Future Faces: « Euphoria »

Future Faces, groupeoriginaire de Genève, se situe quelque part fans le dilemme suivant : sonner comme Joy Division et ne pas sonner comme Joy Division. Bien sûr, les influences des Mancuniens sont indéniables (comme pour presque tous les groupes post-punk), mais il y a aussi , avec ce combo, des éléments industriels et ondulatoires évidents.

Les synthés rappellent parfois des groupes comme Depeche Mode ou Wolfsheim, tandis que les beats peuvent se retrouver en parenté avec Frontline Assembly ou les premiers Nine Inch Nails. Mais la meilleure et la plus récente comparaison est peut-être Bambara, dont le Serafina a été l’album de l’année pour beaucoup de gens dans les salles obscures. Le trio des rives du lac Léman intègre sans aucun doute des changements de tempo très intéressants, par exemple le deuxième morceau « Enter Life », un morceau joyeux et très addictif, est suivi par le lent mais tout aussi enchanteur « Billion Years » qui semble avoir un rythme qui traîne quelque chose derrière lui qui l’empêche toujours d’éclater. Néanmoins, même les chansons plus lentes d’Euphoria procurent toujours ce sentiment d’émerveillement, d’un disque qu’il faut écouter, de grandeur. Sans vouloir trop en faire l’éloge, cela pourrait devenir un de ces outsiders figurant parmi les collections de certaines personnes que personne ne connaît vraiment mais que tout le monde chérit dès qu’il le rencontre.

Le chant est composé de Paul Banks et d’Ian Curtis, mais il est assez particulier car le chanteur chante aussi à certains moments. Et, contrairement aux deux autres voix remarquables, il prend plus souvent du recul et laisse la musique prendre le dessus. Je ne dis pas que ces chanteurs ont toujours eu besoin d’être sous les feux de la rampe (Curtis détestait ça), mais ils font tellement partie de la mystique de leur groupe, que c’est/était une position difficile pour les deux. Si on les éloigne de leur groupe, le résultat est que les groupes sont moins de la moitié aussi bons – avec Future Faces qui est quelque peu différent : ici, la musique est le grand joueur et les chants sont le petit plus qui rend l’existence encore plus agréable.

Le disque est sorti sur Throatruiner et, à première vue, il ne convient pas à un label qui a sorti des trucs de Pyrrhon, Plebeian Grandstand et Birds in Row, mais quand on y pense : Future Faces nous présente ici le disque parfait pour un label qui a également fait appel à Fange, un expert du métal industriel. Throatruiner vient juste d’élargir sa liste – avec un groupe qui sort un disque enchanteur que l’on se devrait de faire tourner pendant longtemps comme signe de pierre de touche post-punk.

***1/2

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