Luke Concannon: « Ecstatic Bird In The Burning »

Nizlopi étant maintenant en pause indéfinie, le frontman Concannon, qui a déménagé dans le Vermont, revient à sa carrière solo avec Ecstatic Bird In The Burning, un deuxième album complet qui le voit évoluer entre les genres, en passant par le folk, le blues et le jazz, avec la collaboration de son épouse Stephanie Hollenberg et Hannah Meloy aux harmonies, du batteur Grant Smith et de Michael K. Harris à la contrebasse et aux percussions.

Annoncé par la contrebasse, il s’ouvre sur un groove swing qui mêle des rythmes bluesy et une prestation de style hip hop avec Darius Christian Jones qui lui donne quelques coups nébuleux sur « Absolument » jalonné de refraisen forme d’appel et de réponse, un numéro optimiste sur la transformation métaphorique en papillons travaillant dur, dansant dur et l’antienne, « making sweet love in France ». Par contraste musical, « Your Heart Is In My Ches » », sur lequel John Parker, collègue de Nizlopi, est invité à la contrebasse et Luke Flowers à la batterie, s’ouvre sur un folk-pop exubérant sans accompagnement, avec le chant principal et l’harmonie avant que les instruments ne se mettent en marche et que le morceau ne soit interprété, une chanson d’amour sans ambiguïté varie entre des vers graves au rythme soutenu et un refrain qui s’élève.

« Doing Nothing At All » sonne une fois de plus les changements avec un doigté estival folklorique et un texte d’introspection, de perte de confiance en soi et de distraction volontaire sur le fait de « ne pas vivre la vie pour laquelle je suis né parce que j’ai peur de mon don », qui fait ironiquement référence à la façon dont Ed Sheeran l’a cité comme influence et à la pression qui en découle inévitablement pour « prendre le risque d’être aussi audacieux que lui », même s’il conclut en se préparant à retourner sur le terrain pour suivre sa vocation.

Avec Ethan Setiawan à la mandoline, qui ouvre et ponctue d’un simple coup de doigt le rythme plus uptempo des passages vocaux, « Hummingbird » est une chanson simple qui parle de s’immerger dans la nature et de sortir pour « boire des pétunias », l’ambiance revient à des textures plus jazzy pour les rythmes percutants de « Feel You In My Arms » et ses paroles sur la vie brisée de quelqu’un qui vit dans la rue, sa santé mentale endommagée par une attaque vicieuse, son désir d’avoir une famille à tenir.

Une autre tangente musicale suit avec le bourdonnement de « It Won’t Wait » avant de passer à des éclats staccato de guitare acoustique et à des harmonies pleines d’entrain, Concannon se dispersant et rappant sur un état de la nation en commentant les communautés à la dérive où » »une obscurité descend… en chuchotant ‘wake or die’ ».  Le train de la pensée se poursuit dans la lente marche funèbre de « Coventry » avec ses lourds accords grattés, qui compare la société actuelle à Coventry brûlant au Blitz, des gens déchirés par un autre type de guerre avec un appel à vivre l’amour.

On trouve aussi « Denial » avec son appel à s’approprier les erreurs et les vérités du passé qui n’ont pas été exprimées par la peur, quand « nous nous sommes enfouis la tête dans le sable et avons sali ma ville natale avec des gratte-ciel de boue » (We buried our heads in the sand made a mess of my hometown with mud skyscrapers) comment « les blessés gisaient dans les décombres » quand ils sont tombés métaphoriquement alors qu’il chantait son souhait de vivre dans « une forêt verdoyante » loin de la « guerre de notre passé ».

Ecstatic Bird In The Burning s’achève, tout d’abord, avec la simplicité du troubadour folk des années 70, comme « Grown Wild » (pensez à Martyn, Chapman, Harper), la contrebasse ancrant à nouveau les procédures, une chanson qui adopte l’entretien d’un jardin comme métaphore de l’amour, de la famille, de la communauté et du renouveau. Enfin, Harris joue de la contrebasse et lance un appel à « Join The Liberation », à arrêter les tueries et à choisir la bonté et la dignité. Les paroles parlent des cœurs et des personnes brisées à Manchester, Bagdad, Londres et en Libye et, bien que cela soit devenu un cliché, rappellent que nous sommes tous une seule nation et que « I just wanna be your friend ».

Il y a du désespoir ici, mais en fin de compte, c’est un album qui reconnaît comment le jeu de l’obscurité et de la lumière nous rend entier, est imprégné d’espoir que d’autres suivront cette voie. On est peut-être loin de l’histoire d’un garçon et d’un JCB, mais Concannon veut encore dévorer tous les brutes, les enseignants et leurs animaux de compagnie.

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