Stefan Schmidt: « můra; arc/hive b-[classical guitar] »

Stefan Schmidt, guitariste, compositeur et artiste du son originaire de Baden Baden, en Allemagne, est un musicien aux multiples facettes. Bien que son instrument principal soit la guitare classique, qu’il a étudiée dans des écoles de musique en Allemagne et en Argentine, il a également joué de la guitare électrique dans des groupes punk et, plus récemment, il s’est élargi pour jouer d’autres instruments à cordes et travailler avec l’électronique, qu’il utilise souvent pour créer des paysages sonores en développement progressif, à la fois industriels et bruyants. Ce dernier est exposé sur můra, un ensemble de neuf pièces pour violoncelle et électronique. Tout au long de l’album, Schmidt applique différents types de traitements électroniques à son travail pour violoncelle. La pièce titre et la pièce d’ouverture, par exemple, utilise une synthèse granulaire pour transformer les cordes frottées en vagues de son abstrait tout en conservant une partie du son natif du violoncelle. Comme sur můra, l’instrument acoustique est reconnaissable sur les autres pistes, même si son son subit des métamorphoses. Sur zoufalství, un seul son d’archet fait surface et descend par rapport à une base de basse profonde ; sur hřbitor, le son de l’instrument est étiré et ralenti au point où l’on peut imaginer chaque cheveu de l’archet tirant sur la corde. Sur rubáš, le violoncelle prend un son motorisé, en tournant sur un trille lent.

Quelques mois avant de sortir můra, Schmidt a sorti arc/hive b [classical guitar], une collection de performances inédites pour guitare classique couvrant une période de quinze ans. Les quatorze morceaux démontrent avec compétence l’étendue de l’engagement de Schmidt envers l’instrument et son potentiel sonore. Le jeu va du conventionnel, comme dans le juuichigatsu, à un jeu largement conventionnel avec une application judicieuse de la technique étendue (gesrah), à un jeu presque entièrement non conventionnel (eraly dren et maqtred, ce dernier étant une pièce délicatement belle construite presque entièrement à partir d’harmoniques). Les pièces qui font appel à un traitement électronique de la guitare, que ce soit avec un synthétiseur granulaire, des boucles ou d’autres formes d’augmentation sonore, sont les plus importantes. Le dernier morceau, la muara, d’une durée de près de quinze minutes, est une performance très traitée qui met en avant le travail récent de Schmidt avec des sons tirés d’une palette d’ambiances sombres.

***1/2

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