exclusif à Bandcamp. Il est toujours fascinant d’entendre un artiste réinterpréter son propre travail, et cela ne fait pas exception : le morceau s’ouvre en scintillant, les instruments tintent autour de la voix affectée de Nystrand, le tout placé dans un nouveau climat spacieux. Dans l’ensemble, l’album est une exploration délicate et diversifiée d’une œuvre qui tire l’original vers de nouveaux territoires et élargit certaines idées spéciales dans des versions plus grandes. C’est un album avec lequel on peut s’asseoir, prendre le temps de réfléchir ; c’est une occasion bienvenue de séjourner un peu.

« La mer a joué un rôle si important pour nous, dans la formation et la croissance des sociétés, elle nous a reliés les uns aux autres et nous a donné la vie, et elle est à la base d’une grande partie de notre mythologie. Mais en même temps, elle a été une véritable misère : ses tempêtes, ses tsunamis et l’élévation du niveau de la mer ont été dévastateurs pour des vies individuelles, des sociétés entières et maintenant pour l’humanité tout entière. C’est dans ce conflit – sa beauté et sa menace, sa force vitale et sa force d’attraction – que ce concept-album a été créé ».

***1/2

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