Sleaford Mods: « Spare Ribs »

Spare Ribs est le sixième album studio des punks de Midlanders Jason Williamson et Andrew Fearn de Sleaford Mods. Deux ans après leur dernier disqueSpare Ribsnous propose un confetti de paroles pleines d’esprit au milieu d’une couverture électronique en pleine effervescence. 

Le prodige excentrique qu’est « The New Brick » se glisse avec force dans les quarante minutes qui suivent, suivi rapidement par le « single » « Shortcummings ». Sorti au début de l’année 2020, ce titre est un morceau de new-wave au style marmonné pour véhiculer une mauvaise humeur impérieuse mais avec une accroche mémorablequi vous fait réitérer à l’envi « il a short, short, short, short, short cummings ». Explorant la crise actuelle de perte d’emploi extrême due à la crise sanitaire et existentielle qu’est COVID-19, Williamson chante « c’est une telle honte que tous les emplois ici sont morts » (it’s such a shame that every job here is dead), suivi sciemment par « c’est une telle honte que chaque personne que je rencontre a besoin de se faire taper sur les doigts » (It’s such a shame, that every person I meet needs smacking in the ‘ed.).

Dans le basique « Nudge It »), les Mods s’associent à la chanteuse australienne Amy Taylor, et leur voix s’entremêlent comme le ferait un phrasé acide qui serait superposé à un autre – c’est du pur punk et ça marche très, très bien. 

Les Mods n’hésitent jamais à s’exprimer de façon controversée et, sur Spare Ribs, leur esprit fougueux est admirable. En faisant passer leurs opinions sur Brexit, un gouvernement jugé inutile et l’industrie de la musique par l’électronique grunge, Sleaford Mods est l’un des rares groupes à pouvoir le faire correctement. « Bonjour, je suis ici aujourd’hui pour parler de l’importance des salles indépendantes », dit Williamson en ouvrant le morceau « Elocution ». Et c’est un beau moment pour l’introduire, après avoir enregistré Spare Ribs dans le chaos ddu premier confinement ; ce cri pour sauver les salles de concert ne pourrait pas être plus urgent aujourd’hui

Spare Ribs met vraiment ainsi votre humour à l’épreuve, alors que lle combo balance des insultes sans ménagement et on peut promettre que vous n’avez jamais un jour écouté un album avec lequel vous aurez tout autant ri tout en hochant la tête avec enthousiasme par exemple sur ce « Je ne veux pas te parler, connard, ennuyeux, putain, connard » ( don’t want to talk to you, you cunt, you boring, fucking, cunt)s’esclaffe Williamson sur « Out There ». 

« Mork N Mindy », au son inquiétant, contient des mots de Billy Nomates, récemment découverts, qui vous emmènent dans un voyage tranquille de sons déformés. Sleaford Mods n’en ont rien à foutre, et nous adorons ça : Spare Ribs est, de ce fait, littéralement une liste de treize « Fuck Yous » adressés à un gouvernement incompétent et sans pitié. 

Cet album est , de ce point de vue, d’irréprochable dans la manière qu’ont Sleaford Mods à vouloir sauver l’année 2021 grâce à leur lyrisme endiablé et à leur production percutante. 

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